Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vivement réagi, vendredi 24 avril 2026, au placement en garde à vue du journaliste Zied El-Heni, dénonçant une nouvelle dérive portant atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de la presse.
Selon le communiqué du syndicat, le journaliste a été entendu dans la matinée par la cinquième brigade centrale de lutte contre les crimes liés aux technologies de l’information et de la communication, relevant de la Garde nationale à l’Aouina, avant d’être placé en garde à vue. Le SNJT a précisé que l’audition s’est déroulée en présence d’un avocat mandaté par ses soins.
D’après la même source, Zied El-Heni est poursuivi en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications, sous le chef d’accusation d’« atteinte à autrui via les réseaux publics de communication ». Les poursuites feraient suite à une publication diffusée sur son compte personnel Facebook, dans laquelle il évoquait l’affaire du journaliste Khlifa Guesmi, récemment tranchée en appel par un non-lieu.
Le SNJT a fustigé une « politique de musellement » visant les journalistes, notamment dans l’espace numérique, et a dénoncé une approche à géométrie variable de la part du ministère public.
Le syndicat a appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de Zied El-Heni, tout en exhortant les autorités à privilégier l’application du décret-loi 115 relatif à la liberté de la presse, plutôt que le recours à des textes jugés répressifs, tels que le décret-loi 54 ou le Code des télécommunications.
Il a également appelé ses adhérents ainsi que l’ensemble des défenseurs de la liberté d’expression à se mobiliser face à ce qu’il a qualifié de tentatives d’intimidation, et a annoncé un rassemblement de soutien, dont la date sera communiquée ultérieurement.
N.J










