En recevant samedi 11 juillet le rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), la cheffe du gouvernement Sara Zaâfrani Zenzri a dressé un bilan résolument positif de la conjoncture économique. Croissance, chômage, investissements étrangers, politique monétaire, les indicateurs avancés sont, cette fois, globalement conformes aux données officielles. Mais leur lecture mérite d’être replacée dans un contexte plus large.
La remise du rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), au palais de la Kasbah, s’est rapidement transformée en exercice de défense du bilan économique du gouvernement.
Face au gouverneur de la BCT, Fethi Zouhair Nouri, la cheffe du gouvernement Sara Zaâfrani Zenzri a multiplié les signaux positifs, estimant que les choix économiques engagés sous l’impulsion du président Kaïs Saïed avaient permis à la Tunisie de renforcer sa résilience malgré un environnement international instable.
Une série d’indicateurs au vert
Le gouvernement met en avant plusieurs résultats qu’il juge encourageants.
Selon Sara Zaâfrani Zenzri, la politique monétaire de la Banque centrale a permis de contenir l’inflation, de préserver les réserves en devises, de stabiliser le taux de change et d’abaisser à deux reprises le taux directeur en 2025, désormais fixé à 7 %.
La croissance aurait atteint 2,5 % en 2025, contre 1,6 % un an plus tôt, grâce notamment à la bonne campagne agricole, au dynamisme du tourisme, à la progression des services marchands ainsi qu’au redressement de plusieurs activités industrielles.
Le taux de chômage aurait parallèlement reculé de 16,5 % à 15,2 %, tandis que les investissements directs étrangers auraient progressé d’environ 30 %, un résultat présenté comme un signe de confiance des investisseurs dans les perspectives de l’économie tunisienne.
Des chiffres qui demandent à être relativisés
À la différence du communiqué publié cette semaine par la présidence de la République, qui comportait plusieurs approximations, les principaux chiffres avancés cette fois correspondent aux données officielles.
Ils ne disent cependant pas toute l’histoire.
La croissance de 2,5 % reste inférieure aux 3,2 % prévus par le gouvernement dans la loi de finances 2025. Autrement dit, l’économie progresse, mais moins vite que l’exécutif ne l’avait lui-même anticipé.
La hausse des investissements directs étrangers constitue également un signal positif, sans pour autant suffire à conclure à une amélioration globale du climat des affaires, plusieurs facteurs pouvant expliquer cette progression.
Quant au chômage, sa baisse est bien réelle, mais elle masque des disparités persistantes, notamment chez les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur, où les taux demeurent particulièrement élevés.
Une amélioration qui se poursuivrait en 2026, selon le gouvenerment
La cheffe du gouvernement estime que cette dynamique se confirme en 2026.
Le produit intérieur brut a progressé de 2,6 % au premier trimestre, porté par la poursuite de la reprise agricole, la progression des services et le redressement des industries agroalimentaires, mécaniques et électriques. Le raffinage du pétrole a également contribué à cette évolution.
Le chômage est descendu à 15 % au premier trimestre, contre 15,2 % au trimestre précédent.
Là encore, ces chiffres correspondent aux statistiques publiées par l’INS. Ils restent toutefois en deçà de l’objectif annuel de croissance fixé par le gouvernement.
Des défis que la Kasbah reconnaît elle-même
Le discours gouvernemental n’ignore pas pour autant les difficultés.
Sara Zaâfrani Zenzri reconnaît que le déficit énergétique continue de peser lourdement sur les équilibres extérieurs, que la volatilité des marchés internationaux demeure un facteur de risque et que le pays doit encore stimuler davantage l’investissement productif.
Elle insiste également sur un objectif désormais central : faire en sorte que les améliorations macroéconomiques se traduisent enfin par une hausse du pouvoir d’achat et une amélioration concrète des services publics.
Sur ce point, les dernières statistiques de l’INS montrent que l’inflation, après plusieurs mois de ralentissement, est remontée à 5,3 % en juin, rappelant que le coût de la vie demeure l’une des principales préoccupations des ménages.
Un message appuyé aux banques
Le passage le plus marquant du communiqué concerne toutefois le rôle du secteur bancaire.
