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Coupures d’eau et d’électricité : l’UGTT appelle à un plan national de sauvetage des services publics

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Par Nadya Jennene

    Alors que la Tunisie traverse une période de fortes chaleurs et que les perturbations dans l’approvisionnement en électricité et en eau potable alimentent une colère grandissante parmi les citoyens, le département des offices et des entreprises publiques de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tire la sonnette d’alarme sur la situation des secteurs stratégiques de l’énergie et de l’eau.

    Dans un communiqué intitulé « Les nations ne se construisent pas avec la soif et l’obscurité », publié dans un contexte de critiques accrues visant notamment la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), l’organisation syndicale estime que les difficultés actuelles ne relèvent plus de simples incidents techniques ou d’une pression exceptionnelle liée aux températures élevées, mais traduisent des fragilités structurelles accumulées au fil des années.

    Ces dernières semaines, les opérations de délestage électrique décidées par la Steg pour préserver l’équilibre du réseau, face à une consommation record provoquée par la vague de chaleur, ont provoqué de nombreuses coupures dans plusieurs régions. Parallèlement, des perturbations dans la distribution de l’eau potable ont renforcé le sentiment d’exaspération d’une partie de la population, confrontée à des interruptions parfois prolongées en pleine période estivale.

    Des infrastructures sous pression face aux crises répétées

    Pour l’UGTT, la situation actuelle constitue un « signal national » révélant les difficultés profondes auxquelles font face les infrastructures publiques. Le syndicat met en cause plusieurs années de retard dans les investissements, de vieillissement des équipements, de report de projets stratégiques et de faiblesses dans la gouvernance des secteurs essentiels.

    Selon l’organisation, les évolutions imposées par les changements climatiques, la croissance des besoins énergétiques et la pression croissante sur les ressources hydriques n’ont pas été suffisamment anticipées par les politiques publiques.

    L’UGTT estime ainsi que le citoyen tunisien « paie aujourd’hui le prix » de choix auxquels il n’a pas participé, alors que les perturbations touchent directement la vie quotidienne, la santé, l’activité économique et le fonctionnement des établissements éducatifs.

    Cependant, le syndicat refuse que la responsabilité soit portée par les agents et les cadres des entreprises publiques concernées, notamment ceux de la Steg et de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede).

    Il considère ces employés comme « les premiers acteurs du maintien du service public », rappelant qu’ils interviennent dans des conditions difficiles, avec des équipements parfois obsolètes, des ressources limitées et une pression quotidienne importante.

    Au-delà des coupures, l’UGTT réclame une refonte du modèle public

    Pour le syndicat, la responsabilité ne doit pas être recherchée auprès des équipes techniques chargées des interventions d’urgence, mais plutôt au niveau des choix stratégiques, des politiques publiques et de la gestion globale des ressources consacrées à ces secteurs.

    Dans son communiqué, l’organisation insiste sur le caractère stratégique de l’eau et de l’électricité, considérées non pas comme de simples prestations, mais comme des droits fondamentaux et des piliers de la sécurité nationale.

    Elle estime qu’aucune politique de développement économique ou de stabilité sociale ne peut être envisagée sans garantir un accès régulier aux services publics essentiels appelant ainsi le gouvernement à passer d’une logique de gestion des crises ponctuelles à une politique structurelle de réforme, à travers un programme national de réhabilitation des secteurs de l’eau et de l’énergie.

    Ce programme devrait, selon l’UGTT, reposer sur la modernisation des infrastructures, la relance des investissements, l’achèvement des projets en suspens, l’amélioration de la gouvernance et le renforcement des ressources humaines.

    Face aux interrogations croissantes de l’opinion publique, le syndicat demande également aux autorités de communiquer de manière transparente sur la réalité des difficultés rencontrées par les secteurs de l’eau et de l’électricité, tout en présentant une feuille de route précise avec des objectifs et des échéances définis.

    Pour l’UGTT, défendre les entreprises publiques ne signifie pas nier leurs dysfonctionnements éventuels, mais préserver un modèle de service public garantissant aux citoyens leurs droits fondamentaux.

    N.J

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    4 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      18 juillet 2026 | 18h42

      L’UGTT : pompier ou pyromane des services publics ?

      Aujourd’hui, l’UGTT réclame un « plan national de sauvetage » pour l’eau et l’électricité.
      Pourtant, pendant des années, elle s’est opposée à de nombreuses réformes : ouverture aux énergies renouvelables, partenariats public-privé et modernisation de la STEG.
      En privilégiant la défense du monopole public et une hausse continue des dépenses de fonctionnement, les investissements dans les infrastructures ont été relégués au second plan.

