Le journaliste Zied El-Heni a publié, lundi 20 juillet 2026, un message depuis la prison civile de la Mornaguia, dans lequel il a réaffirmé son attachement à la profession et défendu une conception engagée du journalisme.
« Je suis l’un des faucons du journalisme. Je vis avec cette profession une véritable histoire d’amour, et le cœur des amoureux est sensible et vulnérable », a-t-il écrit.
Le journaliste a estimé que son métier ne pouvait être réduit à une transmission froide de l’information. Pour lui, le journalisme constitue également un engagement humain qui implique de se confronter aux injustices et de les porter à la connaissance du public.
« Le journalisme, pour moi, n’est pas une simple transmission sèche de l’information. Il s’agit d’un état émotionnel dans lequel je m’identifie, jusqu’à la fusion, aux injustices que je soulève. C’est ce que m’imposent mon devoir professionnel et mon honneur de journaliste », a-t-il poursuivi, avant de conclure : « Liberté pour la presse tunisienne ».

Une condamnation à un an de prison confirmée en appel
Zied El-Heni est incarcéré depuis le 26 avril 2026, à la suite d’un mandat de dépôt émis par le ministère public.
Le 7 mai, la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis l’avait condamné à une année de prison pour des faits qualifiés d’« atteinte à autrui via les réseaux publics de communication », sur le fondement de l’article 86 du Code des télécommunications.
Cette condamnation avait été confirmée, vendredi 26 juin 2026, par la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Tunis.
Les poursuites avaient été engagées après des déclarations attribuées au journaliste, dans lesquelles il avait critiqué des magistrats.
Le Syndicat national des journalistes tunisiens avait dénoncé cette procédure et chargé un avocat d’assurer sa défense. Le SNJT avait notamment contesté le recours à l’article 86 du Code des télécommunications, régulièrement critiqué par les organisations de défense de la liberté de la presse.
Un autre mandat de dépôt dans une affaire liée à la municipalité de Carthage
Le journaliste fait également l’objet d’une autre procédure judiciaire remontant à la période durant laquelle il siégeait au conseil municipal de Carthage.
Le 10 juin 2026, la chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis avait émis un nouveau mandat de dépôt à son encontre.
Zied El-Heni y est poursuivi pour des faits présumés d’abus de fonction par un agent public dans le but de procurer un avantage injustifié à lui-même ou à autrui, ainsi que pour avoir causé un préjudice à l’administration.
Poursuivi dans l’affaire de l’enregistrement attribué à Monder Ounissi
Zied El-Heni figure également parmi les prévenus dans l’affaire de l’enregistrement audio attribué à l’ancien dirigeant d’Ennahdha Monder Ounissi et à la journaliste Chahrazed Akacha.
Une audience s’était tenue, vendredi 10 juillet 2026, devant la chambre criminelle de première instance spécialisée dans les affaires de terrorisme.
Le dossier remonte à 2024, lorsque Zied El-Heni avait expliqué, au cours d’une émission radiophonique, avoir contacté les personnes concernées afin de vérifier l’authenticité d’un enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux.
Convoqué initialement comme témoin en mars 2024, il avait par la suite été poursuivi en tant qu’accusé sous quatre chefs d’accusation à caractère terroriste.
Ses avocats contestent cette qualification et soutiennent que les faits reprochés au journaliste relèvent exclusivement de son travail de vérification et de recoupement de l’information.
Le comité de soutien à Zied El-Heni avait également affirmé que ni la famille du journaliste ni son équipe de défense n’avaient été informées de la tenue de l’audience du 10 juillet. Le journaliste n’aurait par ailleurs pas été transféré au tribunal, sans qu’une explication officielle ne soit communiquée.
M.B.Z













Commentaire
Citoyen_H
TU PENSAIS QUE LA PLANÈTE ENTIÈRE ALLAIT VENIR T’ACCLAMER ET TE SOUTENIR ??
Désolé pour toi l’ami