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Gel des activités de la LTDH : l’UGTT dénonce une mesure « grave » et appelle à son annulation

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Par Myriam Ben Zineb

    L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a exprimé, dans un communiqué publié lundi 27 avril 2026, sa vive préoccupation à la suite de la décision de justice ordonnant le gel des activités de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) pour une durée d’un mois, qualifiant cette mesure d’atteinte à la liberté d’action associative.

    Dans son communiqué, le bureau exécutif national de la centrale syndicale considère que cette décision constitue un précédent dangereux, susceptible de fragiliser l’un des acquis majeurs des Tunisiens en matière de défense des droits et des libertés. L’UGTT rappelle, à ce titre, le rôle historique joué par la LTDH dans la protection des droits fondamentaux, l’accompagnement des victimes de violations et la diffusion de la culture des droits humains.

    Une mise en garde contre les dérives

    La centrale syndicale estime que cette décision traduit un recul par rapport aux engagements nationaux relatifs au respect des libertés d’organisation et d’expression. Elle met également en garde contre les répercussions d’un tel choix sur le climat général, soulignant que le ciblage des composantes de la société civile, notamment les organisations de défense des droits humains, risque d’accentuer les tensions et de fragiliser les fondements de l’État de droit.

    L’UGTT considère que de telles mesures sont de nature à compromettre la confiance entre les institutions et la société, appelant à préserver un environnement propice à l’action associative indépendante.

    Appel à revenir sur la décision

    Sur le fond, la centrale syndicale appelle clairement à revenir sur la décision de gel des activités de la LTDH et à lui permettre de reprendre ses activités normalement. Elle exprime, dans le même temps, sa solidarité totale avec l’organisation.

    L’UGTT insiste également sur la nécessité de garantir un cadre sécurisé pour les acteurs de la société civile, condition qu’elle juge essentielle au bon fonctionnement de la vie démocratique.

    Une décision vivement contestée

    Cette prise de position intervient alors que la LTDH a elle-même dénoncé, dimanche 26 avril 2026, une décision « injuste et arbitraire », prise sur la base d’une ordonnance sur requête émise par le président du tribunal de première instance de Tunis.

    Réuni en urgence, le conseil national de la Ligue a estimé que cette mesure constitue une atteinte à la liberté d’association et un recul des garanties constitutionnelles. L’organisation évoque également une pression croissante sur la société civile et annonce son intention de contester la décision par tous les moyens légaux.

    Malgré la suspension, la LTDH affirme maintenir sa mobilisation et poursuivre son engagement en faveur de la défense des droits humains.

    M.B.Z

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    Commentaire

    1. Salah tataouine

      Répondre
      29 avril 2026 | 10h22

      À mes amis de l’UGTT,

      J’ai lu votre communiqué sur la LTDH. Permettez-moi de vous soumettre une distinction qui me paraît essentielle.

      Dans un État de droit, contester une décision de justice est un droit fondamental. La loi prévoit des recours : appel, cassation, opposition. Ces voies permettent de faire réexaminer une affaire par une juridiction supérieure, pour corriger une éventuelle erreur. Contester, c’est reconnaître l’autorité de la justice tout en exprimant un désaccord. C’est le fonctionnement normal de la démocratie.

      Refuser d’appliquer une décision de justice, en revanche, est une tout autre chose. Une fois les recours épuisés, le jugement s’impose à tous. S’y soustraire, c’est rompre le contrat social. Car si chacun choisit quel jugement appliquer et quel jugement ignorer, l’ordre public s’effondre.

      Vous défendez la LTDH, et c’est votre droit le plus absolu. Mais n’oubliez pas que la loi est la même pour tous. Les organisations que nous respectons doivent aussi la respecter.

      La différence entre la contestation et le refus d’appliquer n’est pas une nuance. C’est la frontière entre l’État de droit et l’arbitraire. Ne la brouillons pas.

      Salah Tataouine
      Trappeur sans Bac, Docteur Honoris Causa de la Caravane du Désert.Ugtt ien dpuis toujours

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