Estimant que le financement de l’investissement demeure insuffisant, la cheffe du gouvernement a appelé les banques à s’impliquer davantage dans le soutien à l’économie réelle et à ne pas limiter leur action à la seule recherche du profit.
Elle a demandé à la Banque centrale de jouer pleinement son rôle afin d’encourager les établissements bancaires à financer davantage les investissements publics et privés, estimant que la création de richesse bénéficierait à terme à l’ensemble de l’économie, y compris au secteur bancaire lui-même.
De son côté, le gouverneur de la BCT, Fethi Zouhair Nouri, a mis en avant les résultats obtenus en matière de stabilité monétaire et financière, de maîtrise de l’inflation et du taux de change, tout en soulignant les efforts engagés dans la modernisation de la Banque centrale, notamment à travers la numérisation des services, le développement des systèmes de paiement, le renforcement des infrastructures informatiques et le recours croissant aux applications d’intelligence artificielle.
En conclusion, Sara Zaâfrani Zenzri a estimé que les résultats confirmaient, selon elle, la pertinence des choix économiques de l’État et de la vision portée par le président Kaïs Saïed. Elle a toutefois rappelé que ces indicateurs n’auront de véritable valeur que s’ils se traduisent par une amélioration concrète du quotidien des Tunisiens, notamment en matière de pouvoir d’achat, de qualité des services publics et de justice sociale.
R.B.H











8 commentaires
Fares
Rendre à chesmou ce qui n’a jamais appartenu à chesmou
» que les choix économiques engagés sous l’impulsion du …. »
Pourquoi descendre ci-bas madame l’ingénieure ? لا حول و لا قوة إلا بالله
A4
Un conseil Madame la Marquise: que la Kasba commence par payer ses fournisseurs au lieu de nous donner des leçons de « propreté ».
Certaines factures sont en « souffrance » depuis TROIS ANS et même plus !!!
A part ça, tout va très bien Madame la Marquise … pour ceux qui connaissent la chanson !
A4
LE TRAIN
Ecrit par A4 – Tunis, le 24 Septembre 2021
Ils peuvent nous dire et répéter
Que notre beau train roule et progresse
Mais il est facile de constater
Qu’il lance des signaux de détresse
Que sa mécanique fait des ratés
Se déglingue et perd toutes ses pièces
Ils peuvent prétendre qu’il avance
Qu’il fonce même et qu’il s’emballe
Qu’il a enfin trouvé sa cadence
Qui le mènerait vers les étoiles
Qu’il nous suffit d’un peu de patience
Pour parvenir à notre idéal
Ils peuvent tenter des acrobaties
Nous dire que le nouveau conducteur
Est le prince de l’orthodoxie
Malgré son allure d’usurpateur
Que nous devons tous rester assis
Et laisser faire le libérateur
Mais notre beau train est à l’arrêt
Et vains sont les petits bricolages
Il n’est pas apte à démarrer
Il est sur une voie de garage
Nous voilà hélas très mal barrés
C’est encore une erreur d’aiguillage !
Hannibal
Un politicien de mauvaise foi fait toujours une lecture biaisée des chiffres.
Il l’utilisera alors pour désigner un coupable idéal qui d’après lui, ne jouerait pas (assez) le jeu. Trop facile !
Sinon, j’ai bien aimé la blague de « sous l’impulsion de … ». Parce que si j’ai bien compris, on parle d’une personne qui confond million et milliard, qui fait croire que les fonds spoliés enrichiront significativement le pays.
Soyons raisonnables quand-même !
On fait le Bilan éKonomiK : la Kasbah tire les "neg'atifs marrons" du feu, en vante les résultats les moins Kramés Karbonisés et met la Qômpression sur les banques...
Neg’hâtifs posiKtifs… Koup vide.
Ça schmoute toujours plus fort la BanKroute à plein nez et suinte l’état bientôt failli par tous les gros porKS…
Ca va valdinguer du Qômtentieux pour la galerie puis mordre la poussière esKampette direKSion qui Qôm, qui Tahanran, qui les Îles Karaibes, qui Françalgeriatrie, qui Roussie, qui émiratures mzawarabes unies. (les visas étant prêts depuis belle lurette en le Qômmencement du double quinKhannat satrapisant des frêres Rois-Mollah Derniers Qaramitas)…
Ou pas.
