Une nouvelle audience s’est tenue ce vendredi 10 juillet 2026 devant la chambre criminelle de première instance spécialisée dans les affaires de terrorisme dans le dossier de l’enregistrement audio attribué au dirigeant d’Ennahdha Monder Ounissi et à la journaliste Chahrazed Akacha. Parmi les prévenus figure le journaliste Zied El-Heni, poursuivi pour des faits que sa défense présente comme relevant exclusivement de son travail journalistique.
De témoin à accusé
L’affaire remonte à 2024, lorsque Zied El-Heni avait évoqué, au cours d’une émission de radio, les démarches entreprises pour vérifier l’authenticité d’un enregistrement audio largement relayé sur les réseaux sociaux. Le journaliste avait expliqué avoir contacté les deux personnes concernées dans le cadre de son obligation professionnelle de recouper les informations avant leur diffusion.
Convoqué en mars 2024 pour être entendu comme témoin, il s’est ensuite retrouvé poursuivi en tant qu’accusé.
Quatre accusations à caractère terroriste
Le journaliste est renvoyé devant la justice sous quatre chefs d’accusation à caractère terroriste, une qualification vivement contestée par ses avocats, qui estiment que les faits reprochés relèvent de l’exercice normal du métier de journaliste.
Cette procédure continue d’alimenter le débat sur le recours à la législation antiterroriste dans des dossiers impliquant des professionnels des médias.
Une audience tenue dans des circonstances contestées
Selon le comité de soutien à Zied El-Heni, ni son équipe de défense ni sa famille n’auraient été informées de la tenue de l’audience. Plus surprenant encore, le journaliste n’aurait pas été transféré au tribunal, sans qu’aucune explication officielle n’ait été communiquée.
Ces circonstances nourrissent les interrogations sur le déroulement de la procédure et les garanties accordées aux droits de la défense.
Une affaire qui dépasse le cas de Zied El Heni
Au fil des mois, le dossier est devenu emblématique des préoccupations exprimées par plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse. Pour les soutiens du journaliste, le fait qu’une démarche de vérification de l’information puisse conduire à des poursuites fondées sur la législation antiterroriste constitue un signal préoccupant pour l’exercice du journalisme en Tunisie.
Ils continuent d’appeler à l’abandon des poursuites, réaffirmant que « la presse n’est pas un crime », slogan repris à l’issue de cette nouvelle audience.
S.H












