Lors d’une intervention accordée jeudi 11 juin 2026 à Jawhara FM, le député de l’Assemblée des représentants du peuple Hassen Jarboui est revenu en détail sur sa décision de quitter la présidence de la Commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, du commerce et des services, tout en précisant qu’il demeure membre du Parlement.
L’élu a tenu à clarifier la portée de sa démarche. Il ne s’agit pas, a-t-il insisté, d’une démission de son mandat parlementaire, mais exclusivement de la présidence de la Commission de l’agriculture. Une distinction qu’il juge essentielle, rappelant que la fonction de président de commission diffère fondamentalement de celle de simple député. Selon lui, la présidence d’une commission parlementaire implique un rôle d’arbitrage, de coordination et d’interface permanente entre le gouvernement et les députés, notamment dans l’examen des projets et propositions de loi.
Pendant les cinq mois au cours desquels il a dirigé cette commission, après environ quatre années en tant que membre, le député a affirmé avoir mesuré l’ampleur des responsabilités liées au secteur agricole. Il a décrit un domaine particulièrement complexe et fragmenté, englobant des filières multiples telles que les grandes cultures, les produits laitiers, la viande rouge, l’huile d’olive ou encore les ressources hydrauliques. Cette diversité structurelle rend, selon lui, toute réforme difficile et exige une coordination étroite entre plusieurs ministères et acteurs publics.
Un décalage entre les décisions et leur application
Hassen Jarboui a souligné que la commission joue un rôle fondamental de contrôle et de suivi, en interrogeant les ministres et responsables administratifs sur l’application des décisions publiques. Il a toutefois avancé que le principal problème réside dans le décalage entre les décisions annoncées et leur mise en œuvre effective sur le terrain. Il a cité à ce titre plusieurs exemples, notamment les politiques liées à l’huile d’olive, à la reconstitution du cheptel ou encore à l’organisation des marchés agricoles.
Le député a évoqué également des situations concrètes remontées par les agriculteurs eux-mêmes, confrontés à des difficultés persistantes telles que le manque d’intrants, la propagation de maladies agricoles ou encore les insuffisances logistiques dans les zones rurales. À ses yeux, ces témoignages traduisent un dysfonctionnement structurel dans la chaîne d’exécution des politiques publiques.
C’est dans ce contexte qu’il a expliqué avoir pris la décision de quitter la présidence de la commission notant l’absence d’impact réel des initiatives parlementaires sur la situation du secteur agricole. « Je ne peux pas porter une responsabilité dont les résultats ne se matérialisent pas sur le terrain », a-t-il résumé en substance, estimant qu’il n’est pas en mesure d’assumer les effets d’un système dont il ne maîtrise pas l’exécution.
Une démission sans rupture avec l’activité parlementaire
Pour autant, il a insisté sur le fait que cette décision ne traduisait ni un désengagement ni une rupture avec le travail parlementaire. Il a affirmé continuer à œuvrer sur plusieurs propositions législatives, notamment dans les domaines des filières de la viande et de la réforme de certaines structures publiques agricoles, précisant également que la commission reste active à travers les députés qui la composent, même en l’absence de réunions régulières.
Sur le plan procédural, le député a indiqué que sa démission de la présidence avait été officiellement transmise et qu’elle devrait être examinée par le bureau de l’Assemblée. Ce dernier est chargé de statuer sur l’acceptation de la démission et d’organiser, le cas échéant, l’élection d’un nouveau président de commission.
Au-delà de son cas personnel, Hassen Jarboui a profité de son intervention pour élargir le débat à la gouvernance du secteur agricole dans son ensemble. Il a signalé que les politiques publiques souffraient d’un manque de coordination et d’une faible articulation entre les décisions stratégiques et leur mise en œuvre administrative appelant ainsi à une meilleure convergence entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, afin de garantir un suivi plus rigoureux des décisions prises.
N.J











