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Photovoltaïque : la polémique qui menace 1,6 milliard de dinars d’investissement

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Par Maya Bouallégui

    À la veille de leur examen en séance plénière, cinq projets de loi déposés par la présidence de la République en janvier 2026 et relatifs à des centrales photovoltaïques suscitent une polémique inattendue sur les réseaux sociaux. Accusations de “colonialisme énergétique”, soupçons de bradage et procès en souveraineté : derrière ces critiques, ces textes portent pourtant un programme industriel majeur, destiné à réduire la dépendance énergétique du pays et à mobiliser des investissements massifs.

    Mardi 28 avril, l’Assemblée des représentants du peuple devra se prononcer sur cinq projets de loi autorisant la mise en œuvre de centrales photovoltaïques dans plusieurs régions du pays. L’exercice peut sembler technique. Il est en réalité stratégique.

    Car ces textes ne se limitent pas à encadrer des installations énergétiques. Ils traduisent un choix économique fondamental : celui de recourir à l’investissement privé pour accélérer une transition énergétique que les finances publiques, à elles seules, ne peuvent plus supporter.

    Un programme industriel structuré, aux enjeux immédiats

    Le rapport de la commission parlementaire spécialisée, qui a examiné ces cinq projets de loi, en fixe clairement les contours. Les cinq centrales concernées totalisent près de 600 mégawatts de capacité installée, pour un investissement global estimé à environ 1,6 milliard de dinars. Leur production annuelle devrait dépasser les 1.500 gigawattheures, contribuant à réduire la dépendance du pays au gaz naturel importé.

    L’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de soulager un système énergétique sous pression, marqué par un déficit structurel et par un coût croissant des importations. D’autre part, de poser les bases d’un mix énergétique plus équilibré, conforme aux engagements pris en matière de transition énergétique.

    Ces projets s’inscrivent ainsi dans une stratégie nationale visant à porter la part des énergies renouvelables à des niveaux significatifs à l’horizon 2030. Une ambition affichée de longue date, mais dont la réalisation reste tributaire d’un facteur clé : le financement.

    Un modèle assumé : mobiliser le capital pour produire localement

    C’est précisément sur ce point que les projets de loi tranchent. Ils reposent sur un modèle clair : celui des producteurs indépendants d’électricité. Des investisseurs privés financent, construisent et exploitent les centrales, dans le cadre de contrats encadrés par l’État, tandis que la Steg conserve son rôle central d’acheteur unique.

    Ce mécanisme permet de mobiliser des capitaux importants sans alourdir la dette publique, tout en garantissant que l’électricité produite reste intégrée au réseau national.

    Autrement dit, il ne s’agit pas de céder une infrastructure, mais de permettre sa réalisation. Une nuance essentielle, souvent absente du débat.

    Une polémique née avant même le vote

    Mais avant même leur passage en plénière, ces projets ont suscité une vive polémique, largement amplifiée sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

    La députée Najla Lahiani a ainsi dénoncé des « concessions injustifiées » et mis en garde contre une atteinte à la souveraineté nationale. Bilel El Mechri, de son côté, a franchi un seuil supplémentaire en évoquant un « colonialisme énergétique » et en accusant le Parlement de « trahison ».

    Dans leur sillage, des publications relayées massivement sur Facebook ont tenté de donner une dimension technique à ces critiques, en accumulant arguments juridiques, chiffres et mises en garde, souvent présentés comme autant de preuves d’un déséquilibre en faveur des investisseurs.

    À lire ces publications tendues sur les réseaux sociaux, ces projets concentreraient toutes les dérives : abandon du droit tunisien, recours systématique à l’arbitrage international, bradage des ressources nationales, transfert de richesses à des opérateurs étrangers, voire mise sous tutelle énergétique du pays.

    Certaines analyses vont jusqu’à chiffrer des “cadeaux” supposés faits aux étrangers, ou à proposer des alternatives simplifiées, comme la multiplication de petites installations locales, présentées comme plus souveraines et plus équitables.

    L’ensemble donne l’impression d’un système déséquilibré, voire dangereux. Mais cette impression repose sur un enchaînement d’approximations, de raccourcis et de confusions qui résistent mal à l’examen des faits.  En un mot, on a une accumulation d’accusations, mais sans véritable démonstration.

    Arbitrage, droit et souveraineté : le contresens central

    L’un des arguments les plus répandus concerne le recours à l’arbitrage international, présenté comme une preuve de dépossession juridique.

    Or, les mécanismes prévus sont clairs d’après ce qu’on lit dans le rapport final de la commission parlementaire : les litiges relèvent d’abord du droit tunisien. Ce n’est qu’en cas de blocage que les parties peuvent recourir à un arbitrage international, comme c’est le cas dans la majorité des projets énergétiques à travers le monde.

