La dégradation de plusieurs tombes au Carré des martyrs du cimetière du Djellaz continue de susciter de vives réactions. Quelques heures après la découverte des actes de vandalisme, Sarra Brahmi, fille du dirigeant assassiné Mohamed Brahmi, s’est rendue jeudi 23 juillet 2026 devant le siège de la présidence du gouvernement, à la Kasbah, où elle a diffusé un direct sur Facebook pour dénoncer ce nouvel affront à la mémoire de son père.
Aux côtés de sa sœur Balkis, elle a annoncé son intention de rester sur place jusqu’à ce qu’une réponse lui soit apportée. « Nous ne partirons pas. Même s’ils ferment les portes, même s’ils nous expulsent, nous reviendrons », a-t-elle déclaré, affirmant ne pas être venue « négocier », mais réclamer que « la dignité » de son père et de sa famille soit rétablie.
Très émue, Sarra Brahmi a expliqué que la découverte de la tombe vandalisée avait ravivé la douleur de l’assassinat de son père, survenu il y a près de treize ans. « Cela fait treize ans que nous nous battons. Aujourd’hui, nous devons encore pleurer parce que sa tombe a été saccagée », a-t-elle lancé.
Elle a également interpellé les autorités sur leur responsabilité dans la protection des sépultures des martyrs. « Si l’État n’est pas capable de protéger la tombe d’un martyr, qui le fera ? », a-t-elle demandé, allant jusqu’à s’interroger sur la nécessité d’installer une tente et de dormir devant la tombe de son père pour empêcher de nouvelles dégradations.
Au cours de son intervention, Sarra Brahmi a insisté sur le fait que sa famille n’avait jamais réclamé de privilèges, affirmant avoir toujours choisi « la voie de la justice » depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi. Elle a indiqué qu’une plainte avait été déposée dès la découverte des dégradations et a assuré continuer à faire confiance à la justice, tout en estimant que l’État avait failli à son devoir de protéger la mémoire des martyrs.
La fille de Mohamed Brahmi a également affirmé que sa démarche concernait l’ensemble des personnalités dont les tombes ont été vandalisées, citant notamment Chokri Belaïd. Elle a appelé les autorités à restaurer les sépultures dégradées, à identifier les auteurs et à leur faire rendre des comptes.
Évoquant l’approche du treizième anniversaire de l’assassinat de son père, le 25 juillet, elle a estimé que la profanation de sa tombe constituait une humiliation supplémentaire pour sa famille. Elle a aussi réaffirmé une accusation déjà formulée par le passé, selon laquelle les autorités de l’époque auraient été informées d’une menace visant Mohamed Brahmi avant son assassinat, sans empêcher le passage à l’acte.
Pour rappel, plusieurs tombes du Carré des martyrs et du Carré des dirigeants au cimetière du Djellaz ont été dégradées dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon les informations communiquées par l’ancien député Badreddine Gammoudi et le Courant populaire, les sépultures de Mohamed Brahmi, Chokri Belaïd, Ahmed Ben Brahim, Salah Ben Youssef, Ahmed Tlili et d’autres figures du mouvement national tunisien ont été visées.
Le Courant populaire a condamné une « attaque barbare » et réclamé l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les auteurs, d’établir les circonstances des faits et de rendre publics les résultats des investigations.
M.B.Z












Commentaire
Mhammed Ben Hassine
[Si l’État n’est pas capable de protéger la tombe d’un martyr, qui le fera ? », a-t-elle demandé, allant jusqu’à s’interroger sur la nécessité d’installer une tente et de dormir devant la tombe de son père pour empêcher de nouvelles dégradatition]
Comme si le pays nest pas rassasié de populisme