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Suspension de la LTDH : le SNJT dénonce une « grave escalade » contre les libertés

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Par Nadya Jennene

    La Syndicat national des journalistes tunisiens a vivement réagi, samedi 25 avril 2026, à la décision de suspendre pour un mois les activités de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), dénonçant une « dérive dangereuse » et un nouveau coup porté aux droits et libertés en Tunisie.

    Dans un communiqué, le syndicat a exprimé sa « solidarité absolue et inconditionnelle » avec la LTDH, estimant que cette mesure constitue un précédent inquiétant et s’inscrit dans une dynamique de restriction croissante de l’espace civique. 

    La LTDH a été notifiée, vendredi 24 avril 2026, d’une décision de suspension de ses activités pour une durée d’un mois. Un huissier notaire s’est déplacé au siège de l’organisation afin de lui remettre officiellement cet avis. À ce stade, les raisons précises de cette décision n’ont pas été rendues publiques.

    Cette suspension intervient dans un contexte marqué par une série d’actions visant, ces derniers mois, plusieurs associations, organisations et médias indépendants, traduisant une volonté accrue de mise au pas de l’activité civile, associative et journalistique par le pouvoir en place. 

    En 2025, plusieurs associations avaient déjà fait l’objet de mesures similaires. Parmi elles, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), également suspendus dans des circonstances qui avaient suscité de vives inquiétudes.

    Parallèlement, d’autres structures sont aujourd’hui dans le collimateur des autorités. Des informations concordantes évoquent une liste d’associations exposées à des procédures de dissolution. Parmi elles figurent notamment Mnemty, engagée dans la défense des droits des minorités, ainsi que l’association Al Khatt, éditrice du média indépendant Inkyfada.

    Dans son communiqué, le syndicat a souligné la portée symbolique de la LTDH, qu’il décrit comme l’un des piliers historiques du combat pour les droits humains en Tunisie. Dès lors, son ciblage actuel est interprété comme une atteinte directe aux fondements mêmes de la vie démocratique.

    Face à cette situation, le SNJT a appelé à l’annulation immédiate et sans condition de la décision de suspension, exhortant les autorités à mettre un terme aux mesures visant les structures indépendantes. 

    L’organisation a plaidé également pour la fin de toute ingérence dans le travail associatif et médiatique, insistant sur la nécessité de respecter l’autonomie des organisations et de rejeter toute forme de tutelle.

    Le SNJT a en outre exigé la cessation des campagnes d’intimidation visant les voix libres et indépendantes, ainsi que la mise en place d’un environnement garantissant pleinement les droits et libertés, conformément aux dispositions constitutionnelles et aux engagements internationaux de la Tunisie.

    Il a enfin réaffirmé son attachement indéfectible à la défense des libertés publiques et s’est dit prêt à engager « toutes les formes de lutte légitime » pour faire face à ce qu’il a qualifié de politiques de restriction.

    N.J

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