La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis 1 a rendu, mardi 14 avril 2026, une série de jugements visant douze accusés, parmi lesquels le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, ainsi que plusieurs cadres d’Ennahdha et autres activistes proches du mouvement.
Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, les prévenus étaient poursuivis notamment pour « complot en vue d’attenter à la forme de l’État et d’inciter les habitants à s’attaquer les uns les autres » ainsi que pour « complot contre la sûreté intérieure de l’État ».
Des peines lourdes pour les principaux accusés
Trois accusés en état de détention ont été condamnés à vingt ans de prison. Il s’agit de Rached Ghannouchi, ainsi que des dirigeants du mouvement Youssef Nouri et Ahmed Mechergui. Ils ont été reconnus coupables de complot visant à porter atteinte à la structure de l’État et à provoquer des affrontements entre citoyens.
Dans le même cadre, la juridiction a prononcé des peines de vingt ans de prison avec exécution immédiate à l’encontre de cinq accusés en fuite. Il s’agit de l’ancien responsable de l’action étudiante Mohamed Cheniba, l’ancien ministre Rafik Abdessalem Bouchlaka, l’ancien député Maher Zid, le blogueur Mohamed Samti et le journaliste Mokdad Mejri, poursuivis pour les mêmes chefs d’accusation.
Il est à noter que certains des condamnés n’étaient même pas présents lors de ladite réunion, à l’instar de Maher Zid (en fuite à l’étranger depuis juillet 2021), ainsi que de Rafik Abdessalem et Mokdad Mejri, qui se trouvaient également à l’étranger.
Des peines de trois ans pour d’autres cadres
Quatre autres dirigeants d’Ennahdha, jugés en liberté, ont écopé de peines de trois ans de prison pour « complot contre la sûreté intérieure de l’État ». Il s’agit de Belgacem Hassan, Mohamed Goumani, Abdallah Sghiri et Mouaffak Bellah Kaabi.
Une affaire liée à une “moussamara” de 2023
Les faits remontent à des déclarations attribuées à Rached Ghannouchi lors d’une “moussamara” (soirée ramadanesque) organisée en 2023 par le Front de salut national. Ces propos sont au cœur des poursuites engagées dans cette affaire, désormais connue sous l’appellation médiatique “El-Moussamara” ou cercle de discussion.
S.H











