« La Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme, ce haut lieu du combat pour les droits et les libertés, ne pliera pas face au harcèlement sécuritaire et judiciaire », a écrit vendredi 24 avril 2026 son président, Bassem Trifi, dans une publication sur les réseaux sociaux.
Il a rappelé que la Ligue tunisienne des droits de l’homme, « doyenne des organisations de défense des droits humains dans le monde arabe et en Afrique », mène depuis plus de cinquante ans un combat constant en faveur des libertés, affirmant que ses membres « poursuivront leur engagement malgré les pressions ».

Dans un communiqué officiel, l’organisation a confirmé avoir été informée d’une décision de suspension de ses activités pour une durée d’un mois. Dans un communiqué, la Ligue indique avoir appris la nouvelle dans la soirée du 24 avril, tout en soulignant qu’elle attend encore une confirmation officielle de la mesure.
Dans sa réaction, la LTDH qualifie cette décision, si elle venait à être confirmée, d’« arbitraire et dangereuse », estimant qu’elle constitue une atteinte directe à la liberté d’association et aux acquis démocratiques.
L’organisation considère également que cette mesure s’inscrit dans un « contexte de pressions croissantes sur la société civile », évoquant une volonté de restreindre l’espace des organisations indépendantes et critiques.
La Ligue rappelle par ailleurs que cette décision intervient après d’autres tensions récentes, notamment la suspension de la mise en œuvre d’une convention liée aux visites de prisons, qu’elle considère comme une entrave à son rôle de surveillance et de dénonciation des violations.
Sur le plan juridique, la Ligue tunisienne des droits de l’homme estime que cette mesure contrevient au Décret-loi 88 ainsi qu’aux engagements internationaux de la Tunisie en matière de libertés fondamentales. Elle annonce son intention de contester toute décision officielle devant les instances compétentes.
Fondée en 1976, la LTDH est l’une des plus anciennes organisations de défense des droits humains dans la région. Cette nouvelle affaire intervient dans un climat marqué par des tensions récurrentes entre les autorités et plusieurs composantes de la société civile, autour des libertés d’organisation et d’expression.

S.H










