Le président par intérim du mouvement islamiste Ennahdha, Mondher Ounissi, a appelé le président de la République, Kaïs Saïed, à faire marche arrière et rendre aux Tunisiens la « amana » qu’ils lui ont confiée en référence à la démocratie. « Dans les États démocratiques le changement vient par les urnes. Tout autre chose est un putsch », a-t-il affirmé dans une déclaration au journal 24/24.
Notant son respect à Kaïs Saïed en tant que président de la République, il a estimé que le 25-Juillet avait échoué. Il a avancé que cet échec était la raison des appels au dialogue. « Il a accaparé tous les pouvoirs, il a gouverné, il a échoué », a-t-il déclaré soulignant que qualifier le 25-Juillet de putsch est une simple description de la réalité. « Il a annihilé tous ceux qui ont été élus sauf sa personne. Qu’appelle-t-on cela ? Une révolution douce ? C’est un putsch et le Président le sait », a-t-il relevé.
Mondher Ouinissi a ajouté que Kaïs Saïed avait fait de l’établissement de son pouvoir une priorité négligeant ainsi l’État. Selon ses dires, cela a abouti à une destruction de la gouvernance institutionnelle pour basculer ensuite dans l’abus, en référence aux poursuites judiciaires contre les opposants politiques.
« Nos tendons la main pour le dialogue (…) pour l’intérêt de la Tunisie, mais nous ne négocierons pas sous le coup du putsch », a-t-il affirmé notant que le dialogue a ses règles et devrait se faire sous certaines conditions notamment le respect. Il a précisé, dans ce sens, que le dialogue ne pourrait se faire alors que des dirigeants d’Ennahdha sont en prison et que ses locaux sont fermés.
N.J










