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« Le droit à l’eau est sacrifié » : Mohamed Ali charge l’État après la crise à Metlaoui

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Par Raouf Ben Hédi

    Alors que la Sonede affirme que la distribution d’eau revient progressivement à Metlaoui après plusieurs jours de perturbations, la polémique est loin de retomber. Au lendemain des manifestations qui ont secoué la ville, le député Mohamed Ali estime que ce qui se joue dans le bassin minier dépasse largement un simple incident technique : selon lui, la crise actuelle est le résultat de décennies de choix politiques et d’un sous-investissement chronique.

    Son constat intervient après plus de dix jours de coupures dans certains quartiers de Metlaoui, où les habitants, privés d’eau potable en pleine canicule, ont fini par bloquer des routes et incendier des pneus pour tenter de faire entendre leur colère.

    « Ce n’est pas une panne, c’est un système qui dysfonctionne »

    Dans un long message publié lundi 13 juillet, le député dresse un tableau particulièrement sombre de la situation hydrique dans le gouvernorat de Gafsa.

    Selon lui, Métlaoui n’est que la partie visible d’une crise qui touche également Oum Larayes, Redeyef, Mdhilla, Gafsa-Sud, les zones rurales de Nadhour, Kaf Derbi, l’oasis d’El Guettar, Aguila ainsi que plusieurs quartiers de Gafsa où les coupures se multiplient ou où l’eau n’est disponible qu’au cœur de la nuit.

    Pour l’élu, il ne s’agit plus de pannes ponctuelles mais d’un problème structurel devenu insoutenable, particulièrement lorsque les températures dépassent les 40°C.

    Le paradoxe du bassin minier

    Le député met en avant un paradoxe qui nourrit depuis longtemps le ressentiment d’une partie de la population locale.

    Depuis plus d’un siècle, rappelle-t-il, le bassin minier contribue largement à l’économie nationale grâce au phosphate, alors que ses habitants peinent aujourd’hui à accéder à l’eau potable.

    Il affirme que les ressources hydriques de la région sont fortement sollicitées pour les besoins industriels, notamment le lavage du phosphate, tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’opposer activité économique et droits des citoyens, mais de rappeler qu’aucun développement ne peut se construire au détriment de l’accès à l’eau.

    Des défaillances connues depuis des années

    Au-delà de l’urgence actuelle, Mohamed Ali pointe une série de dysfonctionnements qu’il juge désormais impossibles à ignorer : réseaux de distribution vieillissants, importantes pertes d’eau dues aux fuites, retard dans les projets hydrauliques, manque de nouvelles ressources destinées à l’eau potable et absence de stratégie anticipant les épisodes de sécheresse et les pics estivaux de consommation.

    Un diagnostic qui rejoint en partie celui de nombreux observateurs. Chaque été, plusieurs régions de l’intérieur connaissent des coupures répétées, conséquence d’infrastructures vieillissantes, d’une pression croissante sur les ressources en eau et d’investissements jugés insuffisants face à l’aggravation du stress hydrique.

    Une crise qui dépasse désormais la question technique

    Selon le député, les conséquences dépassent largement les difficultés d’approvisionnement.

    Il évoque les risques pour la santé publique, les pertes agricoles et l’abreuvement du cheptel, mais aussi l’humiliation quotidienne de familles contraintes d’attendre des heures pour remplir quelques bidons ou d’acheter de l’eau en bouteille pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.

    Il estime également que la répétition de ces situations alimente un profond sentiment d’abandon dans plusieurs régions de l’intérieur, où les protestations autour de l’eau deviennent de plus en plus fréquentes.

    Des solutions réclamées

    Pour sortir de cette crise, le député appelle à accélérer la rénovation des réseaux de distribution, créer de nouveaux forages destinés à l’eau potable, lancer un programme exceptionnel pour le bassin minier, mieux coordonner les besoins de la Sonede et ceux de la Compagnie des phosphates de Gafsa, tout en améliorant la communication avec les citoyens lors des interruptions de service.

