L’image d’une mère et de son enfant décédés dans une région désertique, avait fait le tour de la toile. Elle a révélé au grand jour ce que subissaient les migrants subsahariens au niveau des frontières tuniso-libyennes. La photo a provoqué des réactions de colère et de condamnation envers le traitement abusif des Subsahariens en Tunisie et les expulsions auxquelles ils ont été confrontés.
Plusieurs questions se sont posées autour du drame. Certains éclaircissements ont été apportés suite à la publication, à la date du 8 août 2023, par Brut Afrique du témoignage accablant du père de famille. Il a indiqué qu’il était en compagnie de sa femme et de sa fille. Il évoque comme principal motif l’inscription de sa fille dans une école.
« Nous avons été interceptés par les policiers tunisiens. Ils nous ont frappés et ils nous ont demandé de retourner d’où on vient. Donc nous avons fait demi-tour. Nous sommes allés au désert. C’est de là où nous avons passé toute la journée sous le soleil. La nuit tombée certains d’entre nous ont dit qu’il n’était pas évident de faire demi-tour. Vu que nous sommes déjà presque arrivés, c’est mieux d’essayer de pénétrer et de traverser la frontière », a-t-il dit.
Le père de famille a indiqué s’être retrouvé au niveau d’un autre poste frontalier où il a trouvé un autre groupe de Subsahariens. Il a indiqué que sa famille et lui ont été agressés, fouillés et qu’on leur avait confisqué leurs téléphones ainsi que leurs pièces d’identité. « Ils nous ont abandonnés là sous le soleil… Ils ont roulé pratiquement trente minutes et ils sont allés nous laisser au désert… Là, il y avait un vallon. Ils nous ont demandé d’y entrer, d’essayer de monter, et de l’autre côté, c’était déjà le territoire libyen… C’est ce qu’ils nous ont dit et une fois de ce côté-là, ils nous ont menacés avec les armes de partir », a-t-il poursuivi.
Le père de famille a expliqué qu’était à bout de force. Il ne pouvait plus continuer puisqu’il marchait depuis quatre jours sans nourriture et sans eau. Il s’est écroulé après trente minutes de marche dans le désert. Sa femme et sa fille sont restées à ses côtés. Ils se sont tous mis à pleurer. Sa femme lui a demandé de se lever et de continuer. Malheureusement, il n’en avait pas la force.
« Je sentais que c\’était fini pour moi. Dans ma tête, c’était la mort. Je demande à ma femme de partir, de me laisser, d’essayer de sauver au moins l’enfant, de rattraper l’autre groupe. Si elle pouvait les rejoindre, et si Dieu le veut, on se retrouvera en Libye », a-t-il poursuivi.
Le père de famille a indiqué que les images de sa femme et de sa fille le hantaient et qu’il n’arrivait plus à dormir. Il a expliqué avoir pensé au suicide. Il a déclaré qu’il n’avait plus goût à rien. Sa femme et sa fille étaient sa source de motivation. Il a indiqué avoir souhaité mourir dans le désert.
S.G










