A l’occasion du 9e Forum mondial sur la Nicotine organisé du 16 au 18 juin à Varsovie, le spécialiste de santé publique britannique Clive Bates est revenu sur le rôle des produits alternatifs à la cigarette dans la réduction des risques et l’accès des fumeurs à des produits nicotiniques plus sûrs, le tabac chauffé, entre autres, pour ainsi mettre fin à la consommation de tabac classique et jouir d’un monde « sans fumée ».
Rappelant qu’il existe toute une science de la réduction des méfaits et risques tabagiques, l’expert a souligné l’importance de conjuguer le savoir aux efforts visant à élaborer une réglementation adaptée et des politiques publiques susceptibles d’appuyer le développement des produits alternatifs pour aider les gens à arrêter de fumer.
Il a expliqué, dans ce sens, que l’évolution technologique permet aujourd’hui aux fumeurs de consommer de la nicotine sans avoir à brûler du tabac, cause de la plupart des maladies inhérentes au tabagisme, citant à titre d’exemple les cigarettes électroniques ou encore les produits de tabac chauffé et les patchs de nicotine. « C’est la fumée qui provoque des dégâts », a-t-il assuré.
Dénonçant les politiques prohibantes imposées par plusieurs pays sur les produits alternatifs au tabac classique, il a noté que celles-ci ne faisaient que protéger le commerce du tabac et priver les fumeurs de toute possibilité de passer à des produits nicotiniques plus sûrs, ce qui augmente le risque de cancers, de maladies respiratoires et cardiaques. « En essayant de protéger les non-fumeurs, on finit, paradoxalement, par encourager le commerce de la cigarette en réglementant à outrance les alternatives », a-t-il précisé.
C’est dans ce sens que Clive Bates a souligné le rôle des États. Selon l’expert, les gouvernements doivent être au cœur de cette problématique car les produits alternatifs représentent une transition plus facile que l’abstinence pour les fumeurs, surtout que plusieurs rapports officiels reconnaissent, aujourd’hui, certains produits alternatifs comme outil de substitution à risque amoindri.
« Il ne faut pas forcer les fumeurs à abandonner en leur imposant des taxes élevées, des interdictions de fumer, des messages stigmatisants et de gros avertissements. La beauté de l’approche de réduction des risques est qu’on le fait avec le consentement du fumeur », a-t-il avancé, suggérant que les gouvernements pourraient, entre autres, prendre des mesures incitatives pour encourager les fumeurs à passer aux produits alternatifs en taxant ceux-ci moins que les cigarettes classiques.










