Le président de la République, Kaïs Saïed, a appelé, lundi 24 juillet 2023, l\’Organisation des Nations Unies pour l\’Alimentation et l\’Agriculture (FAO) à mettre en place une réserve stratégique de céréales accessible en cas de besoin, afin de garantir les moyens de subsistance et d\’empêcher que la nourriture ne devienne une arme destructrice pour les êtres humains.
Lors de son discours à la séance d\’ouverture du Sommet des systèmes alimentaires à Rome, le chef de l\’État a souligné que selon les dernières statistiques de l\’organisation des Nations Unies, la production céréalière devrait atteindre un niveau sans précédent. Il s\’est interrogé sur les raisons de la propagation de la famine alors que les céréales sont disponibles.
Il a également ajouté que selon de nombreuses études, les quantités de céréales stockées dépassent largement celles qui sont mises en vente sur les marchés. Il a poursuivi en disant : « Les céréales sont-elles une nourriture ou une arme ? Il semble qu’elles se soient transformées en arme, et cette arme a particulièrement nui aux pays qui sont toujours qualifiés de pays en voie développement, même après plus de soixante-dix ou quatre-vingts ans d\’indépendance. ».
Il a également évoqué la possibilité de justifier cela par la guerre en Ukraine : « Je souhaite que les combats cessent maintenant, car ce pays figure parmi les producteurs mondiaux de céréales, se classant neuvième. Je voudrais savoir si les combats cessaient maintenant et que le passage maritime de la mer Noire était ouvert, la situation changerait- elle ? ».
Le président de la République a affirmé que le monde connaît de nombreux changements, tels que la pandémie de coronavirus qui l\’a secoué, les flux sans précédent de réfugiés et la sécheresse et l\’augmentation des températures.
Il a souligné que l\’humanité attend une nouvelle naissance, une naissance non pas mort-née ou déformée, mais une naissance qui embrasse la vie dans un monde où les parents partagent tout, même s\’ils viennent du nord ou du sud.
Kaïs Saïed a également abordé les changements climatiques et a souligné que la plupart des pays du monde sont confrontés à des fluctuations climatiques qui ont entraîné une crise sans précédent en matière d\’eau en raison du réchauffement climatique, pour lequel les peuples pauvres ne sont pas responsables.
Il a expliqué : « Des gaz toxiques sont émis et atteignent nos pays. Nous ne sommes pas à l\’origine de ces gaz, mais de nombreuses industries dans de nombreux pays en développement agissent comme si les peuples de ces pays appartenaient à une autre espèce que celle des êtres humains… Des maladies mortelles se sont répandues, polluant l\’eau et l\’air. ».
Le président de la République a critiqué la lenteur à prendre des mesures efficaces pour lutter contre ce phénomène, en disant : « Vous parlerez, au sein de l\’organisation, au sein des commissions spécialisées, des énergies alternatives et de la désalinisation de l\’eau, mais ici, lors de cette réunion, des incendies se déclarent partout, tout comme en Tunisie actuellement. »
Il a insisté sur le fait que le monde a grand besoin d\’une nouvelle pensée et de nouvelles perspectives en attente d\’une nouvelle ère.
S.H










