Le verdict est tombé mardi 7 juillet 2026. La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le tribunal de première instance de Tunis a condamné, en première instance et en présence de l’accusé, l’avocat et ancien candidat à l’élection présidentielle Samir Abdelli à 18 ans de prison.
Interpellé en 2024 puis placé sous mandat de dépôt, Samir Abdelli était poursuivi pour des accusations liées à des infractions à caractère terroriste et au blanchiment d’argent. Après plusieurs mois d’instruction et de procédures, la juridiction spécialisée a rendu son jugement dans la soirée de mardi.
Des peines pour deux collaborateurs
Le tribunal n’a pas uniquement statué sur le sort de Samir Abdelli. Son chauffeur personnel a été condamné à trois ans de prison, tandis que sa secrétaire, qui comparaissait en état de liberté, a écopé de deux ans d’emprisonnement.
Les trois prévenus étaient poursuivis dans le même dossier.
Un renvoi devant la chambre criminelle après l’instruction
Avant l’ouverture du procès, la chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de terrorisme près la cour d’appel de Tunis avait ordonné le renvoi de Samir Abdelli, de son chauffeur et de sa secrétaire devant la chambre criminelle spécialisée afin qu’ils soient jugés pour des faits qualifiés de crimes à caractère terroriste ainsi que pour des faits de blanchiment d’argent.
Le jugement rendu ce mardi l’a été en première instance. Il reste donc susceptible d’appel, conformément aux voies de recours prévues par la loi.
S.H












Commentaire
Roberto Di Camerino
Je ne connais pas ce monsieur, mais je suis profondément révolté par cette lourde condamnation. Dix-huit ans de prison pour un délit financier ? Le blanchiment d’argent est devenu l’accusation idéale : facile à coller, mais souvent très difficile à réfuter.
Désormais, le scénario est bien rodé : vous affichez des ambitions politiques ou vous dérangez le pouvoir ? Vous êtes traduit en justice, soit pour « atteinte à la sûreté de l’État », soit pour « blanchiment d’argent ».
Quant aux juges qui prononcent ces peines d’une sévérité exceptionnelle, ils devront, le moment venu, répondre de leurs décisions devant une justice indépendante et impartiale. Nul ne devrait être au-dessus de la loi, pas même ceux qui sont chargés de l’appliquer.