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Le « progrès technologique » responsable des coupures d’électricité ? Le directeur de l’ANME déclenche un festival d’ironie sur la toile 

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Par Nadya Jennene

    En pleine vague de chaleur, alors que de nombreuses régions tunisiennes subissent des coupures d’électricité répétées et que les critiques contre la Steg se multiplient, une déclaration du directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafâa Baccari, a provoqué une véritable tempête sur les réseaux sociaux.

    Invité à expliquer les tensions sur le réseau électrique, le responsable a attribué une partie de la hausse de la consommation… au progrès technologique. Selon lui, la multiplication des équipements électriques dans les foyers – climatiseurs, appareils électroniques et nouvelles technologies – explique l’augmentation de la demande en électricité, qui conduit, lors des pics de consommation, à des opérations de délestage.

    Un raisonnement qui n’a manifestement pas convaincu les internautes.

    En quelques heures, Facebook s’est transformé en un immense atelier de satire, où les utilisateurs ont rivalisé d’imagination pour tourner en dérision une explication jugée déconnectée de la réalité d’un pays qui peine encore à achever sa transition numérique.

    L’une des publications les plus partagées ironise sur une Tunisie soudainement devenue une puissance industrielle de haute technologie : « C’est vrai, avec toutes nos usines d’ordinateurs, de smartphones, de drones, de satellites, de robots, d’intelligence artificielle et même de technologies nucléaires, il est normal que le réseau électrique n’en puisse plus. »

    Un autre internaute pousse le sarcasme encore plus loin : « Incroyable… donc la Silicon Valley, Google, Facebook et toutes les grandes entreprises mondiales de la tech passent certainement douze mois par an dans le noir ! »

    Face à une déclaration que beaucoup ont cru sortie d’un faux montage, certains ont préféré en rire plutôt qu’en pleurer : « Pour préserver ma santé mentale, je vais me convaincre que cette vidéo a été générée par une intelligence artificielle. »

    D’autres se sont amusés à caricaturer le discours officiel dans une succession volontairement absurde de slogans et de mots sans queue ni tête, imitant les envolées rhétoriques grandiloquentes du sommet de l’État pour mieux souligner, selon eux, le manque de logique de l’argument avancé.

    « Sans oublier les grandes entreprises communautaires ‘zaqafouniennes’ spécialisées dans le basilic, la menthe, les lapins, les hérissons et kaak warka… Allons y vers les sommets stratosphériques ! En avant, en avant ! Maison après maison ! Feuille après feuille ! Rue après rue ! Fontaine après fontaine ! Juin, juin ! Farazdaq, Farazdaq ! Prêt après prêt ! Bus après bus ! Musée après musée ! Bassin après bassin ! Et surtout, pas de retour en arrière ! »

    Plusieurs internautes ont également rappelé, avec une ironie mordante, le paradoxe d’un pays où de nombreuses démarches administratives demeurent profondément archaïques. « Sérieusement ? Nous sommes probablement le seul pays où l’on fait encore la queue pour une légalisation de signature, un extrait d’état civil… tellement nous avons atteint de progrès technologique ! »

    La sortie du responsable a même inspiré une plaisanterie scolaire : « On dirait un élève qui peine a remplir son devoir de géographie. Il ne manque plus que la phrase : “Le Japon est une grande puissance grâce à ses industries de haute technologie.” »

    Certains ont préféré cibler directement les infrastructures électriques : « En réalité, il a raison… Les installations de la Steg ont été conçues pour supporter au maximum une ampoule et un vieille radio dans chaque maison. »

    D’autres ont poussé la logique jusqu’à l’absurde : « Dans ce cas, revenons aux charrettes, aux animaux de trait et aux lampes à huile ! Au fait, où voyez-vous ce fameux progrès technologique ? »

    L’humour n’a pas épargné les habitudes numériques des Tunisiens : « Le seul domaine où nous sommes réellement à la pointe de la technologie, c’est l’IPTV au noir… »

    Enfin, un internaute a établi un parallèle avec une anecdote devenue célèbre sous l’ancien régime de Zine El Abidine Ben Ali : « Cela me rappelle ce médecin qui expliquait autrefois l’augmentation du diabète chez les enfants par… l’amélioration du pouvoir d’achat des Tunisiens. »

    Au-delà des plaisanteries, cette vague de réactions traduit surtout l’exaspération d’une population confrontée à des coupures d’électricité en pleine canicule, alors que les températures dépassent les 49°C dans plusieurs régions. Pour beaucoup, invoquer le « progrès technologique » apparaît moins comme une explication technique que comme une manière d’éluder les difficultés structurelles du réseau électrique national et le manque d’investissements dans les infrastructures.

    Car si la consommation électrique augmente effectivement avec la généralisation des équipements modernes, les internautes rappellent qu’il appartient précisément aux opérateurs et aux pouvoirs publics d’anticiper cette évolution. Car in fine, n’est pas le progrès qui est en cause, mais l’incapacité du système à suivre les besoins d’une société dont les usages évoluent. L’humour, cette fois encore, aura servi de défouloir collectif face à une explication que beaucoup jugent, au minimum, maladroite. 

    N.J

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    4 commentaires

    1. A4

      Répondre
      19 juillet 2026 | 8h07

      La STEG, l’ANME et l’état nous demandent de revenir aux bougies, charrettes et éventails, c’est comme si on demandait à un gamin de porter ses habits et chaussures de l’aïd de l’année dernière alors qu’entre temps il a pris 10 kg et poussé de 10 cm !
      Hélas, nous payons le prix de l’incompétence !!!

    2. Hathatjeba Hatem

      Répondre
      19 juillet 2026 | 5h53

      La STEG a longtemps traîné les pieds pour adhérer à l’énergie photovoltaïque par peur de perdre le pouvoir dans le domaine de l’électricité. Récemment, elle y a eu un réveil tardif, mais après combien de temps perdu ?

    3. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      18 juillet 2026 | 21h22

      Ses responsables doivent suivre des cours de communications oubien nicher dans leurs bureaux

    4. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      18 juillet 2026 | 21h20

      Nos ancêtres sagent ont dit des paroles en perles diamant s’élevant aux rangs de lou universelles « le silence est en or  »
      Un autre prov tun « جاء يقول صحه قال يداف »
      Il aurai dû s’abstenir de faire sortir de sa bouche des absurdités ou du n’importe quoi
      Nos instituteurs nous disaient « tourner la langue 7 fois avant de parler »

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