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Équivalence des diplômes : les médecins tunisiens d’Allemagne contestent la position du ministère

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Par Myriam Ben Zineb

    L’Association des médecins tunisiens en Allemagne a vivement réagi à la réponse du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique concernant l’équivalence des diplômes des médecins tunisiens formés à l’étranger. Dans un communiqué publié mardi 7 juillet 2026, elle qualifie cette réponse de « succincte et sélective » et appelle à une refonte du système d’équivalence dans le cadre d’une stratégie nationale visant à attirer les compétences médicales tunisiennes établies en Allemagne.

    L’association a apporté plusieurs précisions sur le système de spécialisation allemand. Elle rappelle que le médecin tunisien qui achève sa formation en Allemagne obtient un diplôme de spécialité allemand, reconnu au niveau européen.

    Elle souligne que ce diplôme est délivré par le Conseil des médecins du Land concerné, une pratique qui, selon elle, correspond aux standards en vigueur dans la majorité des systèmes médicaux internationaux. Elle estime ainsi que la qualification de ce titre en « certificat de compétence » par le ministère de l’Enseignement supérieur est « trompeuse » et ne reflète ni sa valeur ni sa reconnaissance internationale.

    L’association critique également l’interprétation du ministère de l’article 16 de l’arrêté de 2023 relatif aux équivalences. Selon elle, le texte prévoit que les médecins « peuvent » être dispensés de certaines procédures après cinq années d’exercice, une formulation qui laisse une large marge d’appréciation à l’administration sans critères uniformes.

    Dans ce contexte, elle revendique une reconnaissance immédiate et automatique du diplôme allemand de spécialité, sans condition de cinq années d’exercice et sans examen d’évaluation. Elle propose toutefois la mise en place d’une courte période d’adaptation, limitée à six mois au maximum, afin de permettre aux médecins de se familiariser avec les protocoles en vigueur en Tunisie, sans remettre en cause leur qualification.

    Enfin, l’association plaide pour la reconnaissance de formes d’exercice partagé entre la Tunisie et l’Allemagne, à travers des missions régulières, la supervision à distance, les avis médicaux spécialisés ou encore la coopération universitaire. Une telle approche permettrait, selon elle, de faire des médecins de la diaspora un levier durable de coopération scientifique et économique, plutôt que de les contraindre à choisir entre un retour définitif ou une installation permanente à l’étranger.

    Un débat relancé par une réponse du ministère

    Cette réaction intervient quelques jours après la publication de la réponse du ministère de l’Enseignement supérieur à une question écrite du député Mohamed Ali sur les conditions d’équivalence des diplômes des médecins tunisiens formés à l’étranger.

    Dans sa réponse, datée du 1er juillet 2026, le ministère rappelle que le cadre réglementaire actuel permet déjà d’obtenir une équivalence sans examen ni formation complémentaire, à condition que le médecin justifie d’au moins cinq années d’exercice effectif après l’obtention de son diplôme de spécialité. Cette disposition, introduite par l’arrêté ministériel du 10 octobre 2023 à l’issue d’un processus de concertation engagé dès 2018 avec le ministère de la Santé, les facultés de médecine et l’Ordre des médecins, est déjà appliquée par la commission sectorielle chargée des équivalences.

    Le département avait également souligné que plusieurs médecins spécialisés en Allemagne avaient déjà bénéficié de cette procédure, tout en rappelant que le système allemand ne délivre pas un diplôme universitaire national de spécialité, mais un titre émis par les Conseils des médecins des différents Länder.

    Un enjeu majeur pour les hôpitaux tunisiens

    La question de l’équivalence des diplômes des médecins tunisiens exerçant à l’étranger revient régulièrement dans le débat public, dans un contexte marqué par la pénurie persistante de spécialistes dans les établissements hospitaliers publics et par la poursuite de l’émigration des compétences médicales.

    Le député Mohamed Ali avait d’ailleurs relayé, dans sa question parlementaire, une proposition portée depuis plus d’un an par l’Association des médecins tunisiens en Allemagne, en partenariat avec l’Organisation tunisienne des jeunes médecins. Soutenue par une pétition signée par plus d’une centaine de praticiens et transmise à la présidence de la République, cette initiative vise à assouplir davantage les conditions d’équivalence afin de faciliter le retour des médecins de la diaspora et de répondre aux difficultés de recrutement auxquelles sont confrontés plusieurs hôpitaux tunisiens.

    M.B.Z

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