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La LTDH condamne les lourdes peines prononcées contre Sihem Bensedrine et Khaled Krichi

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Par Sarra Hlaoui

    La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a vivement dénoncé les condamnations prononcées contre l’ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), Sihem Bensedrine, et l’ancien membre de l’Instance, Khaled Krichi, estimant qu’elles constituent une atteinte à la justice transitionnelle et aux défenseurs des droits humains.

    Dans un communiqué publié vendredi, la Ligue condamne ce qu’elle qualifie de « jugements iniques », faisant référence aux peines de 25 ans de prison infligées à Sihem Bensedrine et de 10 ans de prison prononcées contre Khaled Krichi.

    « Une attaque contre la justice transitionnelle »

    Pour la LTDH, ces condamnations représentent « une attaque directe contre les figures de la justice transitionnelle » et s’inscrivent dans une nouvelle tentative de faire taire les voix indépendantes engagées dans la défense des droits humains.

    « La vérité ne sera pas emprisonnée et la justice transitionnelle ne sera pas enterrée », affirme l’organisation dans son communiqué.

    Retour sur les condamnations

    Ces réactions interviennent au lendemain du verdict rendu par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis.

    Le tribunal a condamné Sihem Bensedrine à une peine totale de 25 ans de prison dans deux affaires distinctes portant sur la gestion de l’Instance Vérité et Dignité et sur le dossier de la Banque franco-tunisienne (BFT). Les juges lui ont également retenu des accusations de faux, usage de faux et détention de documents falsifiés, qui ont entraîné une peine supplémentaire de quinze ans, portant le total à vingt-cinq ans d’emprisonnement.

    Khaled Krichi a, pour sa part, été condamné à deux peines de cinq ans de prison, soit un total de dix ans, dans les deux dossiers examinés.

    Les deux affaires impliquaient également l’ancien ministre des Domaines de l’État Mabrouk Korchid, l’homme d’affaires Slim Chiboub ainsi qu’Abdelmajid Bouden, qui ont également été condamnés à des peines de prison, assorties de lourdes amendes et d’obligations de restitution au profit de l’État.

    La prise de position de la LTDH est l’une des premières réactions d’une organisation nationale de défense des droits humains après ces condamnations, qui ont relancé le débat autour du bilan de l’Instance Vérité et Dignité et de l’avenir de la justice transitionnelle en Tunisie.

    S.H

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