Le président de la République, Kaïs Saïed a mis l’accent sur l’attachement des Tunisiens au savoir. La science et le savoir sont, selon lui, un vaccin contre l’ignorance. Il a félicité les lauréats, leurs familles et les cadres et employés du secteur de l’éducation et de l’enseignement de leurs réussites.
Dans un discours prononcé au palais de Carthage le 10 août 2023 à l’occasion de la Journée nationale du savoir, le président de la République a indiqué que la Tunisie faisait face à une guerre de libération et que le secteur de l’enseignement devrait y participer activement. Il a indiqué qu’on ne pouvait plus accepter le blocage des notes. Ceci est, selon lui, inacceptable. Il a considéré que les élèves ne devaient pas se transformer en otages et que les feuilles d’examen appartenaient aux établissements scolaires. Il a qualifié les demandes et revendications des enseignants de légitimes. Néanmoins, ils sont appelés à participer à la guerre de libération du pays.
Kaïs Saïed a, aussi, mis l’accent sur l’importance de cette célébration. Il a appelé ceux n’ayant pas réussi leurs examens à persister et à procéder à une autocritique afin d’étudier les raisons de l’échec. Il a expliqué que plusieurs scientifiques ont fait face à l’échec, mais n’ont pas baissé les bras.
Le président a affirmé que la véritable richesse de la Tunisie était son capital humain. Il est revenu sur la migration des compétences. La Tunisie doit, selon lui, ne pas s’opposer à la coopération avec les autres pays, mais mettre en place les moyens permettant à notre pays d’en bénéficier. Nos scientifiques et jeunes compétences, selon lui, ne peuvent être évalués. « Leur valeur ne peut être estimée en euros ou en dollars ».
« Qui prête à qui ? Est-ce que nous leur prêtons sans taux d’intérêt et sans service de la dette ou nous prêtent-ils de l’argent ? Néanmoins, la fierté ressentie par rapport à nos richesses nationales ne doit pas masquer les difficultés et problématiques auxquelles le secteur de l’enseignement fait face. Des problèmes au niveau de l’infrastructure, des programmes d’apprentissage, liés à l’abandon scolaire et autre… Le taux d’analphabétisme dans notre pays a atteint près de deux millions de personnes… Ceci est inacceptable et ne peut continuer à avoir lieu au sein d’un pays où les grands scientifiques ont obtenu leurs diplômes », a-t-il poursuivi.
Kaïs Saïed est revenu sur la création de plusieurs établissements scolaires et universitaires prestigieux et historiques en Tunisie, à savoir, l’École militaire du Bardo, la médersa Al Khaldounia, le lycée Sadiki et le Lycée Alaoui. Il a rappelé que, dans le passé, l’État consacrait les 2/3 de son budget à l’enseignement et que la vie politique a été exploitée afin de créer des disparités au sein de la société. M. Saïed a critiqué la suppression de plusieurs modules et chapitres et les programmes de réformes appliqués dans le passé. Il a qualifié les atteintes aux institutions scolaires publiques de crime odieux.
Le président a indiqué que les taux de réussite à l’occasion des concours nationaux et d’entrée aux lycées pilotes étaient à l’image du déséquilibre économique et social entre les régions. Il a appelé à garantir les conditions permettant à tout le monde de jouir du droit à l’éducation. Ceci a provoqué la création du Conseil supérieur de l’éducation. Une consultation nationale, selon lui, sera lancée le 15 septembre 2023. Elle sera suivie de la promulgation d’une loi relative à cette institution.
« L’ignorance n’est pas seulement l’incapacité de lire et d’écrire ou l’incapacité d’acquérir des compétences permettant de participer activement au sein de la société… L’apprentissage ne signifie pas apprendre par cœur ou lire et écrire, mais de comprendre ce qu’on nous apprend et d’y réfléchir. L’enseignement est une introduction au savoir… La question ne porte pas seulement sur les programmes. Elle est liée, en premier lieu, aux enseignants et aux professeurs… Un cours n’est pas défini par une décision ou le transfert d’une phrase… Les nations et les peuples ne peuvent pas évoluer par le transfert statique ou la dictée », a-t-il dit.
S.G