      Le résultat est sous les yeux des Tunisiens :
      réseaux vieillissants, fuites d’eau, coupures d’électricité et entreprises publiques en grande difficulté.

      Dénoncer aujourd’hui les conséquences sans reconnaître sa part de responsabilité dans les blocages d’hier relève d’un profond paradoxe.
      Les Tunisiens attendent désormais des réformes, des investissements et une véritable modernisation des services publics, pas de simples communiqués.

    2. HatemC

      Répondre
      18 juillet 2026 | 18h30

      Une stratégie politique de dédouanement

      Le comble de l’ironie — ou du cynisme — politique en Tunisie.

      Voir l’UGTT publier un communiqué grandiloquent intitulé « Les nations ne se construisent pas avec la soif et l’obscurité » pour réclamer un « plan de sauvetage » a effectivement un arrière-goût amer.
      Pourquoi ? Parce que le syndicat adopte ici la posture du pompier d’un incendie qu’il a lui-même grandement contribué à alimenter.

      Dans son communiqué, l’UGTT dénonce à juste titre « les retards dans les investissements » et le « report de projets stratégiques ».

      Ce qu’elle oublie de mentionner, c’est sa propre responsabilité directe dans ces blocages :

      Le verrouillage de la transition énergétique en 1 :
      Depuis des années, la fédération générale de l’électricité et du gaz (qui dépend de l’UGTT) s’oppose farouchement aux projets de production d’énergies renouvelables (solaire et éolien) portés par le secteur privé ou en partenariat public-privé (PPP).
      Le syndicat a bloqué le raccordement de plusieurs centrales solaires privées au réseau de la STEG, au nom de la « défense du monopole public ».

      Résultat : En bloquant les alternatives privées sous prétexte de protéger la STEG, l’UGTT a directement contribué à maintenir la Tunisie dépendante à 95 % du gaz naturel, et donc du gaz algérien.

      Le communiqué affirme que le syndicat « refuse que la responsabilité soit portée par les agents et les cadres ».
      Si l’on ne peut pas blâmer les techniciens qui réparent les câbles sous 45°C, on ne peut pas ignorer la gestion des ressources humaines au sein de la STEG et de la SONEDE

      Une masse salariale étouffante en 2 :
      Au cours de la dernière décennie, les recrutements massifs et les hausses de salaires imposés par la pression syndicale ont plombé les finances de ces entreprises publiques.

      Plus de salaires, moins d’investissements en 3 :
      L’argent public qui aurait dû servir à moderniser les canalisations de la SONEDE (qui perdent parfois plus de 30 % de l’eau potable à cause des fuites) ou à renouveler les turbines de la STEG a été englouti par le budget de fonctionnement. Aujourd’hui, ces entreprises sont techniquement en faillite et dépendent des subventions d’un État lui-même fauché.

      En publiant ce texte, l’UGTT tente un coup double très calculé :

      Se repositionner du côté du peuple :
      En surfant sur la colère légitime des Tunisiens face aux coupures d’eau et d’électricité, le syndicat essaie de redorer son blason et de se faire le porte-parole des citoyens exaspérés.

      En clair…
      Entendre l’UGTT réclamer une « politique structurelle de réforme » alors qu’elle a été le principal obstacle à toute tentative de réforme structurelle, d’ouverture économique ou de transition énergétique depuis 2011 relève d’une sacrée audace.

      Le constat de l’article est vrai : les infrastructures sont à l’agonie. Mais le syndicat omet de préciser qu’en refusant l’évolution du modèle de la STEG et de la SONEDE, il a activement participé à construire cette « légende urbaine » qui laisse aujourd’hui les Tunisiens dans le noir et sans eau …

      Le cynisme de ce syndicat n’a plus de limite …. HC

    3. HatemC

      Répondre
      18 juillet 2026 | 17h22

      Le fossoyeur a la rescousse … c’est le monde à l’envers

    4. Gg

      Répondre
      18 juillet 2026 | 12h46

      L’UGTT devrait surtout dire: au trava, camarades! La journée de 3h c’est fini.
      Il y a 14.000 employés à la STEG, disait un commentateur dans un autre sujet.
      14.000!!!
      Ils manquent de tessources humaines?
      Quelle blague!

    Répondre

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