La Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (FTAPME) appelle à la mise en place d’une plateforme numérique et d’une application mobile baptisées « Citoyen superviseur ». Dans un communiqué publié dimanche 14 juin 2026, l’organisation estime que cet outil permettrait aux citoyens, aux artisans et aux chefs d’entreprise de signaler les dysfonctionnements administratifs, tout en renforçant la transparence, la qualité des services publics et le climat des affaires.
Face à ce qu’elle décrit comme une multiplication des plaintes liées aux lenteurs administratives et à la complexité des procédures, la fédération plaide pour la création d’un espace numérique officiel destiné à recueillir les réclamations des citoyens, des artisans et des opérateurs économiques.
Dans son communiqué publié dimanche 14 juin 2026, l’organisation affirme suivre avec inquiétude l’augmentation des doléances portant sur le blocage de dossiers administratifs, les délais d’attente jugés excessifs pour obtenir des réponses ainsi que les multiples formalités auxquelles sont confrontés les usagers de l’administration.
Selon la fédération, ces difficultés ont des répercussions directes sur l’économie. Elles freinent l’investissement, compliquent la continuité de l’activité des petites et moyennes entreprises (PME), pénalisent les artisans et pèsent sur les perspectives d’emploi.
La FTAPME estime également que de nombreux citoyens, artisans et chefs d’entreprise hésitent à rendre publiques leurs difficultés ou à publier leurs réclamations sur les réseaux sociaux en raison des craintes suscitées par l’application du décret-loi n°54.
Dans ce contexte, elle appelle à la création d’une plateforme nationale et d’une application mobile baptisées « Citoyen superviseur », qui serviraient de cadre officiel, légal et institutionnel pour le dépôt de plaintes et le signalement des dépassements ou obstacles administratifs.
« Cette initiative représente une solution civilisée garantissant le droit du citoyen et de l’entreprise à déposer des recours et à signaler les dysfonctionnements dans un cadre organisé, transparent et documenté », souligne la fédération.
Un outil de contrôle citoyen et de suivi des administrations
Pour la FTAPME, la future plateforme ne doit pas se limiter à recevoir des réclamations. Elle devrait également permettre aux citoyens, artisans et chefs d’entreprise de suivre l’évolution de leurs dossiers, de transmettre des documents justificatifs, d’évaluer la qualité des services publics et de signaler les entraves susceptibles de freiner l’activité économique et l’investissement.
L’organisation souhaite aussi que des indicateurs périodiques soient publiés afin de mesurer le degré de réactivité des différentes administrations et d’identifier les dysfonctionnements récurrents.
Elle considère qu’un tel dispositif constituerait également un mécanisme d’alerte précoce permettant de détecter les procédures qui ralentissent les initiatives économiques ou compliquent les démarches des citoyens, des artisans et des entrepreneurs.
La fédération estime qu’un tel espace offrirait aux autorités compétentes une meilleure visibilité sur les difficultés rencontrées sur le terrain et faciliterait une intervention plus rapide pour remédier aux défaillances constatées.
Rééquilibrer la digitalisation
Au-delà de la proposition elle-même, la FTAPME livre une critique du processus de digitalisation engagé ces dernières années.
Selon elle, les outils numériques développés jusqu’à présent ont essentiellement bénéficié à l’administration, en lui offrant davantage de moyens de contrôle, de suivi et de gestion des procédures.
En revanche, les citoyens, les artisans et les entreprises ne disposeraient pas encore d’outils équivalents leur permettant de défendre leurs droits, de suivre efficacement le traitement de leurs dossiers ou d’évaluer la qualité des prestations administratives.
« La digitalisation ne doit pas fonctionner dans un seul sens », estime la fédération, qui considère que la transparence et la redevabilité imposent d’accorder aux usagers des mécanismes comparables à ceux dont disposent les administrations.
Selon elle, si les nouvelles technologies ont permis à l’administration de renforcer ses capacités de contrôle, de suivi et de collecte des données, elles doivent également servir à renforcer les droits des citoyens, des artisans et des entreprises et à leur offrir des moyens concrets pour signaler les abus, les retards ou les défaillances administratives.
L’organisation affirme qu’un tel équilibre contribuerait à limiter les abus, à renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions publiques et à améliorer l’environnement des affaires.
Le retour du « Citoyen superviseur »
Le choix de l’appellation « Citoyen superviseur » n’est pas anodin. La Tunisie a déjà connu un dispositif portant ce nom, chargé d’évaluer la qualité des services administratifs et de relever les dysfonctionnements constatés au sein des organismes publics.
La FTAPME plaide aujourd’hui pour une relance de cette logique de contrôle et d’évaluation à travers une plateforme numérique et une application mobile permettant aux citoyens, aux artisans et aux chefs d’entreprise de faire remonter directement leurs réclamations et leurs observations.
Pour la fédération, l’amélioration du climat des affaires passe désormais autant par la simplification des procédures que par la capacité des citoyens, des artisans et des entrepreneurs à signaler les dysfonctionnements rencontrés au quotidien. Dans cette optique, la plateforme « Citoyen superviseur » est présentée comme un outil de réforme administrative autant que comme un instrument de participation citoyenne.
« Le citoyen est un partenaire dans le contrôle et la réforme, et l’administration est au service de la nation », conclut la FTAPME, qui voit dans le « Citoyen superviseur » un levier de réforme, de bonne gouvernance et de développement économique.
I.N.