    Ce dispositif ne traduit pas un abandon de souveraineté. Il constitue une garantie destinée à sécuriser des investissements lourds dans un environnement où le risque perçu reste élevé.

    Le présenter comme une mise à l’écart de la justice nationale revient à ignorer la logique même des contrats internationaux et certains aspects écrits noir sur blanc dans les projets de loi.

    Ressources, infrastructures et confusion entretenue

    C’est précisément sur ce terrain que Bilel El Mechri installe l’essentiel de son argumentaire. En parlant de « colonialisme énergétique » et en évoquant un supposé bradage des richesses nationales, il opère un glissement qui n’a rien d’anodin : celui qui consiste à assimiler ces projets à une cession de ressources naturelles.

    Or cette assimilation est, au mieux, une approximation. Au pire, une confusion entretenue.

    Le pétrole ou le gaz sont des ressources finies, extraites du sous-sol, dont la propriété et l’exploitation posent effectivement des questions de souveraineté. Le solaire n’entre pas dans cette logique. Il ne s’agit pas d’extraire une richesse, mais de produire de l’électricité à partir d’une source inépuisable, sur le territoire tunisien, pour alimenter le réseau tunisien.

    Autrement dit, ce qui est en jeu ici, ce n’est pas la propriété d’un gisement, mais le financement, la construction et l’exploitation d’une infrastructure industrielle.

    En entretenant cette confusion, Bilel El Mechri ne se contente pas de simplifier le débat. Il le déplace volontairement vers un registre émotionnel, où toute participation d’un investisseur devient suspecte, et où l’investissement lui-même est assimilé à une forme de dépossession.

    Poussée à son terme, cette logique conduirait à considérer que toute infrastructure financée par un capital extérieur (qu’il s’agisse d’une centrale, d’un port ou d’une autoroute) relèverait elle aussi d’une forme de colonisation.

    Une position difficilement soutenable, dès lors qu’elle se confronte à la réalité du financement des infrastructures modernes comme on le voit un peu partout dans le monde, notamment dans les pays développés.

    L’angle mort du débat : le financement

    Mais la principale faiblesse de ces critiques réside ailleurs. Elles contestent les mécanismes proposés sans répondre à une question essentielle : comment financer ces projets autrement ?

    Les montants en jeu sont considérables puisqu’on parle de l’équivalent de milliards de dinars en devises étrangères. Les besoins d’investissement dans le secteur énergétique dépassent largement les capacités budgétaires de l’État. Dans ce contexte, le recours au capital privé n’est pas un choix idéologique. C’est une contrainte économique.

    Refuser ce levier, sans proposer d’alternative crédible, revient à reporter indéfiniment des projets pourtant jugés nécessaires par l’ensemble des acteurs du secteur. Et, justement, M. Mechri ne fait que critiquer sans proposer aucune alternative sérieuse.

    Entre posture et réalité

    Certaines propositions avancées dans le débat, comme la multiplication de petites installations réparties sur l’ensemble du territoire, donnent l’illusion d’une solution simple et souveraine.

    Elles ignorent pourtant des contraintes majeures : la stabilité du réseau électrique, les coûts de raccordement, les économies d’échelle et la capacité de financement.

    Une centrale de grande capacité ne se résume pas à une addition de petites installations. Elle répond à des exigences techniques et économiques spécifiques, qui conditionnent sa viabilité.

    Réduire cette complexité à une question de répartition géographique revient à passer à côté de l’essentiel.

    Ce qui ressort de cette polémique, c’est moins un désaccord sur les objectifs que sur les moyens. Personne ne conteste la nécessité de réduire la dépendance énergétique ou de développer les énergies renouvelables.

    Mais dès lors qu’il s’agit d’en définir les modalités, le débat bascule rapidement vers une opposition de principe au capital et à l’investissement, perçus comme des menaces plutôt que comme des outils.

    Ce glissement transforme un débat économique en affrontement idéologique, où les mécanismes concrets cèdent la place aux slogans.

    Comment fonctionnent les économies ouvertes

    Au-delà des postures, un détour par les faits permet de replacer le débat dans son contexte réel. Dans les économies développées, le financement des infrastructures énergétiques (et plus largement des grands équipements) repose très largement sur l’ouverture aux capitaux privés, y compris étrangers, dans des cadres juridiques stricts.

    En Europe, par exemple, les réseaux d’électricité et de gaz, les parcs éoliens et solaires, les terminaux gaziers ou encore les interconnexions transfrontalières sont régulièrement financés et opérés par des consortiums internationaux. Des fonds d’investissement nord-américains (comme BlackRock ou Brookfield) détiennent des participations significatives dans des actifs énergétiques européens. Des groupes asiatiques, notamment chinois, ont investi dans des infrastructures portuaires, énergétiques ou logistiques aussi bien européennes qu’américaines, souvent avec l’aval des autorités locales, dans le respect de règles de concurrence et de sécurité.

