Le ton monte autour du dossier du bâtonnier Chawki Tabib. Dans un communiqué publié mardi 21 avril 2026, l’Ordre national des avocats de Tunisie a dénoncé de graves atteintes au droit de la défense, après des incidents survenus lors d’une séance d’instruction au pôle judiciaire économique et financier.
Selon le texte, des dizaines d’avocats constitués dans l’équipe de défense se sont présentés devant le cabinet d’instruction n°25, où Chawki Tabib a été extrait de sa prison pour être entendu. Mais la séance ne s’est pas déroulée comme prévu.
Selon plusieurs avocats présents sur les lieux, 47 avocats se sont déplacés pour assurer la défense du mis en cause, mais le juge n’en a autorisé que six à accéder à la salle d’audition. Une décision qualifiée de « violation flagrante de la loi » et d’atteinte directe au droit de la défense. Malgré une attente de près de deux heures, le magistrat a maintenu sa position, poussant la défense à refuser de participer à l’audition.
Un mandat de dépôt contesté
L’Ordre des avocats rappelle par ailleurs que le juge d’instruction avait déjà émis, le 14 avril 2026, un mandat de dépôt à l’encontre de Chawki Tabib, avant même son interrogatoire dans cette affaire.
Un élément jugé d’autant plus problématique que le dossier avait été transmis au parquet dès le 30 octobre 2023, sans qu’une enquête ne soit ouverte avant le 17 février 2026. Pour la défense, cette chronologie contredit tout argument d’urgence ou de gravité justifiant une telle mesure privative de liberté.
Atteinte au principe du contradictoire
Au-delà de l’accès à la salle d’audition, les avocats pointent une remise en cause du principe du contradictoire, pilier fondamental de la procédure pénale.
Tout en saluant la mobilisation massive des avocats venus assurer la défense, le bâtonnier Boubaker Belthabet a réaffirmé le rejet de toute tentative de restriction des droits de la défense « par des décisions unilatérales contraires à la loi et à l’indépendance de la profession ».
Dans ce contexte, le collectif de défense a officiellement annoncé son refus de participer à la séance d’instruction.
M.B.Z










