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Mandat de dépôt contre Chawki Tabib et gel de ses avoirs

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Par Raouf Ben Hédi

    Un mandat de dépôt a été émis, mardi 14 avril 2026, à l’encontre de l’ancien bâtonnier et ex-président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib, dans le cadre d’un dossier instruit par le pôle judiciaire économique et financier.

    Selon une source judiciaire citée par l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), cette décision s’accompagne également de mesures de gel des biens et des avoirs financiers appartenant à l’intéressé.

    Des accusations liées à la gestion de l’Inlucc

    Toujours selon la même source, le ministère public près du pôle judiciaire économique et financier a ordonné l’ouverture d’une information judiciaire visant Chawki Tabib pour plusieurs chefs d’accusation.

    Il s’agit notamment, d’après la version officielle, de soupçons d’abus de fonction par un agent assimilé à un fonctionnaire public, ayant entraîné un préjudice matériel à une institution dans laquelle l’État détient une participation, ainsi que de gestion illégale de fonds publics, de détournement et de blanchiment d’argent, en lien avec les facilités conférées par ses fonctions.

    La source judiciaire indique que ces poursuites s’appuient sur des travaux de contrôle réalisés par la Cour des comptes, lesquels auraient relevé plusieurs irrégularités présumées dans la gestion de l’instance.

    Des irrégularités financières présumées

    Parmi les faits évoqués figurent, selon la même source, l’octroi d’avantages en nature sans base légale, ainsi que l’attribution de primes à des agents de l’instance en l’absence de cadre réglementaire, notamment sous forme d’heures supplémentaires forfaitaires non conformes aux règles en vigueur.

    Des prestations auraient également été accordées à des fournisseurs sans fondement légal, avec des charges imputées à l’instance sans justification, ainsi que le versement de rémunérations dépassant les montants contractuels pour certains agents.

    La source judiciaire évoque en outre le paiement de missions à l’étranger au profit de personnes n’appartenant pas à l’instance, en dehors de tout cadre légal.

    Elle fait également état de soupçons concernant l’exercice de fonctions d’ordonnateur par Chawki Tabib après la fin de son mandat, ainsi que du paiement de pénalités de retard et de montants fiscaux excédant les sommes dues, ce qui aurait engendré un préjudice financier pour le budget de l’instance.

    Une multiplication des procédures dénoncée

    Avant cette nouvelle décision, Chawki Tabib avait indiqué avoir été convoqué pour comparaître le 14 avril dans le cadre de ce qu’il présentait comme un cinquième dossier engagé à son encontre depuis son départ de l’Inlucc en août 2020.

    Dans une déclaration médiatique, il évoquait « des dizaines de plaintes » déposées contre lui ces dernières années, estimant que leur accumulation s’inscrivait dans un « contexte global » dépassant, selon lui, le seul cadre judiciaire.

    L’ancien bâtonnier développe cette lecture dans un ouvrage à paraître, Dans les nids de guêpes, où il évoque un « assassinat moral » reposant notamment sur la multiplication des procédures et leur médiatisation.

    Une affaire inscrite dans une série de poursuites

    Chawki Tabib avait déjà comparu, le 6 avril 2026, devant la première chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis 1, dans une affaire de falsification liée à son passage à la tête de l’Inlucc.

    À l’issue de cette audience, il avait affirmé que les faits qui lui sont reprochés ne concernaient pas directement ses actes personnels, mais relevaient, selon lui, de son engagement dans la lutte contre la corruption.

    Selon le comité de défense présidé par Béchir Essid, cette audience avait été suivie par de nombreux avocats et acteurs de la société civile, venus exprimer leur soutien et rappeler l’importance du respect des principes de l’État de droit et de l’indépendance de la justice.

    R.B.H

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    2 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      14 avril 2026 | 22h11

      À QUAND LE PROCÈS DE SBS ?

      Il est curieux que celle-ci ne soit pas encore passée à la caisse.
      Je me souviens comme si c’était hier, de son attitude arrogante, de ses menaces envers tous les sécuritaires de la période ZABA, les insultant et les traitants de tous les noms.
      Il faudrait qu’elle nous rende compte sur les milliers de milliards de dinars, qu’elle accorda à ses complices de la troika ainsi qu’à tous potes, et put être même, à ses proches aussi !
      Il faudrait aussi qu’elle justifie son train de vie de nabab durant la décade noire.
      Mais où est-elle donc passée ?
      Serait-elle protégée par une mystérieuse immunité dont on ignore l’origine ??
      Cela ne fait pas honneur à la Tunisie !

    2. le financier

      Répondre
      14 avril 2026 | 12h28

      un des rares qui combattait vraiment la corruption

    Répondre

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