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« Le Rio n’est pas seul » : la société civile pointe les pressions contre les espaces culturels indépendants

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Par Raouf Ben Hédi

    L’affaire du Ciné-Théâtre Le Rio prend une nouvelle ampleur. Au lendemain des révélations de l’établissement sur les mesures qu’il attribue au ministère des Affaires culturelles : suppression de subventions, fermeture de son café, menaces d’exclusion de grands rendez-vous culturels et contrôles administratifs répétés, plusieurs organisations de la société civile ont publié un communiqué commun dénonçant ce qu’elles considèrent comme une campagne de pression contre l’un des derniers espaces culturels indépendants du pays.

    Parmi les signataires figurent notamment la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), la Coalition Soumoud, l’Organisation tunisienne contre la torture (OCTT) ainsi que plusieurs autres associations tunisiennes.

    « Le Rio n’est pas seul »

    Dans leur communiqué, les organisations affichent leur « solidarité totale » avec Le Rio et, plus largement, avec l’ensemble des espaces culturels indépendants.

    Elles estiment que les mesures dénoncées par la direction de la salle ne peuvent être analysées isolément, mais s’inscrivent dans « un contexte plus large de restrictions visant les espaces indépendants qui accueillent le débat public ainsi que les activités culturelles, politiques et de défense des droits humains ».

    Selon les signataires, Le Rio est devenu, à mesure que les espaces de liberté se réduisent, l’un des derniers lieux accueillant les activités des partis politiques d’opposition, des organisations de défense des droits humains, des associations et des initiatives culturelles indépendantes.

    « Une atteinte aux libertés »

    Les organisations vont plus loin en estimant que ce qu’elles qualifient de ciblage du Rio dépasse le cadre d’un simple différend administratif.

    À leurs yeux, il s’agit d’une atteinte directe à plusieurs libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, la liberté de création, la liberté de réunion et le droit de participer à la vie culturelle, des droits garantis, rappellent-elles, par la Constitution tunisienne et les conventions internationales ratifiées par la Tunisie.

    Un appel à mettre fin aux pressions

    Les signataires réclament la fin des « pressions administratives, financières et politiques » qu’ils estiment exercées contre les espaces culturels indépendants.

    Ils demandent également le versement des subventions publiques selon des critères transparents et équitables, sans considérations politiques, tout en rappelant que l’indépendance des espaces culturels constitue, selon eux, une condition essentielle à l’existence d’une vie démocratique.

    Enfin, ils appellent les organisations nationales, les syndicats, les artistes, les intellectuels et l’ensemble des forces démocratiques à se mobiliser pour défendre les espaces de liberté, estimant que leur affaiblissement annoncerait « un recul supplémentaire des libertés publiques » et compromettrait le pluralisme démocratique.

    R.B.H

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    Commentaire

    1. Gg

      Répondre
      3 juillet 2026 | 6h32

      « Le Rio est devenu, à mesure que les espaces de liberté se réduisent, l’un des derniers lieux accueillant les activités des partis politiques d’opposition, des organisations de défense des droits humains, des associations »

      « et des initiatives culturelles indépendantes. »

      En coupant la phrase en deux, on voit qu’il y a un gros mélange des genres.
      Par exemple, en quoi l’association Soumoud est-elle culturelle?
      Dès lors on comprend que le pouvoir ne subventionne pas.

    Répondre

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