La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a lancé, dans un communiqué publié le 14 juin 2026, un appel en faveur de la protection de la paix civile, mettant en garde contre la montée des discours de haine, de discrimination et de stigmatisation au sein de la société tunisienne.
Une inquiétude face à la polarisation de la société
La LTDH affirme suivre avec « une profonde inquiétude » l’aggravation des phénomènes de polarisation, de division et de tensions sociales, ainsi que la multiplication des discours de haine, de diffamation, de discrimination et de racisme, notamment sur les réseaux sociaux.
Selon l’organisation, cette évolution menace la dignité humaine, le droit à la différence et à la libre expression, tout en fragilisant les fondements de la coexistence et de la paix civile.
Les migrants d’Afrique subsaharienne particulièrement visés
La Ligue exprime également son inquiétude face à la recrudescence des discours discriminatoires visant certaines catégories de personnes, en particulier les migrants et les ressortissants des pays d’Afrique subsaharienne.
Elle estime que ces pratiques sont contraires aux principes d’égalité, de non-discrimination et de respect de la dignité humaine.
La LTDH met en cause le discours du pouvoir
Dans son communiqué, la LTDH considère que ce climat ne s’est pas développé indépendamment du discours officiel.
Elle estime que les déclarations émanant « du plus haut sommet de l’État » ont, au cours des dernières années, contribué à alimenter un climat d’exclusion, de stigmatisation, de suspicion et de racisme, notamment en présentant certains acteurs de la société civile, responsables politiques, journalistes et défenseurs des droits humains comme des sources de menace.
L’organisation reproche également aux autorités d’avoir contribué à renforcer des représentations négatives à l’égard des migrants, en les associant à des risques supposés pour la société.
Un appel à un discours rassembleur
La Ligue rappelle que l’État a pour responsabilité de protéger les droits et libertés, de renforcer la cohésion sociale et de lutter contre toutes les formes de discrimination.
Elle appelle les autorités à adopter un discours respectueux des droits humains, de la citoyenneté, de l’égalité et de la non-discrimination, tout en combattant les discours de haine et les violences numériques dans le respect de la liberté d’expression.
La LTDH invite également les responsables politiques, les médias, les organisations de la société civile et l’ensemble des citoyens à promouvoir une culture du dialogue, du respect de la diversité et de la coexistence pacifique.
En conclusion, elle souligne que l’avenir de la Tunisie ne peut, selon elle, être construit que sur les principes de liberté, de dignité, de justice, d’égalité et d’État de droit, estimant que la préservation de la paix civile passe nécessairement par le rejet de la haine, du racisme et des discours d’exclusion.
S.H













