Le député Fakherddine Fadhloun a publié vendredi 22 mai 2026 au soir un statut sur Facebook au ton particulièrement virulent, consacré à la flambée des prix des moutons de l’Aïd.
Dans ce message, l’élu appelle le ministre du Commerce à « fixer immédiatement un prix étudié et acceptable des sacrifices et du kilogramme de viande », allant jusqu’à considérer que tout dépassement devrait être sanctionné par « une saisie immédiate et l’emprisonnement ».
Cette prise de position s’inscrit dans une dynamique de plus en plus visible de surenchère rhétorique dans le débat politique, notamment sur les réseaux sociaux, où les logiques d’émotion et de réaction rapide prennent souvent le pas sur l’analyse nuancée des mécanismes institutionnels et sur la recherche de réponses opérationnelles. Dans cet espace fortement polarisé, le registre populiste tend à s’imposer, en amplifiant les frustrations sociales sans toujours les inscrire dans une lecture structurée des réalités économiques et juridiques.
Le populisme pénal comme réflexe politique
Au-delà de l’indignation légitime que suscitent les niveaux élevés des prix des produits de première nécessité, cette sortie interroge par la dureté de sa formulation et par la confusion implicite qu’elle installe entre dérives de marché et automatisme pénal.
En évoquant une réponse d’emblée carcérale en cas de dépassement tarifaire, le propos semble faire l’impasse sur les distinctions essentielles entre les différents niveaux d’intervention de l’État : la régulation administrative des prix, les mécanismes de contrôle économique et les procédures judiciaires, qui relèvent chacune de cadres juridiques spécifiques.
Cette approche participe d’une tendance plus large à privilégier des réponses spectaculaires et punitives à des problématiques complexes, dans un climat politique où la fermeté affichée sur les réseaux sociaux devient parfois un marqueur de popularité plus qu’un véritable outil d’action publique.
Une crise des prix aux causes bien plus profondes
Cette lecture réductrice occulte également la complexité des facteurs qui déterminent l’évolution des prix de l’agneau à l’approche de l’Aïd. La hausse constatée s’explique en effet par un ensemble de paramètres structurels et conjoncturels, au premier rang desquels figure la contraction du cheptel, qui limite mécaniquement l’offre disponible sur le marché.
À cela s’ajoute la hausse continue des coûts de production supportés par les éleveurs, notamment l’alimentation du bétail, les intrants agricoles et les charges logistiques, dans un contexte global d’inflation des coûts.
Le fonctionnement du marché obéit par ailleurs aux mécanismes classiques de l’offre et de la demande, particulièrement sensibles durant les périodes de forte consommation comme l’Aïd, où la pression de la demande accentue naturellement les tensions sur les prix.
Enfin, plusieurs acteurs du secteur évoquent également l’existence de pratiques spéculatives susceptibles d’aggraver les déséquilibres et d’amplifier les fluctuations tarifaires.
Ainsi, réduire une problématique aussi complexe à une seule réponse coercitive apparaît comme une lecture simplificatrice d’une réalité économique multidimensionnelle, qui appelle au contraire une approche globale articulant régulation du marché, soutien à la production et lutte ciblée contre les distorsions concurrentielles.

N.J












Commentaire
A4
« Prison pour tous » est devenu le slogan de tous les tarés !!!
PRISON POUR TOUS
Ecrit par A4 – Tunis, le 16 Novembre 2024
Et un mois de prison par-ci
Puis dix ans de prison par-là
Votre tableau est bien noirci:
Vous êtes tous des hors-la loi !
Content, moi je leur dis merci
A tous ces juges et leur mollah
Ne dites pas que je suis lâche
Ou que je suis une vieille savate
Car quand je fuis, quand je me cache
Au fond d’un puits ou une boîte
C’est bien pour éviter les clashs
Du décret-loi cinquante-quat’
Non, vous ne m’entendrez jamais
Vous dire du mal de son altesse
Dont les sages paroles enflammées
Donnent un grand signal de détresse
Pour que les « tiktokeuses » cramées
Nous cachent enfin leurs paires de tresses
Je ne peux dire par imprudence
Que « ce pays est merveilleux »
Pour mériter, pour insolence
Propos débiles et cafouilleux
Prison, bagne, voire même potence
Destin sordide et pagailleux
Je ne peux que les applaudir
Nos braves juges intraitables
Qui ne pratiquent l’art d’interdire
Que pour chasser tous les diables
Et nous apprendre à obéir
En soumis et corvéables
Nous vivons une belle époque
Il faut bien le reconnaître
Même si tu peines ou tu suffoques
Dis merci à ton Grand Maître
Sinon tu passeras au bloc
Réservé à tous les traîtres !