La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) est montée au créneau après les condamnations prononcées contre Ajmi Lourimi et Elyes Chaouachi. Dans un communiqué publié samedi 4 juillet 2026, l’organisation a dénoncé des peines qu’elle juge « sévères » et exprimé de vives inquiétudes quant au respect des garanties d’un procès équitable.
La Ligue estime que les jugements rendus à l’encontre du secrétaire général du mouvement Ennahdha, Ajmi Lourimi, et de l’activiste politique Elyes Chaouachi soulèvent « une préoccupation sérieuse concernant le respect des garanties du procès équitable et de la présomption d’innocence ».
Elle réaffirme également son rejet de « toute instrumentalisation de la justice dans les affaires à caractère politique » et insiste sur la nécessité de préserver l’indépendance de la magistrature ainsi que les droits et libertés fondamentaux.
Cette prise de position intervient au lendemain de deux décisions judiciaires qui ont suscité de nombreuses réactions.
Vendredi 3 juillet, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné Ajmi Lourimi à trois ans de prison. Son coaccusé, Mossâab Gharbi, a écopé de la même peine. Les deux hommes étaient poursuivis dans une affaire ouverte après leur interpellation en juillet 2024, alors qu’ils se trouvaient en compagnie de Mohamed Ghannoudi, militant d’Ennahdha recherché par le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.
Le même jour, Elyes Chaouachi a également été condamné à quinze ans de prison dans une nouvelle affaire fondée sur la loi antiterroriste. Installé en France, le militant a annoncé lui-même ce jugement samedi, affirmant que le cumul des peines prononcées contre lui atteint désormais 95 ans et huit mois. Il considère ces poursuites comme étant motivées par ses positions politiques et ses critiques récurrentes du pouvoir.
Par son communiqué, la LTDH rejoint ainsi les voix qui s’inquiètent de la multiplication des poursuites visant des opposants et des militants, un sujet qui continue d’alimenter le débat sur l’état des libertés publiques et de l’indépendance de la justice en Tunisie.
R.B.H













2 commentaires
Gg
Etrange article…
Vous dites « ….Les deux hommes étaient poursuivis dans une affaire ouverte après leur interpellation en juillet 2024, alors qu’ils se trouvaient en compagnie de Mohamed Ghannoudi, militant d’Ennahdha recherché par le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme ».
Si cela est avéré, on ne peut conclure qu’il s’agit de simples « opposants et militants ».
Donc quelle est la vérité ?
Fares
سبورة التاريخ
Des jugements qui seront écrits avec des lettres d’or sur le tableau de l’histoire! Ce pays est devenu n’importe quoi, il faut absolument que des personnes responsables, patriotes et rationnels interviennent. Cette mascarade a bien trop duré. Nous parlons d’un pays et de 12 millions de citoyens ce n’est pas un jouet.