    Au Royaume-Uni, plusieurs parcs éoliens offshore ont été développés avec des capitaux étrangers, tandis que des opérateurs européens et internationaux participent au financement et à l’exploitation du réseau. En Espagne et en Italie, des groupes étrangers sont présents dans la production d’électricité renouvelable, aux côtés d’acteurs nationaux. En France, des investisseurs internationaux interviennent dans des projets d’énergies renouvelables, sous le contrôle de régulateurs et dans des cadres contractuels précis.

    Dans ces pays, la question n’est pas de savoir si l’investisseur est local ou étranger, mais si le projet est utile, rentable, conforme à l’intérêt général et correctement encadré. L’État fixe les règles, régule les marchés et protège les intérêts stratégiques, mais il ne finance pas seul des infrastructures qui mobilisent des milliards.

    Cette ouverture n’a pas affaibli leur souveraineté. Elle leur a permis, au contraire, d’accélérer leur transition énergétique, de moderniser leurs réseaux et de réduire leur dépendance à des sources d’énergie plus coûteuses ou plus polluantes.

    À l’inverse, fermer la porte au capital extérieur au nom d’une idéologie éculée revient à s’isoler des mécanismes qui structurent aujourd’hui le financement des infrastructures dans le monde. C’est ignorer que, dans un secteur aussi intensif en capital que l’énergie, la question n’est pas de choisir entre souveraineté et investissement, mais de définir les conditions dans lesquelles l’investissement sert la souveraineté.

    Le choix derrière le vote

    Au final, le vote de mardi ne portera pas uniquement sur cinq projets de loi. Il posera une question plus large : la Tunisie est-elle prête à mobiliser les instruments nécessaires pour financer sa transition énergétique ?

    Accepter ces projets, c’est faire le choix d’un modèle encadré, fondé sur l’investissement et la production locale. Les rejeter, c’est privilégier une approche plus fermée, au risque de prolonger une dépendance déjà coûteuse.

    Entre la complexité des faits et la simplicité des slogans, le débat a déjà choisi son camp. Reste à savoir si le vote, lui, fera le même choix.

    Maya Bouallégui

    Cliquer ici pour lire le rapport final de la commission parlementaire

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    5 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      27 avril 2026 | 18h34

      A force de crier au clonialisme on justife l’inaction /….

      Ce député immature politiquement et un populiste suggère une spoliation directe des ressources, comme dans les modèles coloniaux historiques.
      Or ici, on parle de contrats d’investissement dans des centrales photovoltaïques, pas d’extraction de ressources naturelles sous contrôle étranger.

      Il ne fournit aucune analyse contractuelle précise
      Aucun chiffre, aucun benchmark international

      On est dans l’alerte politique, pas dans l’expertise.

      Refuser ces projets sans proposer :
      – un financement public crédible
      – un modèle local alternatif
      – une montée en compétence industrielle

      Revient de facto à bloquer la transition énergétique.

      C’est une posture classique de POPULISME POLITQUE … QUE DES SLOGANS CREUX …. HC

    2. HatemC

      Répondre
      27 avril 2026 | 18h29

      La Tunisie n’a pas besoin d’agitateurs …elle a besoin de decideurs adultes

      Des députés immatures… un pays qui recule

      L’investissement c’est du developpement pas du colonialisme

      Ce député confond investissement et extraction … ARRETEZ DE TOUT CONFONDRE …. UNE HONTE

      LEURS CAPRICE TIRENT LE PAYS VERS LE BAS … CA DOIT CESSER …

      Cette accusation repose sur une CONFUSION GROSSIERE ENTRE 2 REALITES RADICALEMENT DIFFERENTES :
      – L’EXTRACTION : on prend une ressource et on l’exporte
      – L’INVESTISSEMENT : on injecte du capital pour produire localement

      Confondre les deux, ce n’est pas une opinion.
      C’est une erreur économique de base.

    3. Hannibal

      Répondre
      27 avril 2026 | 15h16

      Ceux qui parlent de colonialisme énergétique veulent faire plaisir à qui vous savez.
      Comment qualifient-ils la dépendance aux hydrocarbures liés aux situations géopolitiques et leur coût aussi pour les ménages et pour l’État ?
      Marre des slogans à 2 millimes !
      Marre de l’idiotie prépondérante !
      Marre de l’immobilisme !

