Après près de deux semaines de chaleur exceptionnelle et de forte pression sur le réseau électrique, les conséquences se font sentir sur les équipements de la Steg. Mohamed Atef Bouabdallah, membre de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, fait état d’importants dégâts matériels et explique que certaines avaries peuvent prolonger les coupures bien au-delà de la durée d’un délestage.
Mohamed Atef Bouabdallah a affirmé, mardi 28 juillet 2026, dans une déclaration rapportée dans le bulletin d’information de 8 heures de Mosaïque FM, que des transformateurs et des câbles électriques avaient brûlé durant la période de forte chaleur, occasionnant, selon lui, de « lourdes pertes » pour la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg).
Le responsable syndical explique cette situation par la forte sollicitation des équipements, la Steg ayant dû mobiliser au maximum ses capacités disponibles afin d’alimenter le plus grand nombre possible de clients dans un contexte de demande exceptionnellement élevée.
Pour illustrer cette pression, Mohamed Atef Bouabdallah a comparé la situation à celle d’une voiture roulant à 180 km/h : maintenue à un tel régime, celle-ci risque de finir par subir une panne du moteur ou d’un autre composant. Selon lui, les équipements électriques ont eux aussi été fortement sollicités durant cette période.
Des avaries qui prolongent les coupures
Le syndicaliste a surtout distingué les délestages des interruptions provoquées par des équipements endommagés.
Un délestage consiste à interrompre temporairement l’alimentation de certaines zones afin de réduire la charge sur le réseau et d’en préserver l’équilibre. Une avarie nécessite, en revanche, une intervention sur le terrain et peut donc entraîner une coupure plus longue.
Lorsqu’un transformateur ou des câbles brûlent, leur remplacement peut prendre du temps, a expliqué Mohamed Atef Bouabdallah. Le rétablissement de l’électricité dépend alors de l’intervention des équipes et du remplacement des équipements endommagés.
Le responsable syndical a également précisé que certaines infrastructures vitales ne pouvaient pas être concernées par les délestages, citant notamment les hôpitaux.
Près de deux semaines de chaleur exceptionnelle
Ces dégâts interviennent après une longue séquence de températures exceptionnellement élevées qui a fortement accru le recours à la climatisation et, avec lui, la demande en électricité.
Le spécialiste des questions climatiques Hamdi Hached avait indiqué, mercredi 22 juillet sur Jawhara FM, que plusieurs régions du pays avaient connu douze jours consécutifs durant lesquels les températures n’étaient pas descendues sous les 37 degrés Celsius.
Il expliquait également que cette persistance avait empêché les bâtiments, les routes et les infrastructures d’évacuer durant la nuit la chaleur accumulée au fil des journées, entretenant ainsi des températures élevées et le recours aux climatiseurs.
Les températures ont depuis amorcé un recul, mais la demande électrique est restée élevée plusieurs jours après le pic de chaleur.
Vendredi 24 juillet, Mohamed Atef Bouabdallah avait ainsi indiqué, toujours sur Mosaïque FM, que la demande atteignait encore environ 6.000 mégawatts, alors que seulement 4.400 mégawatts pouvaient être fournis par la Steg.
Il faisait également état d’un écart d’environ mille mégawatts par rapport à la demande enregistrée l’année précédente, qu’il attribuait principalement à l’intensité et surtout à la durée de la vague de chaleur.
Délestages et pannes, deux situations différentes
Lors de cette précédente intervention, Mohamed Atef Bouabdallah avait expliqué que les délestages, manuels ou automatiques, permettaient de maintenir l’équilibre du système lorsque la demande dépassait l’électricité pouvant être fournie et d’éviter un effondrement généralisé du réseau.
Ses nouvelles déclarations apportent ainsi un élément supplémentaire pour comprendre la durée variable des coupures observées ces dernières semaines. Aux délestages destinés à protéger le réseau peuvent s’ajouter, selon le syndicaliste, des avaries touchant les transformateurs ou les câbles.
Une coupure prolongée ne relève donc pas nécessairement d’un délestage : elle peut aussi être liée à un équipement endommagé dont la réparation ou le remplacement conditionne le rétablissement de l’alimentation électrique.
I.N.
*Photo d’illustration











2 commentaires
Citoyen_H
NE NOUS CONTENTONS PAS DE TOUT COLLER SUR LE DOS,
de la chaleur et de, je ne sais quelle autre bouffonnerie.
Qu’en est-il des centrales électriques installées dans plusieurs autres régions très chaudes à travers le monde.
C’est plutôt le non-respect et l’absence totale de toute anticipation sur le renouvellement et l’entretien du parc des infrastructures servant à alimenter la NATION en eau potable et en électricité, l’évacuation des eaux usées, et cela, en amant et en aval, tout au long de la mandature des gardiens d’étables et d’écuries, à la tête de l’État.
À ce jour, il n’y a eu aucune étude connue, qui puisse nous donner des détails sur les réalisations des entreprises étatiques, durant la période s’étalant de 2011 au 25 juillet béni 2021 !
Des têtes doivent tomber !!!!!!!!!!!!!!
Il est impossible que tout ce qui nous arrive, n’était pas prévisible.
Gg
Pauvres transformateurs.
La vie de transformateur est dure, vous savez.
Déjà en temps normal , par 20C de température ambiante, ses enroulements sont à 150 à 200C.
Alors sous le soleil actuel, sa carcasse, censée le refroidir, est facilement à 80C.
Et les enroulements dépassent largement 350C.
Une petite surcharge en plus, et pouf ça crame!
Il ne manquerait plus que la foudre tombe sur la ligne….
Vraiment, si dans une autre vie je me réincarne en composant électrique, je ne veux pas être un transformateur de réseau!