Le drame est désormais total. Après la mort de la jeune femme brûlée vive dans les environs de Bouhajla, dans le gouvernorat de Kairouan, l’homme soupçonné de l’avoir agressée est décédé à son tour des suites de ses graves brûlures, selon les informations rapportées par Mosaïque FM, jeudi 2 juillet 2026.
L’auteur présumé s’était immolé par le feu quelques instants après avoir, selon les premiers éléments de l’enquête, intercepté la victime sur la route, forcé son véhicule à s’arrêter, puis l’avoir aspergée d’une substance inflammable avant d’y mettre le feu.
Transportés dans un état critique à l’unité des grands brûlés de l’hôpital universitaire Ibn El Jazzar de Kairouan, les deux protagonistes n’ont finalement pas survécu à leurs blessures. La jeune femme est décédée mercredi 1er juillet, suivie quelques heures plus tard par son agresseur présumé.
Le parquet poursuit son enquête afin d’établir avec précision le déroulement des faits et d’en déterminer le mobile. Les premiers éléments évoquent un différend entre les deux personnes, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait encore été apportée sur la nature de leur relation ou sur les circonstances exactes ayant conduit à ce passage à l’acte.
Un nouveau féminicide qui ravive les inquiétudes
Au-delà du drame de Kairouan, cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur la multiplication des violences extrêmes visant les femmes en Tunisie. D’une brutalité exceptionnelle, ce crime vient allonger une liste déjà trop longue de féminicides qui, année après année, continuent de choquer l’opinion publique.
Malgré un arsenal juridique renforcé destiné à protéger les victimes de violences, les chiffres demeurent alarmants. Trente féminicides ont été recensés en 2025, illustrant la persistance d’un phénomène qui continue d’inquiéter les associations de défense des droits des femmes.
Poignardées, étranglées, battues à mort, abattues par balle, défenestrées ou brûlées vives, les victimes sont le plus souvent tuées par un conjoint, un ancien compagnon ou un homme de leur entourage. Derrière ces crimes se retrouvent fréquemment les mêmes mécanismes : violences répétées, menaces, emprise, conflits familiaux ou incapacité à accepter une séparation.
Le mois dernier encore, un autre féminicide avait bouleversé le gouvernorat du Kef. Une jeune femme y avait été mortellement percutée par son propre frère, un drame qui rappelait déjà l’extrême violence que peuvent revêtir ces crimes.
Avec la mort de l’agresseur présumé, l’affaire de Kairouan se referme sur le plan humain. Mais elle laisse derrière elle une famille endeuillée, de nombreuses zones d’ombre et une question qui revient après chaque tragédie : combien de femmes devront encore perdre la vie avant que cette spirale meurtrière ne soit véritablement endiguée ?
N.J