    4. Rationnel

      Répondre
      27 avril 2026 | 12h33

      L’article défend avec conviction ces cinq projets de loi, et ses arguments contre les accusations de colonialisme énergétique sont en grande partie fondés. Mais la critique mérite d’être affinée, car le vrai problème n’est pas l’investissement étranger en soi, c’est le cadre asymétrique dans lequel il opère.
      Il est vrai que le soleil n’est pas une ressource finie. Mais le marché de l’électricité en Tunisie, lui, l’est. L’objectif national est d’atteindre 35% d’énergies renouvelables d’ici 2035, sur une demande totale d’environ 19 000 GWh (Object de 6650 GWh). Ces cinq projets représentent 1 500 GWh, soit environ 23% de l’objectif national, accordés en un seul cycle d’approbation, à un seul groupe d’investisseurs. La question de qui capte ce marché limité, et à quelles conditions, est parfaitement légitime.

      L’article pose la bonne question, comment financer autrement ? mais esquive une question encore plus fondamentale : pourquoi les conditions de financement sont-elles structurellement défavorables aux investisseurs tunisiens ?

      Un opérateur international comme Scatec bénéficie du soutien de banques de développement européennes (BERD, BEI) et de mécanismes de financement japonais concessionnels, d’un taux d’interet de 3%. Concrètement, cela lui permet de ne mobiliser que 10% de fonds propres sur un projet, tout en obtenant un retour sur capital investi de l’ordre de 70%. C’est une position financière extrêmement favorable, rendue possible non par la qualité intrinsèque du projet tunisien, mais par l’accès privilégié à des capitaux bon marché adossés à des garanties souveraines étrangères.

      Un investisseur tunisien dans la même situation ? Il doit apporter 50% du coût du projet en fonds propres, emprunter le reste à des taux dépassant 10%, dans un environnement où les bons du Trésor offrent des rendements comparables sans risque opérationnel. Le projet devient structurellement non rentable, non pas parce que le solaire tunisien n’est pas viable, mais parce que le cadre réglementaire et financier local le pénalise systématiquement.

      La question que devrait poser le Parlement n’est donc pas investissement étranger ou pas, mais : pourquoi la Banque centrale et le gouvernement tunisien rendent-ils plus difficile d’investir en Tunisie pour un Tunisien que pour un opérateur étranger ?

      L’article présente le recours à l’arbitrage international comme une pratique standard et incontournable. C’est une affirmation à nuancer sérieusement. De nombreux pays, dont la Colombie, se retirent activement du CIRDI et d’autres mécanismes d’arbitrage international, précisément parce que l’expérience a montré que ces procédures sont coûteuses, longues, et favorisent structurellement les investisseurs privés face aux États.

      L’expérience tunisienne avec la Banque Franco-Tunisienne l’illustre concrètement : même dans un dossier où la Tunisie n’avait pas nécessairement tort sur le fond, la procédure CIRDI s’est étalée sur des décennies, mobilisant des ressources juridiques et financières considérables (14 millions MD pour les frais de justice). Le coût de la procédure elle-même peut dépasser la valeur de l’investissement en jeu. Ce n’est pas une garantie neutre, c’est un mécanisme qui modifie l’équilibre des pouvoirs en faveur de celui qui peut se permettre de litiguer indéfiniment. L’experience du Venzuela avec la campagnie petroliere CITCGO mentre que ce processus peut etre corrompu (A US court approved the sale of CITGO, Venezuela’s state-owned refiner, to an affiliate of Paul Singer’s Elliott Investment Management for approximately $5.9 billion, a massive discount from its estimated $13–$18 billion value).

      Au fond, la polémique sur ces cinq projets est un symptôme d’un problème structurel plus profond. La Tunisie a besoin d’investissements dans les énergies renouvelables, c’est indiscutable. Mais une stratégie énergétique saine ne devrait pas reposer uniquement sur la capacité à attirer des capitaux étrangers bénéficiant de conditions que les acteurs locaux ne peuvent pas répliquer.

      Une révision de cette stratégie devrait poser trois questions concrètes : comment aligner les conditions de financement pour que les investisseurs tunisiens puissent concourir à égalité ? Comment calibrer le rythme des attributions pour ne pas saturer le marché disponible au détriment des acteurs locaux futurs ? Et comment encadrer l’arbitrage de manière à protéger l’État sans décourager les investissements légitimes ?

      Voter ces projets aujourd’hui sans répondre à ces questions, c’est construire une transition énergétique dont les bénéfices risquent d’être exportés plus que partagés.

    5. Gg

      Répondre
      27 avril 2026 | 11h08

      « Conialisme énergétique » !
      Voilà bien un sujet qui devrait mobiliser des spécialistes en énergie.
      Ce serait aussi pour le pays l’occasion de créer un vrai pôle de compétence.
      Au lieu de quoi les idéologues primaires s’en emparent.
      Malheureuse Tunisie, toujours bloquée par la bêtise endémique…

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