La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a condamné, mercredi 15 juillet 2026, la recrudescence des discours de haine et des appels à la violence sur les réseaux sociaux, après la diffusion d’une vidéo contenant des menaces de mort visant notamment le secrétaire général du Parti des travailleurs, Hamma Hammami. L’organisation appelle le ministère public à ouvrir sans délai une enquête pénale et à protéger les personnes ciblées.
Dans un communiqué publié mercredi, la LTDH fait part de sa vive inquiétude face à « l’escalade continue des discours de haine et d’incitation à la violence » qui envahissent l’espace numérique, en particulier les réseaux sociaux. Elle estime que ce phénomène s’inscrit dans un climat marqué par un recul de la tolérance, une montée des discours d’exclusion et de stigmatisation, ainsi qu’une persistance de l’impunité face à des faits pourtant réprimés par la loi.
La Ligue considère que cette dérive a atteint « un degré particulièrement grave » avec la diffusion d’une vidéo comportant des propos d’incitation et des menaces de mort visant Hamma Hammami, mais aussi plusieurs autres personnalités politiques, parmi lesquelles Mohamed Abbou, Ezzedine Hazgui, Samir Dilou et Rached Ghannouchi.
Ce communiqué intervient au lendemain de la polémique suscitée par cette vidéo. Mardi 14 juillet, le Parti des travailleurs avait dénoncé un appel explicite à l’assassinat de son secrétaire général, estimant que les autorités n’avaient pris aucune mesure pour faire retirer la publication ou engager des poursuites contre son auteur présumé. Quelques heures plus tard, le dirigeant de La France insoumise et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Jean-Luc Mélenchon, avait apporté son soutien à Hamma Hammami dans un message publié sur le réseau social X, appelant les autorités tunisiennes à garantir sa protection et à poursuivre les auteurs des menaces.
La LTDH rappelle que la liberté d’expression, acquis fondamental de toute société démocratique, ne saurait en aucun cas justifier l’incitation à la violence, les appels au meurtre ou la propagation de discours de haine, des actes qu’elle considère comme des infractions pénales graves.
L’organisation se dit également surprise par ce qu’elle décrit comme « l’attitude passive » du ministère public face à cette vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux, malgré la gravité des faits qu’elle contient.
Estimant que la lutte contre les discours de haine et l’incitation à la violence constitue un devoir juridique et moral, la Ligue met en garde contre les conséquences d’une quelconque complaisance envers de telles pratiques, qu’elle juge menaçantes pour la démocratie, le droit à la vie et les fondements de l’État civil.
Dans ce cadre, la LTDH condamne fermement toutes les formes d’incitation à la violence, au meurtre et à la haine, tout en exprimant sa solidarité avec l’ensemble des personnes visées par des menaces ou des appels à la violence, quelles que soient leurs opinions politiques ou leurs appartenances.
Elle demande au ministère public d’ouvrir une enquête pénale « urgente, sérieuse et indépendante » sur la vidéo en question, de prendre des mesures immédiates pour assurer la protection des personnes ciblées et de poursuivre toute personne impliquée dans des faits d’incitation ou de menace, dans le respect des garanties d’un procès équitable.
Enfin, la Ligue appelle les autorités à assumer leur responsabilité en protégeant tous les citoyens, y compris les opposants politiques, les militants, les défenseurs des droits humains et les journalistes. Elle invite également l’ensemble des acteurs politiques, médiatiques et de la société civile à œuvrer à l’apaisement, à rejeter les discours de haine et de violence et à promouvoir une culture du dialogue, du respect des différences et de l’État de droit.
M.B.Z