Via rétention et reddition des comptes.
Massive, pacifique et populaire par le pays entier même, de lui même et pour lui même ressaisi de son cadre révolutionnaire dignitaire démocratique sans oubli ni clémence cette fois ci, toujours plus rapprochée…
https://m.youtube.com/shorts/lMh8TCh3BII
https://m.youtube.com/watch?v=LJTk64tzduQ&list=RDLJTk64tzduQ&start_radio=1&pp=ygUPcm9jayB0aGUgY2FzYmFooAcB
HatemC
@ cette cheffe du gouvernement qui palabre sous un baobab
Si la Belgique et les Pays-Bas s’échangent 680 millions d’euros en 4 heures, alors en 24 heures (soit 6 fois plus de temps), la somme devient colossale.
Le calcul est simple :
6
80 M€ X 6 = 4,08 milliards d’euros}
En l’espace d’une seule journée, le commerce bilatéral entre ces deux voisins européens s’élève à plus de 4 milliards d’euros.
Pour remettre les choses en perspective avec votre analyse : ce que la Tunisie et les Pays-Bas mettent 365 jours à s’échanger, le Benelux le réalise 6 fois en une seule journée.
Un gouffre économique qui remet définitivement les pendules à l’heure yé Mme la cheffe du gouvernement
HatemC
C’est le grand classique de la communication politique : l’art du zoom et du cadrage.
Quand on regarde l’économie avec une loupe sur les petits progrès, tout a l’air vert. Mais dès qu’on dézoome et qu’on compare à l’échelle internationale, la réalité est tout autre.
Le choc des réalités un exemple Tunisie vs Benelux
– 680 M€ par an d’échanges Tunisie / Pays-Bas.
– 4 heures pour que la Belgique et les Pays-Bas s’échangent la même somme.
Les Pays-Bas sont le 4ème investisseur étranger en Tunisie avec 191,2 millions de dinars (soit environ 57 millions d’euros),
Être le 4ème sur le podium ne veut pas dire que le montant est astronomique.
Cela montre surtout l’extrême faiblesse des flux d’Investissements Directs Étrangers (IDE) globaux qui entrent en Tunisie.
Si 57 millions d’euros suffisent pour monter sur le podium derrière le trio historique (France, Allemagne, Italie), c’est que le climat des affaires général ne séduit plus grand monde en dehors des partenaires traditionnels historiques.
Féliciter une hausse de 30 % des IDE quand le montant de départ est très bas, c’est une technique statistique bien connue.
On est effectivement loin du miracle économique, et le décalage entre les communiqués officiels triomphants et le quotidien des Tunisiens reste immense.
Le chômage
Quand on regarde de plus près ce passage de 16,5 % à 15,2 %, la réalité derrière le chiffre est beaucoup moins rose qu’au palais de la Kasbah.
Dites à cette dame » Même à 15,2 %, la Tunisie reste dans le peloton de tête des pays au taux de chômage le plus élevé de la région et du monde.
Plus de 15 % de la population active sans emploi, c’est une situation de crise structurelle, pas une économie en bonne santé. »
Passer de 16,5 % à 15,2 %, c’est un frémissement technique, pas une inversion de courbe.
Célébrer cela comme une « prouesse » alors qu’un tiers des jeunes diplômés cherche à quitter le pays, c’est effectivement vivre un peu dans le monde des Bisounours.
Elle parle a qui cette dame ?????? HC
Tunisino
De la photo on comprend tout! Un tête à tête scolaire, des mains tremblantes d’une partie et un étonnement de l’autre partie. Tout va mal, c’est ca ce que dit la photo, de la gestion au résultat. Pauvre Tunisie, tirer vers la médiocrité et l’échec est devenu la règle. Aljazira a commencer déjà à parler de la fin du régime, que planifie t-il Saied après son échec à diriger la Tunisie, une fuite vers l’Egypte?!