Dans la matinée de mardi 23 juin 2026, premier jour de la grève de trois jours dans le secteur bancaire et des assurances, le secrétaire général de la Fédération générale des banques, des institutions financières et des compagnies d’assurance, Sami Salhi, est revenu sur la polémique suscitée par le communiqué du Conseil bancaire évoquant une retenue sur les salaires des grévistes.
Dans une déclaration à Jawhara FM, le syndicaliste a vivement réagi à ce qu’il considère comme une « escalade » dans le conflit social. Il a dénoncé le communiqué, estimant qu’il s’agit d’un texte « non responsable » et porteur, selon lui, de « menaces et d’intimidation » à l’égard des agents du secteur. L’annonce de retenues sur salaires en cas de participation à la grève contribue, à son sens, à « envenimer la situation » plutôt qu’à ouvrir la voie au dialogue.
Sami Salhi a rappelé que le mouvement de protestation, initialement prévu sur deux jours, avait été élargi à trois jours, en raison de l’absence d’avancée dans les négociations, dénonçant un contexte de tensions prolongées avec les autorités de tutelle et les structures patronales du secteur.
Selon lui, aucun accord n’a été trouvé entre la partie syndicale et le Conseil bancaire et financier, malgré les appels répétés à la reprise des discussions. Sami Salhi a rappelé que les revendications portaient principalement sur l’application d’une augmentation salariale au titre de l’année 2025, déjà promise, mais toujours non concrétisée.
Le secrétaire général a également contesté certaines interprétations juridiques relayées dans les médias, notamment celles liées au décret n°68, affirmant que ce texte ne concerne pas, selon lui, les augmentations revendiquées pour 2025. Il a accusé par ailleurs certaines parties d’« entretenir la confusion » autour du dossier salarial.
Dans un ton particulièrement ferme, Sami Salhi a estimé que le conflit actuel dépassait la seule question des salaires, évoquant une tentative de pousser à l’escalade sociale, tout en rejetant toute responsabilité sur la Fédération syndicale. Selon lui, la décision de recourir à la grève est la conséquence directe de l’absence de dialogue et du refus de tenir de véritables séances de négociation.
Notant que le droit de grève est « un droit légal et constitutionnel » que les travailleurs exercent pour défendre leurs acquis, le syndicaliste a souligné que les employés du secteur bancaire avaient, malgré la tension, assuré la continuité minimale des services afin de permettre notamment le versement des salaires, des pensions de retraite, et le fonctionnement des opérations essentielles.
Sami Salhi a enfin lancé un appel aux autorités publiques, les exhortant à intervenir rapidement pour désamorcer la crise. Il a notamment interpellé le ministère des Affaires sociales, estimant que l’absence d’intervention risque de prolonger le conflit. « Nous sommes des partisans du dialogue et du droit », a-t-il affirmé, tout en réitérant la disponibilité de la Fédération à reprendre les négociations sans conditions préalables.
N.J











