Le détenu politique Jaouhar Ben Mbarek poursuit sa grève de la faim pour la deuxième semaine consécutive. Son état de santé s’est dégradé, d’après un bref communiqué publié sur Facebook mardi 11 novembre 2025 et partagé par la soeur du détenu, Dalila Ben Mbarek Msaddek.
Selon les informations communiquées par le comité de défense, Jaouhar Ben Mbarek a subi deux crises rénales le lundi 10 novembre 2025, avant de présenter à nouveau les mêmes symptômes lors d’une rencontre avec ses avocats. Suite à quoi, il a été transporté au bureau de visite par deux codétenus, en raison de sa grande faiblesse physique.
Toujours d’après la même source, le prisonnier politique « ne consomme qu’un seul verre d’eau par jour depuis vendredi dernier, réaffirmant sa détermination à poursuivre sa grève de la faim tant qu’il n’aura pas obtenu ce qu’il considère comme son droit fondamental dont une justice instrumentalisée. »
Une grève de la faim devenue symbole de résistance
Par ailleurs, le comité de défense a indiqué que le nombre de prisonniers politiques ayant rejoint le mouvement de la grève de la faim s’était accru. L’avocat et détenu politique Ridha Belhaj a, lui aussi, entamé une grève de la faim depuis le samedi 8 novembre 2025, en solidarité avec Jaouhar Ben Mbarek.
Le comité de défense a réitéré son engagement à mettre fin à ce qu’il a qualifié de « mascarade judiciaire » et à défendre les détenus, notammentleurs droits élémentaires : assister à leurs audiences et répondre aux accusations portées à leur encontre, entre autres.
Il a également affirmé qu’il tenait la direction de la prison et le personnel médical pour responsables de tout manquement dans la prise en charge de Jaouhar Ben Mbarek, pointant du doigt un « laxisme » dans le transfert à l’hôpital pour des examens urgents.
Le comité de défense a, enfin, a appelé les organisations nationales et les défenseurs des droits humains à élever la voix contre ce qu’il a qualifié de « dérive judiciaire ».
Tensions entre défense et autorités pénitentiaires
Plus tôt dans la journée de mardi, le Comité général des prisons et de la rééducation a publié un communiqué en réaction à ce qu’il a qualifié d’informations erronées et mensongères diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias au sujet de l’état de santé des détenus politiques.
L’autorité pénitentiaire « nie catégoriquement » ces allégations, assurant que la santé de tous les détenus, y compris ceux qui auraient entamé une grève de la faim, est suivie en permanence conformément aux protocoles médicaux en vigueur, lit-on dans le communiqué.
Selon la même source, « les constats effectués et les témoignages documentés, qu’ils proviennent du personnel encadrant ou des médecins de l’hôpital public, ont démontré la fausseté de ces allégations, notamment face au refus (des détenus) de se soumettre aux examens médicaux destinés à mesurer leurs signes vitaux et à la preuve que certains d’entre eux consommaient des aliments et des boissons ».
Face au silence de l’État, la société civile s’inquiète
Le lundi 10 novembre, l’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek, sœur du prisonnier politique Jaouhar Ben Mbarek, une vidéo sur sa page Facebook pour alerter l’opinion publique sur la situation critique de son frère, incarcéré à la prison civile de Belli et en grève de la faim depuis plusieurs jours.
Dans son témoignage, elle a raconté les difficultés rencontrées lors de sa tentative de visite et a expliqué qu’on lui avait indiqué que le médecin de la prison se trouvait auprès de son frère et qu’elle pourrait lui parler à sa sortie, ce qui n’a finalement pas eu lieu.
Elle a ajouté qu’on lui avait indiqué que son frère avait tout de même pris une gorgée d’eau, comme il l’avait promis à son père.
Quelques jours plus tôt, le vendredi 7 novembre, une délégation de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) avait rendu visite à Jaouhar Ben Mbarek, accompagnée d’un médecin, dans le cadre du protocole d’accord signé entre la Ligue et le ministère de la Justice.
Le rapport de cette visite était préoccupant : le militant, en grève de la faim depuis neuf jours, présentait des signes clairs d’affaiblissement et de dégradation physique. Le médecin a noté une perte de poids importante, une faiblesse générale et un risque accru de complications graves.
N.J











Commentaire
Citoyen_H
C’EST SON CHOIX !
Inutile d’essayer de faire culpabiliser les citoyens tunisiens.