L’Ordre national des avocats de Tunisie est monté au créneau après la décision ordonnant la suspension des activités de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) pour une durée d’un mois. Dans un communiqué publié lundi 27 avril 2026, l’instance a exprimé sa « vive inquiétude » face à la multiplication des décisions visant des associations, qualifiant ces mesures d’atteinte à des libertés fondamentales.
L’Ordre a affiché son soutien à la LTDH, ses militants et ses responsables, saluant son rôle historique dans la défense des droits humains et la promotion des valeurs de citoyenneté, d’égalité et de justice sociale. Il a rappelé que la Ligue constitue une expérience pionnière dans les espaces arabe et africain, couronnée par le prix Nobel de la paix en 2015, au sein du Quartet du dialogue national.
Un rejet clair des restrictions visant la société civile
Dans son communiqué, l’Ordre des avocats rejette fermement les décisions de suspension d’activités associatives, estimant qu’elles portent atteinte à la liberté d’organisation, pourtant garantie par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par la Tunisie.
Il met en garde contre les conséquences de telles mesures sur l’indépendance de la société civile, qu’il considère comme un pilier essentiel de la vie démocratique. L’organisation souligne notamment le rôle central des associations dans le contrôle de l’action publique, la défense des droits et l’accompagnement des catégories vulnérables, en particulier dans les régions marginalisées.
Des acquis à préserver
L’Ordre insiste sur le fait que les libertés publiques, la liberté d’expression, la liberté d’association et le respect du pluralisme constituent des acquis fondamentaux qui ne sauraient être remis en cause « sous quelque prétexte que ce soit ».
Enfin, il appelle les autorités à instaurer un climat fondé sur la concertation et le partenariat avec les composantes de la société civile, en vue de consolider l’État de droit et les institutions.
La LTDH a annoncé, dimanche 26 avril 2026, le rejet « catégorique » de la décision de justice ordonnant la suspension de ses activités pour une durée d’un mois. Réuni en urgence, son conseil national a dénoncé une mesure « arbitraire » et annoncé son intention de contester cette décision par les voies légales, tout en appelant à la mobilisation pour défendre la liberté associative.
M.B.Z











