La grève générale observée jeudi 18 juin 2026 par les avocats tunisiens continue de susciter des soutiens. Après la mobilisation des robes noires devant le palais de justice de Tunis, l’Union générale tunisienne du travail et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme ont publié deux communiqués distincts apportant leur appui au mouvement, tout en alertant sur ce qu’elles considèrent comme une remise en cause des garanties fondamentales de la justice.
Dans son communiqué, l’UGTT affirme soutenir « sans réserve » la grève générale décrétée par les avocats, estimant que leur combat dépasse la simple défense d’intérêts professionnels. La centrale syndicale considère que la mobilisation vise également à préserver le droit des justiciables à un procès équitable, le respect des procédures et les garanties de la défense.
L’organisation rejette par ailleurs « toute forme d’atteinte » à la profession d’avocat ou à son indépendance, rappelant que « la dignité de l’avocat est indissociable de celle de la justice ». Elle appelle les autorités à engager un dialogue avec les instances représentatives de la profession afin de résoudre la crise dans le respect des institutions et des lois.
La LTDH évoque un recul des garanties judiciaires
De son côté, la LTDH estime que la profession d’avocat constitue « l’un des piliers de la justice » et un rempart essentiel pour la protection des droits et des libertés. Elle juge que toute atteinte à l’indépendance des avocats compromet directement le droit des citoyens à bénéficier d’une justice indépendante et équitable.
L’organisation se dit également préoccupée par ce qu’elle décrit comme un recul des garanties du procès équitable et des droits de la défense. Selon elle, les revendications portées par les avocats dépassent largement le cadre corporatiste et concernent la préservation même de la justice ainsi que le droit des justiciables à un procès respectant les principes d’équité.
La Ligue appelle enfin les pouvoirs publics à ouvrir un véritable dialogue avec les représentants de la profession et à répondre à leurs revendications afin de préserver l’indépendance de la profession d’avocat et de renforcer son rôle dans la protection des droits et des libertés.
Une mobilisation qui dépasse les revendications professionnelles
Ces prises de position interviennent pendant une importante mobilisation des avocats devant le palais de justice de Tunis. Répondant à l’appel de l’Ordre national des avocats de Tunisie, les robes noires ont observé une grève générale, scandant des slogans en faveur des libertés publiques et dénonçant ce qu’elles qualifient de dérives de l’institution judiciaire.
Le mouvement trouve son origine dans les décisions prises lors de l’assemblée générale extraordinaire du 1er mai, au cours de laquelle les avocats avaient dénoncé la multiplication des violations procédurales, les atteintes aux droits de la défense et l’absence de réponse du ministère de la Justice à leur plateforme de revendications.
À mesure que le dialogue s’est enlisé, le conflit s’est progressivement déplacé du terrain strictement professionnel vers celui des principes. Pour le barreau, les enjeux concernent désormais l’indépendance de la justice, les garanties du procès équitable, les libertés publiques et, plus largement, la préservation de l’État de droit. Les soutiens affichés jeudi par l’UGTT et la LTDH témoignent que cette lecture est désormais partagée bien au-delà de la profession d’avocat.
M.B.Z











