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Prix, dinar, production : Aram Belhadj dissèque les causes de la flambée inflationniste

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Par Imen Nouira

    La remontée de l’inflation en Tunisie continue d’alimenter les inquiétudes. Au lendemain de la publication des chiffres de l’Indice des prix à la consommation par Institut national de la statistique (INS), l’économiste Aram Belhadj a estimé que les tensions inflationnistes devraient encore s’aggraver durant les prochains mois, évoquant un possible « été chaud » pour les prix et le pouvoir d’achat.

    Une accumulation de facteurs inflationnistes

    Dans un post Facebook publié dans la soirée du mercredi 6 mai 2026, le docteur en sciences économiques et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage considère que la hausse des prix observée actuellement n’est pas passagère, mais le résultat d’une accumulation de plusieurs facteurs structurels.

    Selon lui, la spécificité de l’inflation en Tunisie réside dans la combinaison simultanée de plusieurs éléments : hausse des coûts de production, injection de liquidités sans création de richesse équivalente, augmentations salariales sans gains de productivité, importations à des prix mondiaux élevés et glissement du dinar, notamment face à l’euro.

    L’économiste indique également avoir déjà anticipé cette évolution dans de précédentes analyses, estimant que les tensions inflationnistes devraient persister tant que ces facteurs continueront de produire leurs effets.

    L’inflation repart à la hausse

    Les chiffres publiés mardi 5 mai 2026 par l’INS montrent une reprise de l’inflation après plusieurs mois d’accalmie relative. Le taux d’inflation a atteint 5,5% en avril 2026 contre 5% en mars et février 2026 et 4,8% en janvier 2026.

    Pour rappel, l’inflation était de 5,2% en août 2025, 5,9% en mars 2025, 5,7% en février 2025 et 6% en janvier 2025. Elle avait culminé à 7% en juillet 2024.

    La hausse de l’inflation en avril 2026 s’explique principalement par l’accélération des prix alimentaires, dont le rythme de progression est passé de 6,8% en mars à 8,2% en avril.

    Les produits alimentaires restent ainsi le principal moteur de la hausse des prix. Sur un an, les fruits frais ont enregistré une augmentation de 19,2%, suivis de la volaille et de la viande ovine (+16,1%), des légumes frais (+13,5%), de la viande bovine (+12%) et du poisson frais (+11,9%).

    Les dérivés des céréales augmentent de 6,1% et les fruits secs de 5,5%.

    En revanche, certains produits ont connu une baisse de leurs prix sur un an, notamment les huiles alimentaires (-6,8%), les œufs (-4,4%) et les légumineuses (-0,5%).

    Les prix alimentaires continuent de tirer l’inflation

    Sur un mois, l’indice des prix à la consommation a progressé de 1,1% en avril 2026. Cette hausse est principalement due à l’augmentation des prix des produits alimentaires (+1,4%) et de l’habillement et des chaussures (+5,9%).

    Les légumes frais ont augmenté de 5,6% sur un mois, la viande ovine de 3,5% et les fruits frais de 2,5%.

    La viande bovine a progressé de 1,8%, tandis que les fruits secs ont augmenté de 0,7%.

    À l’inverse, les prix des œufs ont diminué de 4,5%, ceux du lait et du fromage de 1,2%, ceux des volailles de 0,8% et ceux du poisson frais de 0,6%.

    L’INS souligne également que les produits libres continuent de tirer l’inflation. Les prix des produits libres ont augmenté de 6,8% sur un an contre seulement 1% pour les produits encadrés. Les produits alimentaires libres ont progressé de 9,3%, contre 0,2% pour les produits alimentaires à prix encadrés.

    L’inflation sous-jacente, calculée hors produits alimentaires et énergie, est passée de 4,6% en mars 2026 à 4,8% en avril 2026.

    Un pouvoir d’achat toujours sous pression

    Malgré le ralentissement observé par rapport aux pics enregistrés en 2024, l’inflation reste à un niveau élevé pour les ménages tunisiens.

    Selon les données publiées par l’INS, huit familles de produits ont progressé au même rythme ou plus rapidement que l’inflation globale en avril 2026, dont six avec des hausses à deux chiffres.

    La Tunisie demeure ainsi largement au-dessus du seuil de 3% généralement considéré comme compatible avec une préservation relative du pouvoir d’achat.

    Dans ce contexte, l’analyse d’Aram Belhadj traduit les inquiétudes persistantes autour de l’évolution des prix durant les prochains mois, alors que plusieurs facteurs internes et externes continuent d’exercer une pression durable sur l’économie tunisienne.

    I.N.

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