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« Ni l’avocat un avocat, ni l’accusé un accusé » : Mohamed Abbou appelle au boycott des procès politiques

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Par Raouf Ben Hédi

    L’ancien ministre et avocat Mohamed Abbou a lancé, mardi 30 juin 2026, un appel inédit aux personnes poursuivies dans des affaires à caractère politique. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, il estime que le moment est venu de ne plus reconnaître la légitimité de ces procès, appelant les accusés à refuser de comparaître devant les tribunaux et leurs avocats à cesser de plaider le fond des dossiers.

    Cette prise de position intervient dans le sillage de la condamnation du journaliste Zied El Heni, dont l’état de santé, selon sa défense, s’est fortement dégradé lors de son transfert au tribunal.

    Zied El Heni, le déclencheur

    Mohamed Abbou révèle que Zied El Heni lui avait demandé, dès son audition lors de l’enquête préliminaire et avant même la décision de son placement en détention, de ne pas évoquer publiquement sa maladie. Le journaliste ne souhaitait pas susciter la compassion, une volonté que ses proches ont, selon lui, respectée.

    Aujourd’hui, explique toutefois l’ancien ministre, la question n’est plus celle de cette maladie. Il affirme que le journaliste a subi un épuisement important après son arrivée au tribunal vers 14 heures, en pleine chaleur, à l’issue d’un transport carcéral dont il dénonce les conditions. Avant même la visite de sa famille, son avocate aurait constaté une fatigue extrême ainsi que des difficultés d’élocution. Mohamed Abbou rappelle par ailleurs que Zied El Heni souffre d’hypertension artérielle.

    L’avocat s’attarde également sur le dossier relatif à la régularisation d’un terrain à Carthage, alors que Zied El Heni siégeait au sein de la délégation spéciale de la municipalité. Selon lui, aucun élément du dossier ne démontre que le journaliste a personnellement approuvé la régularisation, la vente ou tout autre acte qui lui est aujourd’hui reproché, indépendamment de la qualification pénale des faits.

    Il rappelle également que, lors de l’audience de vendredi dernier, Zied El Heni avait tenu à ce que ses avocats assurent pleinement sa défense dans une autre affaire, celle liée à « l’atteinte à autrui », ouverte après ses révélations sur une arrestation ayant conduit au décès d’un officier de la Garde nationale et à l’emprisonnement d’un journaliste pendant trois ans et demi, avant que ce dernier ne soit finalement acquitté faute d’un des éléments constitutifs de l’infraction.

    « Les procès politiques ne doivent plus être reconnus »

    Partant de ce constat, Mohamed Abbou estime qu’il est désormais temps de changer de stratégie face à ce qu’il considère comme des procès à caractère politique.

    Il appelle les personnes poursuivies dans ce type d’affaires à refuser d’être extraites de prison pour comparaître devant les tribunaux et à ne plus répondre aux questions des magistrats. Dans le même temps, il invite les avocats à abandonner la défense sur le fond des dossiers pour se limiter à dénoncer l’absence de légitimité de ces procédures, tout en portant le débat devant l’opinion publique.

    Pour justifier cette position, l’ancien ministre emploie des termes particulièrement sévères à l’égard de l’institution judiciaire.

    « Dans ces affaires, que tout le monde le sache : ni l’avocat n’est un avocat, ni le juge un juge, ni l’accusé un accusé », écrit-il.

    Mohamed Abbou indique enfin que des discussions sont actuellement en cours entre plusieurs avocats sur l’opportunité de publier les décisions des chambres d’accusation et les jugements afin de permettre à l’opinion publique d’en apprécier le contenu. Il précise qu’il reviendra ultérieurement sur cette question, qu’il qualifie de délicate.

    Par cet appel, l’ancien ministre franchit un nouveau cap dans sa critique du fonctionnement de la justice dans les dossiers à dimension politique. Au-delà du cas de Zied El Heni, il invite désormais les accusés et leurs défenseurs à ne plus reconnaître la légitimité de ces procès, estimant que le débat doit désormais se déplacer du prétoire vers l’opinion publique.

    R.B.H

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    4 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      2 juillet 2026 | 18h21

      À MON AVIS, TOMBÉ DANS L’OUBLI

      ce looser, cet incapable qui est à des années-lumière d’exercer à un poste politique, veut retrouver son ancien statut, « sa splendeur », hérité à l’époque du très très médiocre et provisoire tartour, Marzoukiki le morfale.
      N’ayant pas les *ouilles assez solides pour oser affronter l’atmosphère actuelle, il essaie en vain, divers subterfuges pour y parvenir.
      C’est pour se remettre dans le bain, qu’il propose le boycott des procès politiques.
      Il veut déblayer le terrain, avant de ressurgir !
      Ainsi, le risque zéro sera de vigueur !
      Yaaa Abbou, je te conseille de te contenter de ce que tu as, en bénissant Rabbi, jour et nuit, pour ne pas avoir encore été convoqué pour rendre compte de tes fiascos post-2011

    2. A4

      Répondre
      1 juillet 2026 | 10h35

      Souvenirs, souvenirs …

      A BOUT
      Ecrit par A4 – Tunis, le 14 Septembre 2017

      Hier j’ai vu une mascarade
      Où une poulette était à bout
      Elle courait, faisait la parade
      Tantôt assise, souvent debout
      Lançant insultes et pétarades
      Aux coqs, dindes et vieux hiboux

      La grosse poulette était nerveuse
      Criait en boucle le même chant
      Et sa chorale toute joyeuse
      La soutenait en bégayant
      Suivait sa cheftaine aboyeuse
      Dans une ambiance bon enfant

      Ce n’était pas une basse-cour
      Ou une soirée de grande cuite
      Ce n’est pas non plus un concours
      De folie et mauvaise conduite
      C’est l’assemblée des grands discours
      Où la racaille se croit élite

      C’est l’assemblée des députés
      Issus des grandes élections
      Que vous payer pour discuter
      Et vous trouver des solutions
      Méritent-ils, ces effrontés
      Autre chose que dissolution ?

    3. Tunisino

      Répondre
      30 juin 2026 | 21h19

      Abbou, un bac libre lettres qui s’est converti en une compétence extrême! Un parcours nul qui se confirme chaque jour, après il ne faut pas se demander pourquoi la Tunisie manque du savoir réfléchir!

      • Citoyen_H

        Répondre
        30 juin 2026 | 23h07

        ALLAH YARHAM WÉLDIK,

        « qui s’est converti en une compétence extrême ! »

        Si on devait redéfinir le terme « opportunisme », pour une remise à niveau, le groupe de mot « Abou & Abbou », serait le choix le plus consensuel !
        Des nullards, comme on n’en produit plus.
        La troika engendra la plus grande concentration de phénomènes de foires de tous les temps.
        C’est, à mille pour cent, grâce à la protection du DIVIN que la Tunisie existe encore de nos jours !

    Répondre

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