    Il conclut que l’accès à l’eau ne relève pas uniquement de la gestion technique, mais constitue un véritable test de la capacité de l’État à garantir l’égalité entre les régions et un droit fondamental consacré par la Constitution.

    Si la Sonede assure que la situation s’améliore progressivement à Metlaoui grâce aux opérations engagées ces derniers jours, les réactions suscitées par cette nouvelle crise montrent qu’au-delà du retour de l’eau dans les robinets, c’est la question de la pérennité des infrastructures hydrauliques et de la gestion des ressources qui est désormais posée.

    R.B.H

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    5 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      13 juillet 2026 | 18h37

      @BN

      il y a un problème au niveau des post qu’on rédige sur votre site.
      De plus en plus souvent, ils sont validés sans l’aval de l’auteur des commentaires !!

    2. Citoyen_H

      Répondre
      13 juillet 2026 | 18h33

      MAIS DE QUOI SE MÊLE-T-IL ?

      Rappelons aux a’UGTT a une très grande part de responsabilité dans les galères subites par l’ensemble de nos infrastructures.

      • Citoyen_H

        Répondre
        13 juillet 2026 | 19h11

        Correctif suite à une validation intempestive de mon post précèdent :

        Rappelons aux citoyens disposant de plus d’une paire de neurones actives, que l’UGTT, avec ces milliers de grèves, a une très grande part de responsabilité dans les galères subites par l’ensemble de nos infrastructures, ces derniers temps.
        Rajoutons à cela, l’absentéisme chronique, le total « je m’en foutisme » et le « après moi, le déluge » de la part de l’ensemble des fonctionnaires, suite au chaos engendré par le coup d’État de 2011.
        Ceux qui étaient délégués à la surveillance et à l’entretien des infrastructures nationales, en font partie !
        Le chaos était devenu notre compagnon de route.

        Quel culot, ces syndicalistes, ces innocents aux mains très sales, qui viennent mettre leur grain de sel tout en se la jouant aux vierges effarouchées, en essayant avec leurs pernicieux sous-entendus, d’allumer le feu !
        Il faut mettre définitivement un terme à ce genre d’agissements très dangereux.
        Etffouh…..

    3. Mohamed Mabrouk

      Répondre
      13 juillet 2026 | 17h48

      On asseche une region pauvre du Sud-Ouest pour toucher 4 milliards, avec lesquels on importe des voitures qui vont surtout aux regions riches du Nord-Est. Et apres on se demande pourquoi l’Ouest est pauvre et on cherche un bouc emissaire en accusant un businessman qui a crée des dizaines de milliers d’emplois, de prejudice a l’Etat et en le jetant en prison.
      Pour les futures mines de phosphate de l’Ouest, accordées semble-t-il a Phosco gratis, on aura l’assechement mais pas les 4 milliards? Corrigez moi si je le trompe?

    4. Gg

      Répondre
      13 juillet 2026 | 17h13

      Existe t-il en Tunisie un organisme chargé de surveiller l’état des ressources en eau et d’en gérer l’utilisation ?
      En France le BRGM assure cette fonction. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) est l’établissement public de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol. Il a été créé en 1959.
      Évidemment, les eaux de surface et de sous-sol sont les premières concernées.
      Tout puisage, industriel ou domestique, est soumis à autorisation du BRGM, qui a droit de véto sur les exploitations existantes ou en projet.
      Le travail est considérable, des équipes techniques procèdent chaque jour à des mesures sur le terrain, afin de gérer la ressource et d’en connaître l’évolution.
      Tous les pays un tant soit peu développés ont un équivalent local.
      Sans cela, un pays livré aux exploitations sauvages est voué à la catastrophe hydrique.
      Il serait intéressant de savoir comment la tunisie gère ses eaux…

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