La multiplication des agressions visant les professionnels de la santé continue de susciter une vive inquiétude. Au lendemain de la mobilisation des jeunes médecins, le Conseil national de l’Ordre des médecins est monté à son tour au créneau, dénonçant avec fermeté les violences commises ces derniers jours contre des praticiens dans l’exercice de leurs fonctions.
Dans un communiqué publié samedi 4 juillet 2026, l’instance ordinale condamne « avec la plus grande fermeté » ces actes, estimant qu’ils portent atteinte non seulement à l’intégrité physique et morale des médecins, mais également aux conditions indispensables à l’exercice de la médecine et à la continuité du service public de santé.
« Protéger les soignants, c’est protéger les patients »
L’Ordre des médecins insiste sur le fait que la sécurité des professionnels de santé ne relève ni d’un privilège corporatiste ni d’une revendication catégorielle.
Selon lui, assurer la protection des médecins, des infirmiers et de l’ensemble des personnels de santé constitue une obligation légale et institutionnelle, mais aussi une condition essentielle pour garantir la sécurité des patients, le bon fonctionnement des établissements de soins et la continuité des prestations sanitaires.
« Défendre la sécurité des médecins et des professionnels de santé, c’est défendre la sécurité des patients et protéger le droit à la santé », résume le communiqué.
L’Ordre exige des poursuites judiciaires
Face à la recrudescence des violences, le Conseil national de l’Ordre affiche sa solidarité avec les médecins agressés et appelle les autorités à appliquer la loi « avec toute la rigueur nécessaire » contre les auteurs de ces actes.
L’instance réclame également l’ouverture d’enquêtes judiciaires afin d’identifier les responsabilités et de traduire les agresseurs en justice, estimant que l’impunité ne ferait qu’encourager la répétition de ces incidents au détriment de la qualité des soins et de la dignité des professionnels.
L’Ordre annonce par ailleurs qu’il assurera, dans le cadre de ses prérogatives, un accompagnement juridique aux médecins victimes d’agressions afin de préserver leurs droits.
Un plan national de sécurisation des établissements de santé
Au-delà des réactions immédiates, l’Ordre appelle les pouvoirs publics à mettre en place, sans délai, un véritable programme national de sécurisation des établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés.
Parmi les mesures proposées figurent un meilleur contrôle des accès aux structures de soins, le renforcement des dispositifs de protection, la mise en place de procédures claires de signalement et d’intervention, ainsi qu’une stratégie nationale de prévention et de lutte contre les violences en milieu hospitalier.
Une mobilisation qui prend de l’ampleur
Cette prise de position intervient dans un contexte de forte tension au sein du secteur de la santé. Plus tôt dans la journée de samedi, les jeunes médecins avaient annoncé une série de mouvements de protestation après plusieurs agressions survenues dans différents établissements hospitaliers du pays.
Ils avaient notamment dénoncé une dégradation préoccupante des conditions d’exercice et appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour garantir la sécurité des personnels soignants. La réaction de l’Ordre des médecins vient ainsi renforcer la pression exercée sur les pouvoirs publics, désormais interpellés par l’ensemble des composantes de la profession pour enrayer un phénomène devenu récurrent.
S.H










