L’étau judiciaire continue de se resserrer autour de Ridha Charfeddine. La chambre correctionnelle bis spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a prononcé, vendredi 8 mai 2026, une nouvelle condamnation de deux ans de prison à l’encontre de l’homme d’affaires, dans une affaire liée à des infractions douanières et bancaires.
Cette nouvelle peine vient alourdir un passif judiciaire déjà particulièrement lourd pour l’ancien député et ex-président de l’Étoile Sportive du Sahel, incarcéré depuis 2024 et visé par une cascade de procédures financières, douanières et bancaires.
Une condamnation qui s’ajoute à onze ans de prison
Il y a à peine deux mois, le 12 mars 2026, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près la même juridiction avait déjà frappé fort. Ridha Charfeddine avait alors été condamné à onze ans de prison dans une affaire de blanchiment d’argent liée notamment à des infractions douanières.
Dans ce même dossier, son frère, Lotfi Charfeddine, avait écopé de sept ans de prison, tandis que Ahmed Belli, ancien président d’un club sportif, avait été condamné à dix ans de prison.
Selon les éléments retenus par la justice, les accusés auraient exploité les facilités offertes par leurs activités professionnelles et sociales pour faire transiter des fonds provenant d’infractions douanières, tout en mettant en place des montages juridiques fictifs. Les sociétés impliquées, tout comme les prévenus, avaient également été frappées de lourdes sanctions financières dépassant les onze millions de dinars.
Une série noire depuis 2024
Les ennuis judiciaires de Ridha Charfeddine ne datent pas d’hier. Placé en détention depuis 2024 dans le cadre de plusieurs dossiers liés à des soupçons de corruption financière et administrative, l’ancien patron du groupe Unimed fait face à une succession ininterrompue de poursuites.
En novembre dernier, la chambre criminelle spécialisée de la cour d’appel de Tunis avait déjà confirmé une peine de trois ans de prison à son encontre, assortie d’amendes estimées à près de 72 millions de dinars, dans une affaire liée à la constitution d’avoirs à l’étranger sans autorisation de la Banque centrale de Tunisie.
Avec cette nouvelle condamnation de deux ans, le parcours judiciaire de l’ancien homme fort du Sahel continue donc de s’alourdir, au fil de dossiers qui s’accumulent depuis son arrestation fin 2023.
M.B.Z












