La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a alourdi, lundi 13 juillet 2026, les condamnations prononcées en première instance dans deux affaires liées au dossier de l’assassinat de Chokri Belaïd. Béchir Akremi, Habib Ellouze et Hassen Brik ont vu leurs condamnations alourdies, tandis que la Cour a confirmé la mesure de contrôle administratif prononcée à leur encontre.
La juridiction a porté la peine globale de Béchir Akremi de 23 à 29 ans de prison dans les deux affaires examinées. Il a été condamné pour des faits liés à des manquements procéduraux dans le traitement du dossier de l’assassinat de Chokri Belaïd, notamment pour avoir volontairement omis de procéder à l’arrestation d’un suspect afin de lui permettre d’échapper à la justice, dissimulé la vérité en usant des prérogatives de sa fonction et commis des faits de falsification.
Habib Ellouze et Hassen Brik ont, pour leur part, vu leur peine passer de treize à 17 ans de prison chacun. Ils ont été reconnus coupables de chefs d’accusation liés notamment à la mise de compétences et d’expertises au service de personnes impliquées dans des infractions terroristes, ainsi qu’à la divulgation d’informations au profit de personnes liées à des crimes terroristes dans le but de les aider à commettre ces crimes, à en tirer profit ou à échapper aux poursuites.
L’arrêt confirme également la mesure complémentaire de contrôle administratif visant les trois condamnés, qui sera appliquée à l’issue de l’exécution de leurs peines de prison.
Les peines alourdies par la Cour d’appel
Ces décisions interviennent après les jugements rendus le 4 mars 2026 par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du Tribunal de première instance de Tunis. Béchir Akremi avait alors été condamné à un total de 23 ans de prison dans deux affaires liées au dossier Belaïd, tandis que Habib Ellouze et Hassen Brik avaient écopé de treize ans de prison chacun.
L’ensemble des condamnés avait interjeté appel, tout comme le comité de défense de Chokri Belaïd.
Des affaires distinctes du procès de l’assassinat
Les deux dossiers s’inscrivent dans le cadre des investigations ouvertes après l’assassinat de l’opposant politique Chokri Belaïd, tué le 6 février 2013 devant son domicile à Tunis. Ils portent sur des faits liés au traitement judiciaire de cette affaire et non sur les auteurs de l’assassinat eux-mêmes.
À la suite des condamnations prononcées en première instance, le mouvement Ennahdha avait dénoncé un procès qu’il jugeait dépourvu d’indépendance et contesté tant les poursuites engagées contre Habib Ellouze que l’implication de Béchir Akremi dans les faits qui lui étaient reprochés. Le parti avait également dénoncé des irrégularités de procédure et annoncé se réserver le droit d’engager des poursuites contre les médias ayant présenté ces condamnations comme étant directement liées à l’assassinat de Chokri Belaïd.
I.N.










