Alors que les délestages provoquent une vague de colère sans précédent en pleine canicule, l’Agence TAP a relayé vendredi 17 juillet une déclaration du directeur de l’efficacité énergétique dans le bâtiment à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME). Le responsable y détaille l’explosion du nombre de climatiseurs en Tunisie et leur poids croissant dans la consommation électrique, une communication qui intervient au moment où les critiques visent principalement la gestion du réseau électrique national.
Une communication qui tombe en pleine crise
Le timing de cette déclaration n’est pas passé inaperçu. Depuis plusieurs jours, les coupures de courant se multiplient dans de nombreuses régions du pays au nom de la préservation de la stabilité du réseau électrique, alors que les températures dépassent localement les 45°C. Les habitants dénoncent des interruptions répétées qui les privent de climatisation, de réfrigération et parfois même d’eau potable, tandis que les critiques se concentrent sur l’absence d’investissements et d’anticipation face à des pics de consommation pourtant récurrents.
C’est dans ce contexte que le directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment à l’ANME, Abdelkader Baccouche, a présenté des chiffres mettant en avant le rôle grandissant des climatiseurs dans la consommation électrique des ménages.
Les climatiseurs pèsent désormais 18% de la consommation des ménages
Selon les données présentées par le responsable, les climatiseurs occupent désormais la deuxième place parmi les équipements domestiques les plus consommateurs d’électricité, contre la troisième lors de la précédente étude réalisée en 2019.
Cette évolution s’explique par l’installation d’environ un million de nouveaux climatiseurs en cinq ans, portant le parc national à près de 2,7 millions d’appareils. Plus d’un foyer tunisien sur deux possède désormais au moins un climatiseur.
L’ANME estime que ces équipements représentent aujourd’hui environ 18% de la consommation électrique résidentielle, tandis qu’ils seraient responsables d’environ 50% de la puissance appelée lors des pointes estivales. Abdelkader Baccouche rappelle que le pic de consommation électrique avait atteint 4,8 gigawatts en juillet 2024.
Les réfrigérateurs demeurent toutefois les appareils les plus énergivores dans les foyers, avec une part estimée à 36% de la consommation, contre plus de 45% auparavant.
Les chiffres n’effacent pas le débat sur la préparation de l’État
Ces données illustrent l’impact croissant de la climatisation sur le réseau électrique tunisien. Elles ne répondent toutefois pas aux interrogations soulevées depuis plusieurs jours par les délestages.
Pour de nombreux observateurs, la hausse continue du nombre de climatiseurs et la multiplication des épisodes de chaleur extrême étaient connues depuis des années et auraient dû être intégrées dans la planification des capacités de production et du réseau de distribution. Les vagues de chaleur étant devenues récurrentes, la question posée n’est plus seulement celle de l’augmentation de la consommation des ménages, mais aussi de la capacité des infrastructures électriques à absorber ces pics de demande.
Ainsi, si les climatiseurs expliquent en partie la hausse de la consommation estivale, ils ne mettent pas fin au débat sur la responsabilité des pouvoirs publics dans l’anticipation de cette évolution prévisible. Les chiffres avancés par l’ANME apportent un éclairage sur les causes de la tension du réseau, sans répondre aux critiques portant sur la gestion de la crise actuelle.
R.B.H











4 commentaires
Mhammed Ben Hassine
Chercher un boucemisaire est toujours plus facile que d’affronter la réalité
Une caractéristique des incompétents
A4
Nous payons le prix du sabotage, de l’incompétence et de la faillite !!!
Sabotage des énergies renouvelables par la STEG.
Incompétence de cette administration qui ne sait pas qu’il fait chaud en été et que pour survivre il faut climatiser.
Faillite de l’état qui n’a plus les moyens ni d’investir dans de nouvelles centrales, ni d’entretenir les installations existantes.
Il ne sait que remplir les prisons !!! C’est tout ce qu’il sait faire …
HatemC
Pour produire de l’electricité en Tunisie il faut du GAZ algérien
La dépendance au gaz algérien : Une réalité indiscutable
Sur les chiffres de la dépendance énergétique.
La Tunisie dépend à plus de 90-95 % du gaz naturel pour produire son électricité (via les centrales de la STEG).
Le seul responsabe c’est la Tunisie qui s’est rendue dépendante de l’Algérie pour la production de son électricité, environ 92 % à 93 % de l’électricité est générée par des centrales fonctionnant au gaz naturel.
Et d’où povient ce gaz ???? d’Algérie …
Sur le plan energétique la Tunisie dépend essentiellement de l’ALgérie le prétexte des climatiseurs est ce qu’on appelle “UNE LEGENDE URBAINE” ..
La Tunisie produit du gaz mais assez peu juste pour porduire 30% d’electricité le reste est importée d’Algérie soit 70% du gaz provient d’Algérie ….
SI L’ALGERIE COUPE LE GAZ A LA TUNISIE, LA TUNISIE N’AURA PAS DE QUOI PRODUIRE DE L’ELECTRICITE …
SI L’ALGERIE S’ENERVE LA TUNISIE EST DANS LE NOIR COMPLET ….
SANS LE GAZ ALGERIEN PLUS DE 70% DE L’ELECTRICITE CONSOMME EN TUNISIE NE SERA PAS PRODUITE …. PEU DE TUNISIENS CONNAISSENT CET ETAT DE FAIT …
L’ALGERIE NOUS DICTE SA VOLONTE ET NOUS DEVONS NOUS ALIGNER SR SA POLITIQUE ….
L’Algérie utilise son levier énergétique et financier comme un outil d’influence régionale, et le pouvoir tunisien actuel veille à ne pas froisser ce voisin
L’État pointe les climatiseurs pour reporter la faute sur le comportement des citoyens et masquer son manque d’anticipation, le retard des énergies renouvelables et la vétusté des infrastructures…. KS est un vendu et a vendu la Tunisie … il finira en taule … HC
Gg
Soyons clairs: préparer consisterait à construire une centrale supplémentaire.
Y a qu’à…