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Ferchichi : les six premiers mois de 2023 ont été synonymes de discours haineux et d’arrestations arbitraires


Le président d’honneur de l’Association tunisienne pour la défense des libertés individuelles (Adli), Wahid Ferchichi a considéré que la situation en Tunisie était critique. Il a expliqué qu’on continuait à subir les conséquences des discours haineux prononcés depuis plusieurs mois au sujet des migrants.

Invité le 26 juin 2023 à « Midi Show » de Elyes Gharbi sur Mosaïque Fm, Wahid Ferchichi a indiqué que certaines personnes ont été totalement oubliées alors qu’elles ont été arrêtées et placées en détention. Il a évoqué l’exemple de l’ancien ministre, Riadh Mouakhar. Il a, aussi, mentionné des arrestations liées à des publications sur les réseaux sociaux. Adli a élaboré un rapport reprenant et évoquant ce genre d\’éléments.

Wahid Ferchichi a considéré que les six premiers mois de 2023 ont été synonymes de discours haineux et d’arrestations arbitraires. Il a critiqué la tenue de manifestations appelant à l’expulsion et au rapatriement des migrants. Il a rappelé que le nombre de migrants subsahariens ne dépassait pas les 40.000. Contrairement à ce qu’avait évoqué le président de la République, Kaïs Saïed, il n’y a pas lieu de parler de colonisation et de grand remplacement.

« D’un autre côté, il y a les arrestations arbitraires. Je pense que, depuis les années soixante, il n’y a pas eu un tel nombre d’arrestations de politiciens. Le 11 février a eu lieu la première arrestation de Khayam Turki, puis Kamel Letaif et Abdelhamid Jlassi. Par la suite, il y a eu les arrestations de Jaouhar Ben MbarekChaima Issa, Ghazi Chaouachi et plusieurs autres personnalités… L’impact des arrestations est important », a-t-il dit.



Wahid Ferchichi a critiqué la décision d’interdiction du traitement médiatique des affaires de complot contre la sûreté de l’État. Il a expliqué qu’il s’agissait d’une manœuvre obligeant l’opinion publique à ne plus défendre les accusés et à les oublier. Il a, aussi, souligné le harcèlement des journalistes et les atteintes à la liberté de la presse. M. Ferchichi a rappelé que plus de 280 cas d’atteinte aux droits des journalistes ont été enregistrés entre 2022 et 2023.

« Les fils des citoyens passent une année en prison pour un joint. Nous devons aborder ce genre de question. Les citoyens paient le prix quotidiennement. Aurions-nous vu la libération des gamins de Nabeul de la chanson de Babar sans la mobilisation de l’opinion publique et la déclaration du président de la République à ce sujet ? », s’est-il interrogé.

Wahid Ferchichi a critiqué l’absence d’amendement de lois, telles que celle relative à la consommation de drogues ou les dispositions du Code pénal permettant d’emprisonner les homosexuels, promulgués depuis des dizaines d’années. Il a indiqué que le nombre de militants en Tunisie était faible et que certaines personnes pratiquaient l’autocensure. Pour ce qui est de l’opinion publique, il a considéré que la dégradation de la situation économique et sociale du pays empêchait les citoyens de songer à ce genre de chose.

Le président d’honneur de l’Adli a appelé le président de la République, Kaïs Saïed, à appliquer la constitution adoptée en 2022. Ce texte interdit la censure et le contrôle des médias. Il a considéré que le ministère public était dans l’obligation de tenir des points de presse et d’éclairer les Tunisiens au sujet des affaires de complot. M. Ferchichi a indiqué qu’il avait le droit d’analyser publiquement et dans les médias des affaires touchant à l’ordre public ou encore les textes de loi appliqués. Il a conclu qu’on ne pouvait pas interdire le traitement médiatique des affaires.

Wahid Ferchichi a indiqué que, pour le président, nous avons subi un lavage de cerveau et nous ne pensons pas librement. Il a considéré que le citoyen ne pouvait pas être autant responsable que ceux qui gouvernent le pays. Rappelant le refus du président d’autoriser des poursuites en justice contre les jeunes dans l’affaire de la chanson satirique, M. Ferchichi a souhaité voir la même réaction concernant Chaima Issa et les poursuites des membres des comités de défenses dans les affaires de complot.

 

S.G

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