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Hichem Ajbouni : « Des pouvoirs absolus impliquent des responsabilités absolues, quand finira ce chaos ? »

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Par Sarra Hlaoui

    Face à la multiplication des coupures d’électricité et d’eau qui accablent les Tunisiens en pleine période de pic de consommation, Hichem Ajbouni, dirigeant du parti Attayar, est sorti de son mutisme pour livrer un réquisitoire sans concession contre la gestion du sommet de l’État. S’appuyant textuellement sur la Constitution de 2022, il place le président Kaïs Saïed face à ses propres textes : détenant des pouvoirs absolus, il est l’unique et effectif responsable du marasme actuel.

    Dans une publication percutante partagée dimanche 19 juillet 2026, l’ancien député refuse de diluer les responsabilités. Il rappelle d’emblée les fondements du régime actuel : « La Constitution de Kaïs Saïed, qu’il a écrite lui-même et sur mesure, stipule que le président de la République détermine la politique générale de l’État et fixe ses choix fondamentaux ». La conclusion politique est mathématique et implacable. Disposant de prérogatives exécutives absolues, le chef de l’État est l’unique responsable de l’échec de ces politiques, dans tous les domaines.

    Une rafale de questions sans réponse : Le procès de l’imprévision

    Loin des résumés lisses, Hichem Ajbouni dresse un catalogue de défaillances et pose les questions qui fâchent, pointant du doigt l’absence totale d’anticipation d’une crise pourtant prévisible :

    Où est le gouvernement ? Le président a-t-il présidé un Conseil des ministres pour étudier cette crise énergétique et hydrique ? A-t-il convoqué le ministre de l’Agriculture et celui de l’Énergie — dont le poste reste d’ailleurs géré par intérim depuis le limogeage de la ministre ?

    Où est l’humanité de l’État ? Les coupures électriques mettent en péril la vie de nombreux Tunisiens. Ajbouni s’indigne de l’absence de listes régionales ou locales permettant d’épargner explicitement les zones abritant des hôpitaux, des centres de santé ou des malades dépendants d’appareils médicaux à domicile.

    Où est la transparence ? Pourquoi la Steg est-elle incapable de publier une feuille de route transparente et un calendrier précis des délestages ? Le dirigeant d’Attayar dénonce le non-respect flagrant des horaires de coupures annoncées, plongeant les citoyens dans le fait accompli.

    Quel avenir pour l’économie et la souveraineté ? Qu’en est-il de l’impact financier désastreux de ces coupures sur les entreprises économiques, en particulier industrielles ? Aucune compensation n’est prévue. Plus grave encore, Ajbouni demande si le Conseil de sécurité nationale a été réuni pour traiter de la souveraineté énergétique de la Tunisie et réduire sa dépendance totale vis-à-vis de l’Algérie.

    Visites de terrain ou « shows spectaculaires » ?

    Abordant les déplacements impromptus du président de la République, Hichem Ajbouni brise le narratif officiel. Ces visites répétées résolvent-elles la crise ou ne sont-elles que des « shows spectaculaires destinés à absorber la colère du peuple et à marquer une présence ? ». Pour lui, la question de fond est simple : « Sa Majesté a-t-elle été élue pour faire des visites ou pour prendre des décisions et réaliser des projets ? »

    Pour l’opposant, le constat est sans appel et s’applique à toutes les crises que traverse le pays : absence de vision, manque de planification stratégique, rejet des réformes et de la transition énergétique. La Steg reste prisonnière de lois archaïques et d’un mode de gouvernance dépassé, tandis que le réseau d’eau, vétuste et délabré, continue de gaspiller les ressources sans qu’un plan d’urgence dans le dessalement ou la maintenance ne voie le jour. Le pouvoir, regrette-t-il, n’agit pas en stratège mais « avec une mentalité de pompier qui n’intervient qu’une fois l’incendie déclaré ».

    « Pouvoirs absolus, responsabilités absolues »

    En conclusion, Hichem Ajbouni assène son coup de grâce politique en dénonçant le double discours du régime :

    « Dans les États qui se respectent et respectent leurs citoyens, des pouvoirs absolus doivent s’accompagner de responsabilités absolues. Mais ce que nous vivons en Tunisie depuis des années, ce sont les pouvoirs absolus d’un seul homme, combinés au rejet systématique de la responsabilité sur les autres (les lobbies, les traîtres, les agents, les comploteurs, ceux qui affament le peuple…) ».

    Face à ce qu’il qualifie de « échec retentissant », le dirigeant d’Attayar termine son réquisitoire par des questions existentielles pour l’avenir du pays, appelant à rompre avec l’amateurisme : « Quand prendra fin cette gestion arbitraire et archaïque de l’État ? Quand comprendrons-nous qu’un pays se dirige par la planification, la science, la raison, les compétences et l’anticipation ? En un mot : quand est-ce que ce chaos va cesser ? ».

    S.H

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    3 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      20 juillet 2026 | 9h59

      SÉRIEUX ?

      Tais-toi, quand tu parles.
      Parlons-en du sérieux d’Ettayar et de ses sbires qui menèrent la NATION au sommet de la faillite généralisée.

       » (les lobbies, les traîtres, les agents, les comploteurs, ceux qui affament le peuple…)  »

      Bien vu !
      Cependant, tu as oublié de citer les plus diaboliques et les plus machiavéliques du lot : les saboteurs.
      Allah lè i berre-kilkom.

    2. Tunisino

      Répondre
      19 juillet 2026 | 23h56

      Le littéraire Ajbouni encore une fois, il se croit au tribunal, matraquer un juge pour l’influencer, afin d’acquitter un client coupable! Les juristes doivent se rétracter, ils sont mauvais pour la gestion des affaires de 12 millions de sinistrés!

    3. Mohamed Mabrouk

      Répondre
      19 juillet 2026 | 21h39

      La republique des juristes resoud le probleme de l’eau en edictant un article « tout citoyen a droit a l’eau ». Bien sur ça n’a aucun sens car l’eau n’obeit pas a leurs articles. Mais les juriste se gardent bien de consulter des ingenieurs, de peur de perdre le leadership.
      Qu’il y ait de l’eau ou pas, du courant ou pas, ils ne lacherons jamais le pouvoir. Ils appellerons les chinois ou les italiens, a coup d’endettement du pays, l’essentiel c’est de maintenir les competences nationales hors circuit.
      Ils interpretent les dysfonctionnements techniques ou economiques comme des affaires penales, afin de garder le pouvoir. L’economie genere de l’inegalité? On met en prison. Genere-t-elle aujourd’hui moins d’inegalité? Non. Mais on continue, et la debacle continue. On ne peut qu’implorer leur pitié pour ce pauvre pays. Svp

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