Face à la persistance des réseaux de contrebande, des filières de migration irrégulière et des menaces terroristes dans l’espace saharo-maghrébin, la Tunisie, la Libye et l’Algérie poursuivent le renforcement de leur coopération sécuritaire. Réunis mardi 16 juin 2026 à Tripoli, les responsables des trois pays ont tenu la deuxième réunion du groupe de travail tripartite chargé de la sécurisation des frontières communes.
Cette deuxième réunion du groupe de travail tripartite intervient dans un contexte marqué par la persistance des défis sécuritaires aux frontières communes des trois pays. Les responsables réunis à Tripoli ont notamment examiné les moyens de renforcer la coordination opérationnelle face aux menaces transfrontalières et d’améliorer les mécanismes de coopération existants.
Selon un communiqué publié par le ministère libyen de l’Intérieur, les discussions ont porté sur le développement de la coopération dans le domaine de la sécurisation des frontières, le renforcement de la coordination entre les services compétents ainsi que l’unification des efforts destinés à faire face aux défis sécuritaires communs.



Des défis transfrontaliers persistants
Les échanges ont principalement porté sur la lutte contre la criminalité organisée transnationale, le terrorisme et la migration irrégulière, des enjeux qui figurent depuis plusieurs années parmi les principales préoccupations sécuritaires des trois pays.
Les participants ont examiné les moyens d’intensifier la coopération opérationnelle et d’améliorer l’échange d’informations afin de renforcer l’efficacité des dispositifs de surveillance et de contrôle le long des frontières communes.
Ouvrant les travaux de la réunion, le sous-secrétaire du ministère de l’Intérieur aux Affaires publiques, le général de brigade Mahmoud Saeed, a souligné l’importance de cette rencontre dans le renforcement du partenariat sécuritaire entre les trois pays.
« Cette rencontre reflète la volonté de la Libye, de l’Algérie et de la Tunisie de renforcer la coopération sécuritaire commune et de développer les mécanismes de travail et de coordination de terrain afin d’atteindre les plus hauts niveaux de préparation face aux menaces et défis sécuritaires transfrontaliers », a-t-il déclaré.
Pour la Tunisie comme pour l’Algérie, la stabilisation de l’environnement sécuritaire libyen demeure un enjeu majeur de sécurité nationale. La longueur des frontières partagées, l’étendue des zones désertiques et la mobilité des réseaux criminels rendent indispensable une coordination étroite entre les différents services de sécurité des trois pays.
Une concertation appelée à s’inscrire dans la durée
Cette réunion s’inscrit dans une dynamique plus large de concertation régionale entre Tunis, Tripoli et Alger. Au cours des dernières années, les trois capitales ont multiplié les mécanismes de coordination autour des questions sécuritaires, migratoires et du développement des régions frontalières, avec l’objectif de construire des réponses communes à des problématiques qui dépassent largement les cadres nationaux.
La tenue de cette deuxième réunion témoigne ainsi de la volonté des trois États de pérenniser ce cadre de coopération et de renforcer progressivement les outils de coordination sur le terrain. Elle intervient dans un contexte régional où les questions de sécurité, de migration et de lutte contre les trafics illicites demeurent étroitement liées à la stabilité de l’ensemble du Maghreb.
Dans cet espace saharien où circulent hommes, marchandises et réseaux criminels au-delà des frontières administratives, la coopération sécuritaire apparaît plus que jamais comme l’un des principaux leviers de stabilité régionale.
I.N.












