Des silhouettes pressées contre des barreaux de fer. Des cadenas fermés à clé. On penserait à des détenus. Ce sont des reporters, des photographes, des cameramen.
Ce jeudi 18 juin 2026, à l’occasion de la grève générale des avocats, les journalistes venus couvrir le mouvement ont été empêchés d’accéder au palais de justice de Tunis. Désormais, c’est une habitude.
Jihene Elouati, membre du bureau directeur du Syndicat national des journalistes tunisiens, a dénoncé une atteinte à la liberté de la presse et au droit des citoyens à l’information. On la comprend.
Au-delà de l’incident du jour, la photographie dit quelque chose de plus large : la place accordée à la presse dans l’espace public rétrécit. Mettre en image ce rétrécissement n’a jamais été aussi simple.
Les barreaux n’ont pas été installés pour enfermer les journalistes. Mais ce jeudi 18 juin, ils ont parfaitement rempli cette fonction.
Plus inquiétant encore : cette image, qui aurait autrefois provoqué un scandale, est devenue aujourd’hui, sous ce régime autocratique, des plus banales.
R.B.H.










