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Ahmed Saïdani vote contre la levée de l’immunité de ses collègues : « Un Parlement fort, c’est un État fort »

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Par Sarra Hlaoui

    Alors que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a approuvé, mardi 23 juin 2026, les demandes de levée de l’immunité parlementaire de onze députés, à la suite de requêtes formulées par les élus eux-mêmes, le député Ahmed Saïdani s’est démarqué en annonçant avoir voté contre.

    Dans une publication diffusée sur Facebook après la séance plénière à huis clos, l’élu a détaillé les raisons de sa position, qu’il présente comme un choix politique et institutionnel.

    Un député dont le parcours récent a été marqué par une affaire judiciaire

    Le député a lui-même été récemment concerné par une procédure judiciaire. Il a en effet été remis en liberté le 26 mai 2026, après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle. L’élu avait été arrêté le 4 février 2026 dans le cadre de poursuites engagées à la suite de publications diffusées sur sa page Facebook, jugées susceptibles de porter atteinte à la personne du président de la République.

    La procédure avait été ouverte sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications, relatif à l’usage des réseaux publics de communication pour troubler la quiétude d’autrui.

    Hommage aux députés ayant renoncé à leur immunité

    Dans sa publication, Ahmed Saïdani commence par rappeler que les députés concernés par la levée d’immunité sont ceux qui ont eux-mêmes sollicité cette procédure afin de permettre la poursuite des démarches judiciaires engagées à leur encontre.

    Il affirme respecter cette démarche et salue la décision des élus concernés de se présenter devant la justice, estimant qu’il s’agit d’un choix responsable. Selon lui, le ministère de la Justice a transmis les dossiers dans le cadre de ses prérogatives, tandis que le Parlement a exercé sa mission institutionnelle sans se substituer à l’autorité judiciaire.

    « Mon vote contre est un choix politique »

    Le député explique avoir voté contre la levée d’immunité non pas en raison des dossiers en eux-mêmes, mais en raison du contexte politique entourant cette procédure.

    Selon lui, le débat autour de l’immunité parlementaire a pris une dimension « populiste », alimentant une lecture qu’il juge excessive et parfois injuste à l’égard de l’institution parlementaire.

    Il estime que cette dynamique contribue à fragiliser l’image de l’Assemblée et à réduire son rôle institutionnel à un enjeu de communication politique.

    Ahmed Saïdani élargit ensuite son propos à une lecture plus globale de la situation institutionnelle.

    Il affirme ne pas être surpris par les critiques de l’opposition à l’encontre du Parlement, mais se dit préoccupé par certaines positions émanant, selon lui, de soutiens du président de la République.

    Le député estime que l’affaiblissement du Parlement pourrait avoir des conséquences directes sur l’équilibre de l’État. Il défend l’idée selon laquelle « un Parlement fort signifie un État fort », tandis qu’un affaiblissement de l’institution législative entraînerait, selon lui, une fragilisation globale du système politique.

    Il met également en garde contre une personnalisation excessive du pouvoir, qui pourrait, selon lui, conduire à une personnalisation des responsabilités et des échecs politiques.

    « Le Parlement est un bouclier de l’État »

    Dans sa publication, le député décrit l’Assemblée comme un « bouclier de l’État », malgré les critiques dont elle fait l’objet.

    Il insiste sur la nécessité de protéger les institutions issues du cadre constitutionnel actuel, estimant que leur affaiblissement reviendrait à fragiliser l’ensemble de l’architecture étatique.

    Dans cette logique, il précise qu’il ne soutient une levée d’immunité que dans des cas particulièrement graves, notamment les affaires liées à des soupçons de complot contre la sûreté de l’État, d’enrichissement illicite, de blanchiment d’argent ou encore de crimes avérés à caractère moral.

    Une ligne politique entre soutien et institutionnalisme

    Élu dans un contexte politique marqué par un soutien au processus du 25 juillet 2021 et au président Kaïs Saïed, Ahmed Saïdani s’est progressivement distingué par des positions mettant en avant la nécessité de renforcer le rôle du Parlement.

    Ses interventions récentes traduisent une volonté affichée de défendre les prérogatives de l’Assemblée, qu’il considère comme un pilier essentiel de la stabilité institutionnelle.

    Sa dernière prise de position s’inscrit ainsi dans cette continuité, dans un contexte où la séance consacrée à la levée de l’immunité a suscité de nombreuses interrogations, notamment en raison de l’absence de communication officielle détaillée de la part de l’ARP sur les députés concernés.

    S.H

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