Alors que les coupures d’électricité ont renforcé l’intérêt pour les solutions de stockage, leur coût reste élevé en Tunisie. Une batterie d’une capacité de cinq kilowattheures (kWh), permettant de disposer de quelques heures d’alimentation en cas de coupure, coûte entre 4.000 et 5.000 dinars. Pour une solution plus complète, associant production photovoltaïque et stockage de l’électricité produite, l’investissement peut atteindre environ 20.000 dinars.
Moez Aziza, président du Groupement professionnel des énergies renouvelables relevant de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), a détaillé, jeudi 23 juillet 2026, au micro de Nabila Abid dans l’émission Yaoum Saïd sur la Radio nationale, le coût de ces différentes solutions. Il faut savoir que la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) vient d’autoriser l’installation de batteries de stockage sur les installations photovoltaïques raccordées à son réseau.
Une batterie de cinq kilowattheures coûte entre 4.000 et 5.000 dinars
Pour les consommateurs cherchant avant tout à disposer d’une alimentation temporaire lors des coupures de courant, Moez Aziza indique qu’une batterie d’une capacité de cinq kWh coûte actuellement entre 4.000 et 5.000 dinars sur le marché tunisien.
Cette capacité ne permet toutefois pas d’assurer les besoins d’un logement pendant toute une journée. Elle peut fournir environ deux à trois heures d’électricité, selon le niveau de consommation. Le responsable explique que ce type de batterie vise essentiellement à prendre le relais pendant une coupure d’une ou deux heures.
Avec un système hybride, le basculement du réseau de la Steg vers la batterie peut s’effectuer automatiquement en cas d’interruption. Selon Moez Aziza, la transition est suffisamment fluide pour que l’utilisateur ne ressente pas la coupure, dans la limite de l’énergie disponible dans la batterie.
Environ 20.000 dinars pour produire et stocker l’équivalent de sa production quotidienne
Moez Aziza distingue cette solution destinée à couvrir temporairement une coupure d’un dispositif permettant de stocker l’électricité produite quotidiennement par une installation photovoltaïque.
Il prend ainsi l’exemple d’une installation solaire domestique d’une puissance de trois de kilowatt-crête (kWc), une configuration qu’il présente comme largement répandue en Tunisie et permettant de couvrir la consommation moyenne d’un ménage. Selon ses indications, une telle installation produit en moyenne environ quinze kWh d’électricité par jour et nécessite actuellement un investissement de l’ordre de 10.000 dinars.
Pour disposer d’une capacité de stockage permettant de conserver l’équivalent de cette production quotidienne, l’investissement doit pratiquement doubler. Il faut ainsi compter environ 10.000 dinars pour l’installation de production et environ 10.000 dinars supplémentaires pour le stockage.
L’investissement global pour une installation photovoltaïque de trois kWc associée à une capacité de stockage correspondant à sa production quotidienne peut ainsi atteindre environ 20.000 dinars.
Cette estimation est à distinguer du prix de la batterie de cinq kWh évoquée précédemment. Celle-ci, facturée entre 4.000 et 5.000 dinars, offre une capacité plus limitée et vise essentiellement, dans l’exemple donné par le responsable, à assurer quelques heures d’alimentation en cas de coupure.
Entre 40% et 50% du coût représenté par les taxes
Au-delà du prix des équipements, Moez Aziza pointe le poids de la fiscalité. Selon ses estimations, les taxes représentent entre 40% et 50% du coût de ces installations.
Pour le Groupement professionnel des énergies renouvelables, une réduction de la fiscalité appliquée aux différents composants — panneaux photovoltaïques, batteries et convertisseurs notamment — permettrait de réduire sensiblement la facture supportée par les particuliers.
Moez Aziza estime notamment qu’une réduction de 20% des taxes appliquées à ces composants se traduirait, selon lui, par une diminution équivalente du coût supporté par le citoyen.
« Le citoyen va investir chez lui pour stocker une quantité d’électricité destinée à sa propre consommation et, ce faisant, il va alléger la charge sur la Steg », a-t-il fait valoir. Pour le responsable, l’investissement réalisé par les particuliers dans la production et le stockage de leur propre électricité participe ainsi à un effort d’intérêt général qui devrait être accompagné par l’État.
Moez Aziza a également évoqué le mécanisme permettant actuellement de financer une installation photovoltaïque à travers un crédit garanti par la Steg et remboursable sur sept ans, évitant ainsi au particulier de supporter immédiatement la totalité de l’investissement. Il estime qu’un mécanisme similaire pourrait être étendu aux batteries afin de rendre leur acquisition plus accessible aux ménages.
Ces questions doivent être abordées lors d’une réunion prévue lundi 27 juillet 2026 avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Le Groupement professionnel des énergies renouvelables compte notamment y soulever la question des incitations, des facilités de financement et des avantages susceptibles d’encourager le recours au stockage.
Moez Aziza affirme par ailleurs avoir constaté, ces derniers jours, une demande inhabituelle pour les batteries de stockage, notamment de la part d’activités particulièrement dépendantes d’une alimentation électrique continue, citant notamment l’industrie, l’agriculture et la restauration.
Pour la Conect, l’enjeu consiste désormais à rendre ces équipements financièrement plus accessibles afin d’inciter particuliers et professionnels à investir dans le stockage. Une évolution qui pourrait à la fois apporter une réponse aux besoins des consommateurs lors des coupures et contribuer à réduire la pression sur le réseau électrique pendant les périodes de forte demande.
I.N.
*Photo d’illustration











2 commentaires
le financier
C est beau , une societe a 2 vitesse : les riches qui pourront investir a perte , ils devront avoir aussi un fusil a pompe pour eviter que les pauvres debarquent ….
Et les pauvres qui mourront la bouche ouverte …
La question est de savoir pourquoi les tunisiens paient des impots a part pour nourrir 750 000 fonctionnaires , le partage de la misere , le kolkhoz et l effondrement de l URSS est le shema suivi par ce mediocre president
Gg
Maus oui!
Sans vouloir critiquer bêtement, cette solution individuelle est coûteuse.
Il faut les panneaux photovoltaïques, le régulateur DC-DC vers la batterie puis l’onduleur et le coupleur au réseau.
Et en plus, après quelques années il faudra remplacer les batteries. Et surtout, les recycler et non les entreposer quelque part et les oublier.
Une solution style NOOR ou centrale thermique solaire a un bilan à terme bien plus favorable.
La solution individuelle ne devient intéressante que si on dispose d’une grande surface de capteurs, toits d’usines ou grands immeubles regroupés.