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Réduction des risques liés au tabac : pourquoi une information scientifique est essentielle

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    L’accès à une information claire, transparente et fondée sur des données scientifiques est une condition essentielle pour permettre aux consommateurs de prendre des décisions éclairées en matière de tabagisme. C’est le principal message qui s’est dégagé d’une table ronde organisée à Rabat dans le cadre de Technovation 2026, consacrée à la place du consommateur dans les politiques de réduction des risques liés au tabac.

    Réunissant des représentants des médias, des associations de consommateurs et des spécialistes des politiques publiques, les échanges ont mis en avant le rôle de l’information scientifique dans la lutte contre la désinformation, tout en soulignant que les choix des consommateurs devaient être accompagnés par une communication accessible et rigoureuse.

    « Un véritable désert informationnel »

    Directeur de publication et de la rédaction d’Aujourd’hui Le Maroc, Saâd Benmansour a livré un témoignage personnel sur son parcours de fumeur et de journaliste.

    Il a expliqué qu’au moment où il a commencé à fumer, il n’avait pratiquement accès à aucune information sur les risques liés au tabagisme, hormis les avertissements figurant sur les paquets de cigarettes ou les campagnes ponctuelles organisées à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac.

    « Pendant longtemps, j’ai évolué dans un véritable désert informationnel », a-t-il résumé.

    Selon lui, c’est en découvrant les travaux de recherche consacrés au tabac chauffé, lors d’une visite du centre de recherche de Philip Morris International à Neuchâtel en 2016, qu’il a pris conscience du rôle central de la combustion dans la nocivité de la cigarette.

    Cette expérience, a-t-il expliqué, illustre l’importance de rendre les connaissances scientifiques compréhensibles pour le grand public. « Les chercheurs produisent des données fondées sur les preuves ; le rôle des journalistes est de les vulgariser sans les déformer », a-t-il affirmé.

    Il a également appelé les médias à privilégier la rigueur scientifique plutôt que le sensationnalisme sur les sujets de santé publique, estimant que leur mission ne se limite plus à informer, mais consiste aussi à expliquer les mécanismes permettant aux citoyens de se forger leur propre opinion.

    Le droit à l’information, préalable au libre choix

    Président de la Fédération des associations de consommateurs du Maroc, Ouadia Madih a rappelé que le droit à l’information constitue l’un des principes fondamentaux de la protection des consommateurs.

    Selon lui, un consommateur ne peut exercer sa liberté de choix que s’il dispose d’informations complètes, fiables, vérifiables et objectives sur les produits qui lui sont proposés.

    Évoquant les produits alternatifs au tabac, il a estimé qu’ils devaient être soumis aux mêmes exigences de transparence que n’importe quel autre produit de consommation, notamment en ce qui concerne leur composition, leurs caractéristiques et les conditions de leur fabrication.

    Il a également relevé que le Maroc s’est récemment doté d’un cadre réglementaire encadrant ces produits. L’enjeu est désormais, selon lui, de faire sortir l’information du cercle des experts afin qu’elle soit relayée par les associations de consommateurs, les organisations de la société civile et les médias.

    Des politiques publiques fondées sur les comportements réels

    Directeur principal des politiques publiques au sein du think tank américain R Street, Mazen Saleh a défendu une approche de réduction des risques fondée sur les comportements réels des consommateurs.

    Selon lui, les politiques publiques doivent tenir compte du fait que tous les fumeurs ne sont pas prêts ou capables d’arrêter immédiatement de fumer. Les stratégies de santé publique devraient donc accompagner ces personnes tout au long de leur parcours, en leur garantissant l’accès à une information scientifique fiable ainsi qu’à des alternatives présentant un niveau de risque moindre.

    Il a également insisté sur la nécessité de distinguer les différents produits contenant de la nicotine en fonction de leur niveau réel de risque, plutôt que de les soumettre à une réglementation uniforme.

    S’appuyant sur l’exemple des États-Unis, il a estimé que les restrictions excessives sur certains produits alternatifs ne faisaient pas disparaître la demande, mais la déplaçaient vers d’autres marchés, voire vers des circuits non réglementés échappant aux contrôles sanitaires.

    Mieux informer pour mieux protéger

    Les intervenants ont enfin souligné que les pouvoirs publics avaient un rôle central à jouer dans la protection des consommateurs, notamment à travers le contrôle de la qualité des produits mis sur le marché et la lutte contre la contrebande et les produits contrefaits.

    Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé : améliorer la qualité de l’information constitue un levier essentiel pour renforcer l’autonomie des consommateurs et leur permettre de prendre des décisions éclairées.

    Les participants ont également insisté sur la responsabilité des médias, appelés à traduire les données scientifiques dans un langage accessible, sans simplification excessive ni traitement sensationnaliste, afin de contribuer à une meilleure compréhension des enjeux de santé publique.

    R.B.H

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