Sur TikTok, une vidéo largement relayée affirme qu’un changement majeur aurait été introduit dans le Code du statut personnel en Tunisie, avec notamment la suppression de la pension alimentaire. Reprises massivement, ces publications ont suscité inquiétudes et confusion quant à une prétendue remise en cause des droits familiaux.

Après vérification, aucune loi adoptée à ce jour ne supprime le droit à la pension alimentaire en Tunisie.
À l’origine de cette confusion : un projet de loi actuellement en cours de préparation. Celui-ci porte sur la réforme du dispositif encadrant la pension alimentaire et la prestation de divorce, sans pour autant remettre en cause leur principe.
La ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, Asma Jabri, a apporté des précisions à ce sujet lors d’une séance plénière à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le 24 avril 2026. Elle a indiqué que le texte était toujours en phase de concertation avec les différentes parties concernées et qu’il n’avait pas encore été soumis au Parlement.
L’objectif de cette réforme est de revoir en profondeur le fonctionnement du Fonds de garantie des pensions alimentaires et de la rente de divorce. Il s’agit notamment d’en améliorer l’efficacité et d’élargir son champ d’intervention, en particulier pour les femmes divorcées et leurs enfants confrontés à des difficultés d’exécution des décisions judiciaires, notamment en cas d’insolvabilité du débiteur.
Le projet prévoit plusieurs axes de réforme : redéfinition des critères d’éligibilité, ajustement de la durée d’intervention du fonds, élargissement de la couverture sociale des bénéficiaires et renforcement des dispositifs d’accompagnement. Il est également question de favoriser l’autonomie économique à travers des mesures d’insertion professionnelle, de formation ou d’appui à la création d’activités.
Au-delà de l’aspect financier, le texte envisage d’intégrer un accompagnement social, médical et professionnel plus structuré. Il prévoit aussi des ajustements en matière de gouvernance, de simplification des procédures et de diversification des sources de financement, afin d’assurer la pérennité du système.
Enfin, une réflexion est en cours sur la mise en place d’un mécanisme de conciliation familiale visant à prévenir et à résoudre les conflits, en amont et en aval des procédures judiciaires.
En résumé, aucune suppression de la pension alimentaire n’a été adoptée. Les contenus viraux diffusés sur les réseaux sociaux sont trompeurs : ils présentent comme actée une réforme qui est encore à l’état de projet.












